jeudi 28 mai 2026

Margo a des problèmes d'argent : Une dramédie bien de son époque

 

Margo, étudiante brillante, se retrouve enceinte à la suite d’une relation avec son professeur de littérature, par ailleurs marié. Désormais jeune mère célibataire, elle est incapable de faire face aux factures qui s’accumulent. Elle découvre alors un moyen facile de gagner un peu d’argent : OnlyFans. Petit à petit, elle va mettre sa créativité au service de vidéos sexy kitsch qui rencontrent un certain succès… 

Au premier abord, le pitch de la série pourrait faire craindre une histoire un peu scabreuse. En réalité, c’est bien plus fin que cela. Bien sûr, la série est piquante, un peu provocatrice, en tout cas décalée et surprenante, avec ses personnages atypiques. Car autour de Margo, il y a sa colocataire fan de cosplay, sa mère immature, sur le point de se remarier avec un homme bien sous tout rapport, et un père ex-catcheur au cœur tendre. Le tout avec un casting XXL puisque Margo est incarnée par une épatante Elle Fanning, sa mère par Michelle Pfeiffer et son père par Nick Offerman. Sans oublier Nicole Kidman en surprenante avocate, elle aussi ex-catcheuse. 

La série est souvent sur le fil du rasoir, refusant de porter un jugement moral sur les choix de son héroïne, sans pour autant tomber dans un angélisme béat. C’est une dramédie bien de son époque, à l’humour incisif et au regard plein d’empathie sur ses héros qui font comme ils peuvent pour s’en sortir, des personnages finalement assez complexes. C’est un récit qui aborde des questions comme la parentalité, sous plusieurs angles, la précarité de la jeunesse et la débrouille, au risque de jouer avec les limites, le rapport au corps et à l’intimité, les réseaux sociaux et la monétisation des contenus… 

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Margo a des problèmes d'argent, une série créée par David E. Kelley
avec Elle Fanning, Nick Offerman, Michelle Pfeiffer
disponible sur Apple TV

lundi 25 mai 2026

Rooster : La série feel-good au coeur tendre

 

Greg Russo est un écrivain à succès de romans d’aventure, surnommé Rooster, du nom du héros de ses romans. Il est engagé pour un semestre par une université pour y enseigner l’écriture, université dans laquelle sa propre fille enseigne, et qui vient d’être quittée par son mari (lui aussi professeur) pour une étudiante… 

Rooster, la nouvelle série feel-good de Bill Lawrence (cette fois avec Matt Tarses) s’est terminée récemment sur HBO max. Il faut avouer qu’il est un maître actuel du genre, après Ted Lasso et Shrinking (les deux sur Apple TV). On y retrouve cet optimisme toutefois teinté de mélancolie qui caractérise ces séries… ça peut paraître contradictoire, et pourtant c’est vraiment l’effet que produit ces séries douces-amères et pourtant bienfaisantes. 

Au cœur de l’intrigue, il y a la relation, un peu compliquée mais forte, entre un père (divorcé) et sa fille (qui vient de se séparer de son mari). Ca peut paraître, comme ça, un peu déprimant mais il n’en est rien. En réalité, c’est surtout un prétexte pour explorer avec facétie les relations père-fille, celle avec des ex, les relations amoureuses compliquées, la crise de la cinquantaine, etc. Et ça fonctionne à merveille, grâce à une écriture ciselée des dialogues et des personnages tout de suite attachants. 

L’atout majeur de la série, c’est Steve Carell. Avec Rooster, on retrouve tout ce qu’on aime chez l’acteur de The Office, dans un personnage drôle et attendrissant, à la fois vif et fragile. Charly Clive, que je ne connaissais pas, est pour moi une révélation dans le rôle de Katie, la fille de Greg. Son duo avec Steve Carell fonctionne à merveille.

Par ailleurs, il faut ajouter qu’il s’agit d’une série chorale, avec de nombreux personnages… en général tout à fait savoureux. Mes préférés sont peut-être Walter, le président un peu barré de l’université et grand amateur de sauna, joué par un hilarant John C. McGinley, et Donnie, le flic un peu lunaire, complètement à côté de ses pompes (et qui perd toujours son arme de service…), incarné par Rory Scovel. Mais il y en a plein d’autres. Et on se réjouit de pouvoir les retrouver dans une prochaine saison 2, d’ores et déjà annoncée par HBO !

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Rooster, une série créée par Bill Lawrence et Matt Tarses
avec Steve Carell, Chatly Clive, Phil Dunster
Disponible sur HBO max

The Boys (saison 5) : La série trash finit par faire pschitt

 

Pour son ultime saison, la série continue de faire dans le trash et le politiquement incorrect. Il y a toujours autant de violence et d’outrances, toujours autant d’hémoglobines et autres fluides, toujours autant d’humour noir et caustique, toujours autant de contenu ouvertement politique et cynique. Si vous ne pouvez pas faire la part des choses et prendre du recul, passez votre chemin !

