jeudi 28 mai 2026

The Testaments : La dystopie patriarcale sous un autre angle

Plusieurs années après la fin des événements racontés dans The Handmaid’s Tale, The Testaments nous propose une nouvelle immersion à Gilead. Hannah, la fille de June Osborne, a grandi et se nomme désormais Agnès. Elle ne sait rien de ses origines. Elle a rejoint la prestigeuse école de Tante Lydia, qui forme des jeunes filles pour qu’elles deviennent des épouses modèles, c’est-à-dire totalement dévouées à leur mari (qu’on choisira pour elles). On va lui confier une jeune fille nouvellement arrivée dans l’école et prénommée Daisy. Cette dernière est en réalité une jeune fille infiltrée pour le compte de Mayday, l’organisation qui lutte en secret contre Gilead. 

J’ai commencé à regarder la série avec un peu de méfiance. The Handmaid’s Tale, dont la nouvelle série est un spin-off, avait démarré avec une première saison passionnante, mais avait eu du mal au fil des saisons à tenir la route, finissant un peu par tourner en rond. La dernière saison avait toutefois réussi à remonter la barre et offrir une conclusion satisfaisante à la série. 

The Testaments est finalement une bonne surprise. Le changement de point de vue renouvelle la perception de cette société dystopique terrifiante, d’autant plus inquiétante qu’elle n’est pas sans écho avec certaines réalités qui émergent aujourd’hui. 

On découvre cette glaçante société ultra-patriarcale de l’intérieur, aux côtés de jeunes filles qui n’ont connu que celan endoctrinées et formatées pour devenir des épouses soumises. Le personnage principal est Agnès. Mais le récit s’articule aussi autour de deux autres personnages. Daisy, qui découvre Gilead d'un oeil exétérieur, mais aussi, dans une moindre mesure, tante Lydia, qu’on apprend à connaître sous un autre jour. Elle est le seul personnage qui revient après The Handmaid’s Tale (à part quelques courtes, mais importantes, apparitions de June Osborn). 

The Testaments est au final un teen-drama réussi, un récit d’apprentissage mâtiné d’espionnage qui tient en haleine, avec une esthétique très travaillée. Le final permet d’envisager une suite plutôt prometteuse.

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The Testaments, une série créée par Bruce Miller (II)
avec Chase Infiniti, Lucy Halliday, Mabel Li

Margo a des problèmes d'argent : Une dramédie bien de son époque

 

Margo, étudiante brillante, se retrouve enceinte à la suite d’une relation avec son professeur de littérature, par ailleurs marié. Désormais jeune mère célibataire, elle est incapable de faire face aux factures qui s’accumulent. Elle découvre alors un moyen facile de gagner un peu d’argent : OnlyFans. Petit à petit, elle va mettre sa créativité au service de vidéos sexy kitsch qui rencontrent un certain succès… 

Au premier abord, le pitch de la série pourrait faire craindre une histoire un peu scabreuse. En réalité, c’est bien plus fin que cela. Bien sûr, la série est piquante, un peu provocatrice, en tout cas décalée et surprenante, avec ses personnages atypiques. Car autour de Margo, il y a sa colocataire fan de cosplay, sa mère immature, sur le point de se remarier avec un homme bien sous tout rapport, et un père ex-catcheur au cœur tendre. Le tout avec un casting XXL puisque Margo est incarnée par une épatante Elle Fanning, sa mère par Michelle Pfeiffer et son père par Nick Offerman. Sans oublier Nicole Kidman en surprenante avocate, elle aussi ex-catcheuse. 

La série est souvent sur le fil du rasoir, refusant de porter un jugement moral sur les choix de son héroïne, sans pour autant tomber dans un angélisme béat. C’est une dramédie bien de son époque, à l’humour incisif et au regard plein d’empathie sur ses héros qui font comme ils peuvent pour s’en sortir, des personnages finalement assez complexes. C’est un récit qui aborde des questions comme la parentalité, sous plusieurs angles, la précarité de la jeunesse et la débrouille, au risque de jouer avec les limites, le rapport au corps et à l’intimité, les réseaux sociaux et la monétisation des contenus… 

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Margo a des problèmes d'argent, une série créée par David E. Kelley
avec Elle Fanning, Nick Offerman, Michelle Pfeiffer
disponible sur Apple TV

lundi 25 mai 2026

Rooster : La série feel-good au coeur tendre

 

Greg Russo est un écrivain à succès de romans d’aventure, surnommé Rooster, du nom du héros de ses romans. Il est engagé pour un semestre par une université pour y enseigner l’écriture, université dans laquelle sa propre fille enseigne, et qui vient d’être quittée par son mari (lui aussi professeur) pour une étudiante… 

Rooster, la nouvelle série feel-good de Bill Lawrence (cette fois avec Matt Tarses) s’est terminée récemment sur HBO max. Il faut avouer qu’il est un maître actuel du genre, après Ted Lasso et Shrinking (les deux sur Apple TV). On y retrouve cet optimisme toutefois teinté de mélancolie qui caractérise ces séries… ça peut paraître contradictoire, et pourtant c’est vraiment l’effet que produit ces séries douces-amères et pourtant bienfaisantes. 

