mercredi 12 août 2026

Sugar (saison 2) : On n'est pas au bout de nos surprises...

 

John Sugar est de retour, avec son costume impeccable et son flegme à toute épreuve. On retrouve le charme singulier de la série, avec toujours ce côté vintage, ses références aux films noirs et au cinéma noir et blanc de Hollywood, ce ton mélancolique qui accompagne les enquête d’un détective pivé opiniâtre. Il se lance dans une nouvelle enquête, à la recherche du frère d'un boxeur en pleine ascension, une enquête qui va le confronter à un complot d'une ampleur insoupçonnée.  

Évidemment, on n’a plus l'énorme effet de surprise du génial twist aux deux-tiers de la saison 1. Je vais m’efforcer de limiter ici au maximum les risques de spoiler… mais disons simplement qu’à la fin de la saison 1, nous connaissons la véritable identité de John Sugar. Et ce n’est pas du tout celle qu’on pouvait penser. D’ailleurs, en regardant la saison 2, on peut avoir un petite frustration en ayant l’impression que cette dimension du récit n’est pas vraiment développée… mais en même temps, c’est aussi une originalité de la série que de considérer cette identité cachée comme un aspect presque secondaire de l'intrigue, pour se centrer sur la personnalité solitaire, en quête d’elle-même, de Sugar, qui se voit au fil de cette deuxième saison devenir de plus en plus humain (et ça n’est pas forcément une qualité en l'occurrence). 

Mais c’est sans compter avec le dernier épisode de la saison, qui rebat les cartes de manière inattendue et jette une lumière nouvelle sur l’histoire qui nous a été racontée, tout en ouvrant des perspectives assez excitantes pour la saison 3 d’une série qui n’a pas fini de nous surprendre. 

Sugar est vraiment une série attachante, par son caractère inclassable, son ton singulier, les surprises qu’elle nous réserve, et le personnage central incarné de manière parfaite par Colin Farrell. 

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Sugar (saison 2), une série créée par Mark Protosevich
avec Colin Farrell, Jin Ha, Laura Donnelly
Disponible sur Apple TV

mardi 11 août 2026

House of the Dragon (saison 3) : La soif du pouvoir

 

Après une saison 2 qu’on pouvait qualifier de saison d’attente (mais que j’avais personnellement plutôt appréciée), la saison 3 de la série préquelle de Game of Thrones, dont l’action se déroule quelque 200 ans plus tôt, vient de se terminer. Plus épique que la précédente, avec plusieurs morceaux de bravoure spectaculaires, notamment lorsque des dragons sont impliqués, la série est toujours luxueusement produite et esthétiquement réussie. 

La série reste toutefois avant tout une série politique, avec une intrigue principalement construite autour de jeux de pouvoir, d’alliances et de trahisons, dans un univers sans pitié et violent. Un récit d’autant plus complexe qu’il raconte aussi des histoires de familles imbriquées les unes dans les autres. Le pouvoir et la soif de pouvoir sont de redoutables poisons pour l'âme humaine… et peuvent rendre fou. 

La saison 3 ne manque pas de rebondissements, avec toujours, et c’est une des marques de fabrique de l’univers de Game of Thrones, de nombreux personnages importants qui meurent tout au long de la série, pratiquement à chaque épisode. On peut s’attendre à tout… 

Une quatrième et dernière saison est annoncée pour 2028. Elle devra clore un récit dont l’issue est encore incertaine. Bien des rebondissements sont sans doute encore à venir… 

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House of the Dragon (saison 3), une série créée par George R.R. Martin et Ryan J. Condal
avec Emma D'Arcy, Olivia Cooke, Matt Smith
disponible sur HBO max 

dimanche 2 août 2026

Cape Fear : Délicieusement glaçant

 

Anna et Tom Bowden forment un couple d’avocats dont la vie tranquille, avec leurs deux enfants adolescents, va être complètement perturbée lorsque Max Cady, emprisonné pour le meurtre de sa femme est libéré de prison. De nouvelles révélations semblent indiquer qu’il était innocent. Or, Anna avait défendu Max lors de son procès et Tom était alors le procureur. Max pourrait bien être désormais animé d’une intention de vengeance…

Produit par Martin Scorsese et Steven Spielberg, Cape Fear est une série haletante, un peu dans l’esprit d’un thriller à l’ancienne, retors et très efficace. 

A l’origine, Cape Fear est un roman, qui a déjà eu droit à deux adaptations au cinéma, la dernière par Scorsese lui-même (sous le titre français des Nerfs à vif). La série développe son propre récit, à partir de l’idée de départ. Les rebondissements sont très nombreux, avec une bonne dose d’invraisemblable mais ça fait partie du charme de ce genre de récits : c’est une série B qui s’assume en tant que tel. Alors certes, dix épisodes, c’est sans doute un petit peu trop long mais il y a quelque chose de délicieusement glaçant et terrifiant dans cette série, pour les amateurs du genre. 

Au programme, jeux de dupe et manipulation, ambiance paranoïaque et vénéneuse, rebondissements improbables… c’est un petit jeu de massacre joyeusement malsain, qui égratigne au passage l’image de la famille parfaite. Parce que dans cette histoire, bien peu de monde n’a vraiment rien à se reprocher ! 