D’autant que, comme c’est une saison finale, la série lâche toute la sauce ! Le délire messianique de Homelander, qui atteint son paroxysme dans cette saison finale, ne peut pas être sans écho avec une certaine actualité en Amérique… Le mélange délétère de la politique et de la religion atteint un sommet, avec la création de The Democratic Church of America. Sans doute la meilleure idée scénaristique de la saison. 

Pour autant, je ne peux pas cacher ma déception. On a quand même l’impression de tourner un peu en rond, jusqu’à un épisode final qui peine à convaincre, avec un dénouement que j'ai trouvé bâclé. Les espoirs d’un renouveau éventuel grâce à l’intégration de personnages issus du spin-off Gen V sont déçus : Marie Moreau et ses amis n’apparaissent presque pas dans l’histoire, et sans véritable incidence sur l’intrigue... Dommage.

The Boys, qui avait fait sensation pour sa première saison, et confirmé avec sa saison 2, n’a pas tenu la distance, selon moi. 

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The Boys (saison 5), une série créée par Eric Kripke
avec Karl Urban, Jack Quaid, Antony Starr
Disponibles sur Amazon Prime Video

dimanche 3 mai 2026

Monarch - Legacy of Monsters : Un divertissement monstre

 

Monarch : Legacy of Monsters fait partie du "Monsterverse", initié par quelques films de qualité très inégale, sortis au cinéma (à partir de l’excellent Godzilla réalisé par Gareth Edwards en 2014). La série, qui en est à sa saison 2, est elle aussi inégale. Le scénario souffre d’approximations et de rebondissements capillotractés, les différents personnages ne sont pas tous aussi intéressants… mais il y a les monstres. Et moi j’aime bien les films (et les séries) de monstres. A côté des iconiques Kong et Godzilla, on a droit à quelques bestioles réjouissantes de monstruosité. 

Et puis il y a Kurt Russel, qu’on retrouve toujours avec plaisir, dans un rôle qui lui va comme un gant. A noter aussi la bonne idée de casting d’avoir choisi son fils, Wyatt Russell, pour incarner le même personnage jeune, puisque la série continue de tirer plusieurs films narratifs, à deux périodes différentes (des fils qui d’ailleurs s’entremêlent au cours de la saison). 

Il faut prendre la série comme elle est, une série d’aventure tout à fait divertissante, à grand renfort de monstres réjouissants. Rien de plus… mais rien de moins non plus. En tout cas, s’il y a une saison 3, je la regarderai avec plaisir (compte tenu de l’image finale de la saison, et du monstre qu’on y découvre, elle pourrait s’avérer assez sympathique…). 

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Monarch : Legacy of Monsters, une série créée par Chris Black et Matt Fraction
avec Kurt Russell, Anna Sawai,  Kiersey Clemons
Disponible sur Apple TV

vendredi 17 avril 2026

The Pitt (saison 2) : Passionnant, haletant, humain... incontournable.

 

La saison 2 de The Pitt vient tout juste de se terminer, et c’est toujours la meilleure série médicale du moment, et de loin !

On retrouve avec le plus grand plaisir toute la galerie de personnages quittés à la fin de la saison 1 de cette série chorale en immersion dans le service d’urgence d’un hôpital de Pittsburgh, des personnages auxquels on s’était déjà bien attaché. Nous sommes quelques mois plus tard, on découvre ou on devine le chemin parcouru par les uns et les autres, et on accueille aussi quelques nouveaux. 

La série obéit toujours avec brio au même principe : 15 épisodes, chacun correspondant à une heure de garde au service des urgences. La série se vit donc en temps réel, et elle est toujours aussi réaliste. On a par exemple droit, dès le premier épisode, à une opération à cœur ouvert, et dans le dernier épisode, une césarienne d’urgence ! Et je vous passe tous les rebondissements d’une saison qui se déroule un 4 juillet, jour de la fête nationale américaine ! 

La force de la série est aussi d’être toujours aussi humaine, explorant les failles, la fragilité, les détresses humaines… mais aussi ses étincelles d’espoir et ses lumières inattendues, qui peuvent jaillir dans les situations les plus extrêmes. Les membres du personnel soignant des urgences ne sont pas des super-héros. Ils ont eux-mêmes leurs faiblesses, leurs fêlures, leurs interrogations… et leurs côtés agaçants ou pénibles ! Ce qui ne les empêche pas d’être, d’une certaine façon, des héros, en sauvant des vies et en faisant preuve d’abnégation impressionnante.

Par ailleurs, la série se veut toujours en prise avec l’actualité. Pour preuve, dans l’épisode 11, une descente de deux agents de ICE dans le service des urgences, provoquant la peur panique, tant parmi les patients que certains membres du personnel. On ne peut pas coller mieux à l’actualité sociale des USA. 

La série se termine avec plein de questions en suspens, des destins individuels incertains, des interrogations et des espoirs… ce qui crée déjà une impatience de retrouver la série pour une saison 3 déjà commandée. 

The Pitt est vraiment une série passionnante, haletante, souvent bouleversante, bref incontournable. 

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The Pitt (saison 2), une série créée par R. Scott Gemmill et John Wells
avec Noah Wyle, Patrick Ball, Katherine LaNasa
disponible sur HBO max