mardi 9 février 2021

En thérapie : une série passionnante et subtile, une réussite totale

Nous sommes quelques jours à peine après les attentats de novembre 2015 à Paris. Philippe Dayan est psychanalyste. Parmi ses patients, il reçoit chaque semaine Adel, un agent de la BRI traumatisé par son intervention au Bataclan ; Ariane, une jeune chirurgienne en plein désarroi amoureux ; Camille, une adolescente aux tendances suicidaires ; Damien et Leonora, un couple en crise. Lui-même bouleversé par les événements récents, Dayan va demander de l’aide auprès d’Esther, son ancienne analyste, avec qui il avait coupé les ponts depuis plusieurs années. 

En thérapie est l’adaptation française de la série israélienne Be Tipul, déjà adaptée dans plusieurs pays. Chaque épisode de 25 minutes environ est une séance de psychothérapie, du lundi au jeudi, avec les mêmes patients. Le vendredi, le psychanalyste lui-même rencontre son analyste. 

Eric Toledano et Olivier Nakache sont aux manettes : ils réalisent plusieurs épisodes, aux côtés d’autres metteurs en scène chevronnés : Pierre Salvadori, Nicolas Pariser et Mathieu Vadepied. Dans un tel dispositif sobre et minimaliste, le rôle des acteurs et actrices est essentiel. Et ils sont tous formidables. Mentions spéciales à Philippe Pierrot, parfait d’humanité dans le rôle du psychanalyste, Mélanie Thierry, d'une sensibilité exacerbée, et la jeune Céleste Brunnquell, étonnante de justesse. Mais tous les autres sont excellents également. C’est indéniablement une des grandes forces de la série. 

L’idée d’avoir situé ces séances de psychothérapie au lendemain des attentats de Paris en 2015 est excellente. C’est le traumatisme commun qui relie tous les protagonistes de la série, et qui révèle ou accentue les angoisses, les fêlures et les blessures de chacun. Nous sommes témoins de ces échanges, qui qui nous mettent tantôt en empathie, tantôt à distance des patients, presque agacé parfois. Mais aussi interpellé quand des mécanismes ou des problématiques rencontrent les nôtres. D’autant plus quand on voit le thérapeute lui-même être en proie à ses propres angoisses, ses propres questions, dans l’écoute de ses patients. 

Il y a un petit côté enquête policière, au fil des séances, à voir se dévoiler petit à petit le passé et les traumatismes des patients, à comprendre comment ils peuvent expliquer leurs souffrances et leurs problèmes d'aujourd'hui. A la fin des 35 épisodes, on a l’impression d’avoir cheminé avec eux, de les connaître. Ils nous sont familiers, on est attaché à eux. Chaque arc narratif se termine, dans une dernière semaine qui rompt le rythme habituel des rendez-vous hebdomadaires. Parfois l’histoire se termine bien, parfois non. Mais en général, c’est un peu un mélange des deux. Car dans la vie, les choses sont rarement noires ou blanches… 

En thérapie est une série sur la psychothérapie et la psychanalyse en particulier. Une façon de mieux percevoir les enjeux et les mécanismes d’une thérapie, le positionnement du thérapeute, son lien aux patients… Mais c’est aussi, plus largement, une série sur la vertu de l’écoute et de la parole, et leurs difficultés aussi. En cela, elle nous touche tous.

Une série passionnante et subtile, une réussite totale ! 

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En thérapie, 35 épisodes de 25 minutes environ, diffusés le jeudi soir sur Arte et disponible en intégralité sur www.arte.tv 



mercredi 3 février 2021

The Expanse - saison 5 : Toujours la meilleure série SF en cours !

 

La saison 5 de The Expanse vient de se terminer sur Amazon Prime Video. Si vous ne connaissez pas la série, vous pouvez lire ma critique de la saison 4 où je donne quelques repères sur la série dans son ensemble... 

En tout cas, cette nouvelle saison est à la hauteur des précédentes : The Expanse reste, selon moi, la meilleure série SF en cours (la saison 6 sera la dernière). Ses points forts demeurent les mêmes : son univers visuellement très réussi et précis, la variété et l’évolution de ses personnages, son récit avec une riche dimension politique et sociale, le tout dans un genre Space Opera pleinement assumé. 

Après deux ou trois épisodes qui mettent en place les enjeux de la nouvelle saison, les événements s’accélèrent (l’épisode 4 !) et prennent une tournure inattendue. Tout au long de cette saison 5, la “famille” du Rocinante se retrouve dispersée, chacun des membres se retrouvant en grand danger, différemment liés aux événements qui ébranlent le système solaire, et au contact de personnages qui refont surface ou prennent de l'ampleur. Les rebondissements s’enchaînent, jusqu’au dernier épisode qui se termine de manière suffisamment énigmatique pour donner envie de connaître la suite (et la fin) de l’histoire. En tout cas [spoiler] on n’en a pas encore fini avec la protomolécule ! [/spoiler]

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The Expanse (saison 5) : 10 épisodes d'une heure environ, disponible sur Amazon Prime Video



mardi 5 janvier 2021

The Mandalorian : replonger dans l'univers Star Wars, façon première trilogie


J’ai rattrapé mon retard et j’ai enchaîné les deux saisons de The Mandalorian sur Disney+. Et il faut avouer que c’est une série très plaisante, qui ne peut que ravir les fans de Star Wars. La série se déroule quelques années à peine après l’épisode 6, Le Retour du Jedi, et propose de suivre les aventures d’un chasseur de primes solitaire dans les régions éloignées de la galaxie, là où la Nouvelle République peine à s’imposer et où les résidus de l’Empire déchu espèrent retrouver une gloire perdue. 

