vendredi 4 septembre 2026

Silo (saison 3) : Dystopie glaçante aux résonances contemporaines

 

La saison 3 de Silo vient de se terminer sur Apple TV. En attendant la quatrième et dernière saison à venir, on fait le point. 

Petit rappel sans spoiler : la série se déroule dans le futur. Après une catastrophe d’ampleur mondiale, quelques milliers d’êtres humains survivants vivent cloîtrés dans un immense silo qui s’enfonce dans le sol. Tout est minutieusement organisé et contrôlé, de manière très stricte, officiellement pour préserver l’humanité jusqu’à ce qu’il soit possible, à une période indéterminée, de ressortir à l’air libre… 

Il a fallu, particulièrement dans cette troisième saison, prendre quelques libertés par rapport aux livres. Je les ai lus il y a quelques années et je ne me souviens pas de tout en détail mais il est évident qu’il y a des différences sensibles. Et c’est heureux ! En effet, la narration des trois volumes de la trilogie écrite par Hugh Howey ne se prête pas du tout, telle quelle, à la narration d’une série. L’important est de savoir si le récit fonctionne à l’écran et je trouve que c’est vraiment le cas. La particularité de cette saison 3 est la coexistence de deux arcs narratifs, à deux périodes différentes, celle des silos au temps de Juliette Nichols mais aussi celle des origines des silos, à peine esquissée en saison 2. Les deux arcs narratifs finissent par se rejoindre dans la dernier épisode de la saison, de manière assez brutale (la longue séquence introductive de l’épisode final de la saison est terriblement glaçante) mais réussie. Plusieurs questions trouvent une réponse dans cette saison 3... mais tout n'est pas encore résolu !

Ce qui fonctionne toujours aussi bien, c’est l’univers visuel de la série, qui parvient à retranscrire à l’image l’univers claustrophobique et dystopique des romans. Plus que jamais la série développe ses dimensions socio-politiques, autour de thèmes aux résonnances contemporaines : l’autoritarisme et la surveillance, la résistance et la soumission, la désinformation et la manipulation de masse... qui passent aussi par une réécriture de l'histoire et l'oubli. Avec dans cette saison une intégration plutôt maligne de l’IA. Et ces thèmes s'accentuent encore lorsqu’on en apprend plus sur les origines des silos…  

Bref, Silo demeure sans aucun doute une des meilleures séries SF actuelles, une réussite de plus au catalogue décidément qualitatif d’Apple TV. 

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Silo (saison 3), une série créée par Graham Yost
avec Rebecca Ferguson, Common, Alexandria Riley
Disponible sur Apple TV+

lundi 31 août 2026

Furious : Histoire de vengeances

Alice Black est une nouvelle agente du FBI. Elle était flic auparavant mais elle a quitté la police après des faits de violence contre elle commis par son compagnon, lui-même flic. Mais aucun de ses collègues ne l’a crue... Tous sauf un, Danny, qui fait justement appel à elle à l’occasion d’une affaire de meurtre. Alice se verra alors engagée dans la traque d’une redoutable tueuse en série. 

Furious est une série choc, haletante et trouble, assez dérangeante mais passionnante, qui aborde de façon originale la question des violences faites aux femmes et des réseaux de pédocriminalité. C’est une histoire qui évidemment résonne de manière particulière avec l’affaire Epstein… ce qui ne fait qu’ajouter une impression de réalisme glaçant à la série. 

Dès le premier épisode, on connaît l’identité de la tueuse en série même si on ne connaît pas encore ses motivations. Tout au long de la série, on suivra donc le double fil narratif de l’enquête menée par Alice et des meurtres vengeurs de la tueuse. Et on en apprendra plus sur les violences que l’une et l’autre ont subies… 

Derrière ce récit de vengeances, il s’agit bien d’évoquer les traumatismes des violences subies par des femmes, et la nécessité de faire face aux au passé pour le surmonter…Sur un sujet extrêmement lourd, la série propose un mélange étonnant de sordide, de violence, et d’humour noir grinçant. 

Ce qui est certain, c’est que le récit tient en haleine. Il fournit son lot de rebondissements et de révélations inattendues, obéissant pleinement au genre des séries avec leurs cliffhanger. C’est redoutablement efficace et on veut vraiment savoir comment ça se termine. Du reste, le dénouement ne déçoit pas. Il est bien dans l’esprit du récit. 

Il s’agit d’une série pour public averti, à ne pas mettre devant n’importe quels yeux… Non seulement pour le sujet, mais aussi pour son atmosphère trouble et son propos dérangeant, jusqu’à la dernière image. Mais il s’en dégage une force indéniable. Et cela grâce aussi aux performances impressionnantes des deux actrices principales, Emmy Rossum dans celui d’une agent du FBI largement cabossée par la vie et surtout par les hommes, et plus encore peut-être Lola Petticrew (déjà remarquée dans l’excellente série Ne dis rien), assez hallucinante dans le rôle complexe et tourmenté d'une serial killer vengeresse, froide et manipulatrice.

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Furious, une série créée par Elizabeth Meriwether
avec Emmy Rossum, Lola Petticrew, Quincy Tyler Bernstine
disponible sur Disney+

mercredi 12 août 2026

Sugar (saison 2) : On n'est pas au bout de nos surprises...