Au cœur de l’intrigue, il y a la relation, un peu compliquée mais forte, entre un père (divorcé) et sa fille (qui vient de se séparer de son mari). Ca peut paraître, comme ça, un peu déprimant mais il n’en est rien. En réalité, c’est surtout un prétexte pour explorer avec facétie les relations père-fille, celle avec des ex, les relations amoureuses compliquées, la crise de la cinquantaine, etc. Et ça fonctionne à merveille, grâce à une écriture ciselée des dialogues et des personnages tout de suite attachants. 

L’atout majeur de la série, c’est Steve Carell. Avec Rooster, on retrouve tout ce qu’on aime chez l’acteur de The Office, dans un personnage drôle et attendrissant, à la fois vif et fragile. Charly Clive, que je ne connaissais pas, est pour moi une révélation dans le rôle de Katie, la fille de Greg. Son duo avec Steve Carell fonctionne à merveille.

Par ailleurs, il faut ajouter qu’il s’agit d’une série chorale, avec de nombreux personnages… en général tout à fait savoureux. Mes préférés sont peut-être Walter, le président un peu barré de l’université et grand amateur de sauna, joué par un hilarant John C. McGinley, et Donnie, le flic un peu lunaire, complètement à côté de ses pompes (et qui perd toujours son arme de service…), incarné par Rory Scovel. Mais il y en a plein d’autres. Et on se réjouit de pouvoir les retrouver dans une prochaine saison 2, d’ores et déjà annoncée par HBO !

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Rooster, une série créée par Bill Lawrence et Matt Tarses
avec Steve Carell, Chatly Clive, Phil Dunster
Disponible sur HBO max

The Boys (saison 5) : La série trash finit par faire pschitt

 

Pour son ultime saison, la série continue de faire dans le trash et le politiquement incorrect. Il y a toujours autant de violence et d’outrances, toujours autant d’hémoglobines et autres fluides, toujours autant d’humour noir et caustique, toujours autant de contenu ouvertement politique et cynique. Si vous ne pouvez pas faire la part des choses et prendre du recul, passez votre chemin !

D’autant que, comme c’est une saison finale, la série lâche toute la sauce ! Le délire messianique de Homelander, qui atteint son paroxysme dans cette saison finale, ne peut pas être sans écho avec une certaine actualité en Amérique… Le mélange délétère de la politique et de la religion atteint un sommet, avec la création de The Democratic Church of America. Sans doute la meilleure idée scénaristique de la saison. 

Pour autant, je ne peux pas cacher ma déception. On a quand même l’impression de tourner un peu en rond, jusqu’à un épisode final qui peine à convaincre, avec un dénouement que j'ai trouvé bâclé. Les espoirs d’un renouveau éventuel grâce à l’intégration de personnages issus du spin-off Gen V sont déçus : Marie Moreau et ses amis n’apparaissent presque pas dans l’histoire, et sans véritable incidence sur l’intrigue... Dommage.

The Boys, qui avait fait sensation pour sa première saison, et confirmé avec sa saison 2, n’a pas tenu la distance, selon moi. 

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The Boys (saison 5), une série créée par Eric Kripke
avec Karl Urban, Jack Quaid, Antony Starr
Disponibles sur Amazon Prime Video

dimanche 3 mai 2026

Monarch - Legacy of Monsters : Un divertissement monstre

 

Monarch : Legacy of Monsters fait partie du "Monsterverse", initié par quelques films de qualité très inégale, sortis au cinéma (à partir de l’excellent Godzilla réalisé par Gareth Edwards en 2014). La série, qui en est à sa saison 2, est elle aussi inégale. Le scénario souffre d’approximations et de rebondissements capillotractés, les différents personnages ne sont pas tous aussi intéressants… mais il y a les monstres. Et moi j’aime bien les films (et les séries) de monstres. A côté des iconiques Kong et Godzilla, on a droit à quelques bestioles réjouissantes de monstruosité. 

Et puis il y a Kurt Russel, qu’on retrouve toujours avec plaisir, dans un rôle qui lui va comme un gant. A noter aussi la bonne idée de casting d’avoir choisi son fils, Wyatt Russell, pour incarner le même personnage jeune, puisque la série continue de tirer plusieurs films narratifs, à deux périodes différentes (des fils qui d’ailleurs s’entremêlent au cours de la saison). 

Il faut prendre la série comme elle est, une série d’aventure tout à fait divertissante, à grand renfort de monstres réjouissants. Rien de plus… mais rien de moins non plus. En tout cas, s’il y a une saison 3, je la regarderai avec plaisir (compte tenu de l’image finale de la saison, et du monstre qu’on y découvre, elle pourrait s’avérer assez sympathique…). 

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Monarch : Legacy of Monsters, une série créée par Chris Black et Matt Fraction
avec Kurt Russell, Anna Sawai,  Kiersey Clemons
Disponible sur Apple TV