Le plaisir premier réside dans l’univers de Star Wars façon première trilogie fort bien restitué. J’ai tout de même trouvé la saison 1 un peu décousue, avec des épisodes trop peu liés les uns aux autres et de valeur inégale. Mais c’est bien meilleur en saison 2. Même si l’intrigue n’est pas d’une profondeur abyssale, elle tient la route, propose plusieurs morceaux de bravoure divertissants et permet de retrouver quelques vieilles connaissances… jusqu’à la surprise ultime du dernier épisode ! Autre petit bémol, le grand méchant de l’histoire (pourtant incarné par l’excellent Giancarlo Esposito) manque d’envergure et est trop peu présent à mon goût… Mais il y a Baby Yoda, évidemment, qui ne peut que vous faire craquer ! Même si j’ai l’impression qu’à l’avenir il ne sera peut-être pas toujours aussi mignon que ça… Mais attendons de voir la suite ! En tout cas, je regarderai la saison 3 avec plaisir. 

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The Mandalorian, une série créée par Jon Favreau
2 saisons de 8 épisodes de 40 minutes environ, disponibles sur Disney+ (en cours)


jeudi 31 décembre 2020

Mon bilan séries 2020


 2020 a été une année riche en séries de qualité ! Et j'ai ai sans doute regardé un peu plus que d'habitude, avec les contraintes sanitaires et la fermeture des salles de cinéma une bonne partie de l'année. Voici donc un bilan personnel, avec mes séries préférées :

  • Une série qui s’est terminé cette année
  • Trois excellentes mini-séries (un format que j’apprécie particulièrement)
  • Quatre série encore en cours


Une série qui s’est terminée cette année 

Dark

Dark est une série phénomène allemande, qui s’est terminée cette année en apothéose avec sa saison 3. L’intrigue, complexe, est vertigineuse et haletante. Ce qui est certain, c’est qu’en trois saisons et 26 épisodes, Dark aura su nous tenir en haleine et faire chauffer nos neurones ! C’est une série plutôt exigeante, où il ne faut pas craindre de ne pas tout comprendre… mais la persévérance est récompensée : (presque) tout s’explique à la fin ! Et on termine l’épisode final en ayant la satisfaction d’avoir achevé un sacré voyage… Ma critique de la saisons 3 



Trois mini-séries

Tales from the Loop

Cette mini-série est une merveille ! La série est basée sur les étonnantes illustrations de l'artiste suédois Simon Stålenhag, avec un scénario original de Nathaniel Halpern (co-scénariste de la série Legion). C’est une sorte d’uchronie, qui se déroule dans les années 80, mais avec certaines technologies qui n’existent pas encore aujourd’hui… sans doute à cause du centre de recherches autour duquel se déroule la série. On est très loin des séries de SF habituelles, à grand renfort d’effets spéciaux et regorgeant de scènes d’action. Ici, ce qui compte avant tout, c’est l’émotion, l’humanité, la poésie. Le ton est souvent contemplatif et nostalgique. Les images sont sublimes. Ma critique complète

Unorthodox

Cette mini-série (4 épisodes de 50 minutes environ) est inspirée d’une histoire vraie, celle de Deborah Feldman, qui a raconté son parcours dans son roman autobiographique Unorthodox : Le rejet scandaleux de mes racines hassidiques. Le scénario de la série prend des libertés par rapport à l’histoire originale mais s’en inspire fortement. C’est avant tout une série que parle de liberté, à travers le destin d’une jeune femme qui prend son envol, avec difficulté, après s’être échappé d’une communauté qui l’étouffait. Passionnant. Ma critique complète


Le jeu de la dame

C’est la série surprise de l’année. Arrivée discrètement sur Netflix à l’automne, elle a rapidement fait le buzz pour devenir la série la plus visionnée de l’histoire de la plateforme ! Et c’est mérité. La mini-série de 7 épisodes, qui se déroule dans le petit monde des échecs en pleine Guerre Froide, est avant tout le portrait d’une orpheline qui voit dans les échecs l'occasion d'une revanche sur la vie. Mais elle doit pour cela surmonter son passé et ses blessures, affronter ses obsessions et ses addictions. Ma critique complète



Quatre séries en cours

The Expanse

C’est, tout simplement, la meilleure série de science-fiction en cours. Elle se déroule dans un univers passionnant, complexe et riche, un monde aux enjeux sociopolitiques multiples entre les terriens, les martiens et les ceinturiens. Ajoutez à cela une mystérieuse molécule extraterrestre extrêmement dangereuse et incontrôlable, des actes héroïques, des rebondissements et un univers visuel très réussi… La saison 4 est sortie en début d’année, la saison 5 vient de commencer et confirme toutes ses promesses. Si vous ne connaissez pas : foncez ! Ma critique de la saison 4

Better Call Saul

La série spin off de Breaking Bad (sans doute ma série préférée de tous les temps…), centrée sur Saul Goodman, l’avocat excentrique et borderline, continue à se hisser au niveau de son aînée. 