 

John Sugar est de retour, avec son costume impeccable et son flegme à toute épreuve. On retrouve le charme singulier de la série, avec toujours ce côté vintage, ses références aux films noirs et au cinéma noir et blanc de Hollywood, ce ton mélancolique qui accompagne les enquête d’un détective pivé opiniâtre. Il se lance dans une nouvelle enquête, à la recherche du frère d'un boxeur en pleine ascension, une enquête qui va le confronter à un complot d'une ampleur insoupçonnée.  

Évidemment, on n’a plus l'énorme effet de surprise du génial twist aux deux-tiers de la saison 1. Je vais m’efforcer de limiter ici au maximum les risques de spoiler… mais disons simplement qu’à la fin de la saison 1, nous connaissons la véritable identité de John Sugar. Et ce n’est pas du tout celle qu’on pouvait penser. D’ailleurs, en regardant la saison 2, on peut avoir un petite frustration en ayant l’impression que cette dimension du récit n’est pas vraiment développée… mais en même temps, c’est aussi une originalité de la série que de considérer cette identité cachée comme un aspect presque secondaire de l'intrigue, pour se centrer sur la personnalité solitaire, en quête d’elle-même, de Sugar, qui se voit au fil de cette deuxième saison devenir de plus en plus humain (et ça n’est pas forcément une qualité en l'occurrence). 

Mais c’est sans compter avec le dernier épisode de la saison, qui rebat les cartes de manière inattendue et jette une lumière nouvelle sur l’histoire qui nous a été racontée, tout en ouvrant des perspectives assez excitantes pour la saison 3 d’une série qui n’a pas fini de nous surprendre. 

Sugar est vraiment une série attachante, par son caractère inclassable, son ton singulier, les surprises qu’elle nous réserve, et le personnage central incarné de manière parfaite par Colin Farrell. 

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Sugar (saison 2), une série créée par Mark Protosevich
avec Colin Farrell, Jin Ha, Laura Donnelly
Disponible sur Apple TV

mardi 11 août 2026

House of the Dragon (saison 3) : La soif du pouvoir

 

Après une saison 2 qu’on pouvait qualifier de saison d’attente (mais que j’avais personnellement plutôt appréciée), la saison 3 de la série préquelle de Game of Thrones, dont l’action se déroule quelque 200 ans plus tôt, vient de se terminer. Plus épique que la précédente, avec plusieurs morceaux de bravoure spectaculaires, notamment lorsque des dragons sont impliqués, la série est toujours luxueusement produite et esthétiquement réussie. 

La série reste toutefois avant tout une série politique, avec une intrigue principalement construite autour de jeux de pouvoir, d’alliances et de trahisons, dans un univers sans pitié et violent. Un récit d’autant plus complexe qu’il raconte aussi des histoires de familles imbriquées les unes dans les autres. Le pouvoir et la soif de pouvoir sont de redoutables poisons pour l'âme humaine… et peuvent rendre fou. 

La saison 3 ne manque pas de rebondissements, avec toujours, et c’est une des marques de fabrique de l’univers de Game of Thrones, de nombreux personnages importants qui meurent tout au long de la série, pratiquement à chaque épisode. On peut s’attendre à tout… 

Une quatrième et dernière saison est annoncée pour 2028. Elle devra clore un récit dont l’issue est encore incertaine. Bien des rebondissements sont sans doute encore à venir… 

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House of the Dragon (saison 3), une série créée par George R.R. Martin et Ryan J. Condal
avec Emma D'Arcy, Olivia Cooke, Matt Smith
disponible sur HBO max 

dimanche 2 août 2026

Cape Fear : Délicieusement glaçant

 

Anna et Tom Bowden forment un couple d’avocats dont la vie tranquille, avec leurs deux enfants adolescents, va être complètement perturbée lorsque Max Cady, emprisonné pour le meurtre de sa femme est libéré de prison. De nouvelles révélations semblent indiquer qu’il était innocent. Or, Anna avait défendu Max lors de son procès et Tom était alors le procureur. Max pourrait bien être désormais animé d’une intention de vengeance…

Produit par Martin Scorsese et Steven Spielberg, Cape Fear est une série haletante, un peu dans l’esprit d’un thriller à l’ancienne, retors et très efficace. 

A l’origine, Cape Fear est un roman, qui a déjà eu droit à deux adaptations au cinéma, la dernière par Scorsese lui-même (sous le titre français des Nerfs à vif). La série développe son propre récit, à partir de l’idée de départ. Les rebondissements sont très nombreux, avec une bonne dose d’invraisemblable mais ça fait partie du charme de ce genre de récits : c’est une série B qui s’assume en tant que tel. Alors certes, dix épisodes, c’est sans doute un petit peu trop long mais il y a quelque chose de délicieusement glaçant et terrifiant dans cette série, pour les amateurs du genre. 

Au programme, jeux de dupe et manipulation, ambiance paranoïaque et vénéneuse, rebondissements improbables… c’est un petit jeu de massacre joyeusement malsain, qui égratigne au passage l’image de la famille parfaite. Parce que dans cette histoire, bien peu de monde n’a vraiment rien à se reprocher ! 

Et puis, il y a Javier Bardem qui fait son show… et on en redemande. Il est décidément toujours aussi incroyable dans les rôles de méchants. Et il incarne ici une figure du mal absolue, un vrai grand méchant comme on adore les détester, manipulateur, séducteur, menteur, sans aucun scrupule. Ne serait-ce que pour sa performance hallucinante, il faut voir la série.

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Cape Fear; une série créée par Nick Antosca
avec Amy Adams, Javier Bardem, Patrick Wilson
disponible sur Apple TV