Et puis, il y a Javier Bardem qui fait son show… et on en redemande. Il est décidément toujours aussi incroyable dans les rôles de méchants. Et il incarne ici une figure du mal absolue, un vrai grand méchant comme on adore les détester, manipulateur, séducteur, menteur, sans aucun scrupule. Ne serait-ce que pour sa performance hallucinante, il faut voir la série.

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Cape Fear; une série créée par Nick Antosca
avec Amy Adams, Javier Bardem, Patrick Wilson
disponible sur Apple TV

samedi 11 juillet 2026

Star City : De l’autre côté du miroir

 

Star City est un spin off de l’excellente série uchronique For All Mankind, qui refait l’histoire à partir de 1969, alors que le premier pas sur la Lune n’est pas effectué par les Américains mais par l’URSS. Star City propose de le faire cette fois du point de vue soviétique. Ça donne une série tout à fait différente, à l’ambiance beaucoup plus sombre, paranoïaque, dans un récit d’espionnage et de contre-espionnage. Bref, un contrepoint passionnant à For All Mankind

Le récit intègre intelligemment dans la trame historique, avec une reconstitution minutieuse de l’Union sovétique du début des années 1970, des récits intimes et personnels, qui rendent les personnages attachants. Et il y a aussi une figure forte de grande méchante dans le personnage glaçant de la colonel Lyudmilla Raskova. A noter, pour les fans de For All Mankind, que deux personnages assez importants de la série originale apparaissent, dans des versions plus jeunes, dans Star City : Sergei Nikoulov (qui apparaît dès la saison 2 de For All Mankind, et qui développera une relation étroite avec Margo Madison) et Irina Morozova (qui apparaît dans les saison 4 et 5, comme directrice de Roscosmos). 

Les acteurs et actrices jouent en anglais, pas en russe. Mais ça ne nuit pas pour autant au réalisme de la série, tant la reconstitution minutieuse est réussie. C’est peut-être dû aussi au fait qu’il y a très peu d’acteurs vraiment connus, ce qui ne les empêchent pas d’être excellents. Le plus connu est sans doute Rhys Ifans (Otto Hightower dans House of the Dragon). 

La série n’est pas avare en rebondissements… jusqu'à un dernier épisode épique, avec un récit parallèle haletant et poignant. Une fin de saison brillante qui ne peut que nous faire espérer une suite pour la série. Le projet des showrunners est bien de continuer la série, mais en restant dans les années 1970, sans envisager des bonds d’une dizaine d’années entre chaque saison comme dans la série mère. Alors que For All Mankind est sur le point de se terminer, Star City prend le relais avec brio. Pourvu que ça dure… 

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Star City, une série créé par Ben Nedivi, Matt Wolpert et Ronald D. Moore
avec Rhys Ifans, Anna Maxwell Martin, Alice Englert
Disponible sur Apple TV

jeudi 2 juillet 2026

The Bear (saison 5) : Champagne !

 

The Bear, la série culinaire devenue phénomène s'offre une cinquième et ultime saison, après une saison 4 un peu différente des précédentes, passant moins de temps en cuisine. J’avais bien aimé la façon dont la saison 4 se terminait, je trouvais que ça pouvait faire une fin convaincante de la série. Mais je n’ai pas craché dans la soupe quand une saison 5 a été annoncée. 

Quel plaisir, en effet, de retrouver toute l’équipe du restaurant une dernière fois ! A nouveau, l’essentiel de l’action se déroule en cuisine, comme une sorte de retour aux sources pour terminer la série sur un feu d’artifice. Cette ultime saison compte 8 épisodes et les 7 premiers se déroulent presque en temps réel. 

On reprend l’intrigue immédiatement après la fin de la saison 4. Le compte à rebours de l’horloge est à zéro, l'avenir du restaurant n'est toujours pas assuré mais l'équipe s’offre une dernière chance avec une dernière journée… qui se révélera cauchemardesque. Tout semble s’acharner contre Carmen, Sydney et toute l’équipe du restaurant, avec un véritable déluge à l’extérieur, des livraisons qui n’arrivent pas, des appareils qui tombent en panne et toute la maison qui prend l’eau (dans tous les sens du terme). Les nerfs et la cohésion de l’équipe sont mises à rude épreuve. 

Après six premiers épisodes courts et nerveux, l’épisode 7, avant-dernier de la saison, est un véritable petit chef d'œuvre de tension et d’émotion. Un concentré de l’esprit de la série en moins d’une heure. Champagne ! 

La série se termine alors avec un dernier épisode doudou, plein d’émotion, pour dire au revoir à toute la famille The Bear. On passe un peu plus de temps avec Carmy, Syd et Richie, évidemment, mais ils sont tous là ! Certes, c’est sans doute un petit peu trop sucré… mais il faut bien ça pour laisser partir cette grande famille, un peu dysfonctionnelle mais terriblement attachante, et clore une larme à l'œil une série qui exalte la force du collectif et l’importance de savoir offrir et saisir les secondes chances. 

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The Bear (saison 5), une série créée par Christopher Storer
avec Jeremy Allen White, Ayo Edebiri, Ebon Moss-Bachrach
Disponible sur Disney+