Comme Breaking Bad, la série sait explorer avec finesse le côté sombre du coeur humain, tout en gardant une tendresse pour ses personnages, avec leurs failles et leur personnalité complexe. Et puis il y a toujours ce ton fait d’humour noir grinçant et très réjouissant. Après la saison 5 sortie cette année, il ne reste plus que la saison finale ! Ma critique de la saison 5

The Crown

La saison 4 nous emmène dans les années 80, avec deux nouveaux personnages essentiels : Margaret Thatcher et Diana Spencer. La force de The Crown, c’est à la fois de nous faire pénétrer dans l’intimité de la famille royale d'Angleterre tout en évoquant de grands événements géo-politiques ou sociaux qui ont marqué l’histoire. Toujours aussi royal ! Ma critique de la saison 4

Inside No. 9

Inédite en France, Inside No. 9 est une série très british… mais à la sauce humour noir. Arte a mis les quatre premières saisons à disposition sur sa plateforme arte.tv (une 5e saison est déjà sortie en Angleterre et la BBC a annoncé une 6e et une 7e saison). Et c’est génial ! C’est une série d’anthologie, dont les épisodes sont indépendants les uns des autres et durent 30 minutes. Ils ont pour seul point commun le numéro 9 (en général le numéro d’une porte derrière laquelle se déroule l’histoire) et se terminent par une chute inattendue.  Ma critique des 4 première saisons


mardi 1 décembre 2020

Inside No. 9 : une série très british à la sauce humour noir, un vrai régal !


Il y a quelques semaines, Arte a mis en ligne sur sa plateforme de streaming (arte.tv) plusieurs séries britanniques inédites en France. Parmi elles, Inside No. 9 est une réussite totale, qui a reçu de nombreux prix au Royaume-Uni. Une série très british… mais à la sauce humour noir. 

Arte met à disposition 4 saisons de 6 épisodes (une 5e saison est sortie en Angleterre en 2020 et la BBC a annoncé une 6e et une 7e saison). C’est une série d’anthologie, dont les épisodes sont indépendants les uns des autres et durent 30 minutes. Ils ont pour seul point commun le numéro 9 (en général le numéro d’une porte derrière laquelle se déroule l’histoire). 

Le scénario de chaque épisode est d’une précision redoutable et d'un étonnante inventivité, explorant une grande diversité de genres. Plusieurs sont drôles, du burlesque à l’absurde, mais d’autres sont dramatiques, nostalgiques et même, parfois, très émouvants. D’autres, enfin, empruntent les chemins du fantastique voire de l’horreur (au moins un épisode par saison) ! Et surtout, ils ont tous en commun d’avoir une chute inattendue, souvent caustique et qui change complètement la perception de l’histoire qu’on vient de nous raconter. C’est vraiment remarquable et même, souvent, brillant ! Ca peut même nous faire réfléchir sur de nombreuses questions sociales, intimes ou existentielles. 

Il faut quand même préciser que ce n’est pas forcément un programme tout public (d’ailleurs, un avertissement avant chaque épisode précise que le programme comporte des scènes déconseillées au public jeune ou sensible). L’humour noir et le cynisme qui traversent toute la série réjouiront les uns (comme moi !) mais ne plairont pas aux autres… 

Les deux créateurs et scénaristes de la série, Reece Shearsmith et Steve Pemberton, jouent dans tous les épisodes et ils sont formidables, comme tous les comédiens dont ils s’entourent au gré des épisodes. 

Comme dans toute série d’anthologie, il y a des épisodes qu’on peut préférer à d’autres. C’est une question de goût... Pour moi, c’est amusant, c’est probablement le deuxième épisode de chaque saison qui m’a le plus emballé : “A Quiet Night in” (saison 1), pratiquement sans aucune dialogue, m’a fait mourir de rire, “The 12 Days of Christine” (saison 2) et “Bernie Clifton's Dressing Room” (saison 4) m’ont touché par leur dénouement émouvant, “The Bill” (saison 3) est d’une efficacité redoutable. Mais tous les autres épisodes sont excellents et surprenants. Un vrai régal. 

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Inside No. 9, une série créée par Reece Shearsmith et Steve Pemberton

24 épisodes de 30 minutes disponibles gratuitement sur www.arte.tv