lundi 4 septembre 2023

One Piece : le manga culte en version live action

Voici donc la mini-série en live action (avec des vrais acteurs) du manga phénomène, le plus vendu au monde, publié au Japon depuis 1997 (on en est aujourd’hui à plus de 100 volumes), et adapté en série animée depuis 1999, et comptant aujourd’hui plus de 1000 épisodes. 

Dans un monde essentiellement marin, le rêve de Monkey D. Luffy a toujours été de devenir le roi des pirates. Adolescent, il quitte son village et se lance dans sa quête du One Piece, le trésor mythique du pirate Gold Roger. Mais pour y arriver, il devra trouver un bateau et un équipage pour l’accompagner. Il devra aussi sillonner les mers, en découdre avec les nombreux pirates rivaux et échapper à la Marine qui va le pourchasser. Animé par son rêve, armé de son optimisme à toute épreuve et de ses pouvoirs d’homme élastique qu’il a acquis après avoir mangé un fruit aux vertus magiques, il est persuadé de réussir dans sa quête. 

Je connaissais vaguement l’univers de One Piece, avec ses pirates et ses personnages assez déjantés, mais je n’ai jamais lu les mangas et je n’ai vu que quelques extraits de la série animée. La série Netflix était l’occasion pour moi de vraiment découvrir cet univers si particulier, que j’ai abordé avec un regard innocent. Je suis bien évidemment incapable de dire si la série en live action est fidèle ou non aux originaux, si elle rend justice ou non à l’univers foisonnant du manga… mais j’ai pris beaucoup de plaisir à regarder la mini-série. C’est inventif, plein d’humour, d’action mais aussi d’émotion, avec des personnages réjouissants et hauts en couleurs. La réalisation est efficace, les décors, les costumes, les effets spéciaux fonctionnent bien, le casting, avec beaucoup d’inconnus, se révèle bon. Peut-être aurait-on pu espérer que la série se lâche un peu plus dans une folie douce encore plus assumée, et il faut aussi reconnaître qu’il y a quand même un petit ventre mou au milieu de la saison. Mais c'est trop peu de choses, finalement, pour ternir le plaisir procuré par une série qui est une jolie réussite, et qui donne envie de connaître la suite (et d’en découvrir plus sur ce monde étonnant). 

L’histoire valorise le courage, le dépassement de soi, la force de l’équipe et de l’amitié. Mais l’univers de One Piece est riche et on perçoit bien, en sous-texte, des thèmes tels que l’esclavagisme, le racisme, la corruption du pouvoir, et que bien d’autres pourraient être développés. En tout cas, la matière ne manque pas pour alimenter une saison 2 qu'on attendra avec plaisir ! 

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One Piece, une mini-série de Steven Maeda et Matt Owens
avec Iñaki Godoy, Mackenyu, Emily Rudd
8 épisodes disponibles sur Netflix

samedi 19 août 2023

The Bear (saison 2) : on remet le couvert et c'est encore meilleur !

 

Après une première saison alléchante, The Bear est de retour et c’est une réussite totale. J’avais beaucoup aimé la saison 1, j’ai adoré la saison 2 qui fait peut-être encore mieux ! 

Dans cette nouvelle saison, Carmen et son équipe doivent pratiquement repartir de zéro et se lancent dans un véritable contre-la-montre pour arriver à ouvrir leur restaurant à temps. Pendant que Natalie, sa soeur, supervise les démarches administratives et que les travaux de rénovation se réalisent tant bien que mal, Carmen et Sydney créent les plats pour le menu et les autres sont envoyés en stage dans différents grands établissements. Chaque personnage est pris en compte, on en découvre de nouvelles facettes et on les voit évoluer. 

La série est à la fois drôle et touchante, avec même un certain côté feel good qui fonctionne à merveille, une remarquable maîtrise du rythme, tantôt nerveux et stressant, tantôt paisible et intimiste. Tout en parlant de façon réaliste de cuisine et de gastronomie (et on salive devant certains plats !), le récit permet d’aborder de nombreux thèmes autour de la famille, la solidarité, le travail, la réussite, les passions, la découverte de soi, la rédemption… 

Le casting est toujours au top. On est ému avec leurs personnages quand ils font face à leurs doutes et leurs interrogations, on est stressé avec eux au moment du coup de feu dans les cuisines ou en salle, et on s’attache... 

La série s’offre même cette saison quelques guests prestigieux, comme Will Poulter et Olivia Colman pour deux jolis caméos. Et puis il y a l’épisode 6… hallucinant, qui dure une heure et qui est absolument fou : un flashback de quelques années, pour une fête de Noël en famille (dysfonctionnelle) chez les Berzatto. 60 minutes d’anthologie, avec plusieurs guests, dont une Jamie Lee Curtis géniale dans le rôle de la maman complètement barge, mais aussi Bob Odenkirk, Gillian Jacobs ou Sarah Paulson, et bien-sûr John Bernthal dans le rôle de Mike, le frère disparu. C’est bruyant, drôle, violent, oppressant, émouvant… et filmé de façon virtuose. Du grand art ! D’autant que c’est un épisode qui, finalement, en dit pas mal sur Carmen et sa soeur Natalie. Et on comprend mieux pourquoi Carmen a tellement à coeur de relancer le restaurant, de former comme une nouvelle famille autour de lui… et que sa soeur Natalie soit aussi de la partie !  

On a juste le temps de se remettre de ses émotions avant un dernier épisode épique, qui nous fait passer par toutes les émotions, et nous laisse dans l’attente de la suite. Car oui, il faut qu’il y ait une saison 3 (au moins) et on en a déjà l’eau à la bouche ! 

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The Bear (saison 2), une série de Christopher Storer
avec Jeremy Allen White, Ebon Moss-Bachrach, Ayo Edebiri
10 épisodes disponibles sur Disney+

mardi 15 août 2023

PainKiller : plongée glaçante dans le cynisme d'une société pharmaceutique


Depuis les années 1990, des lobbys pharmaceutiques ont poussé les médecins généralistes aux USA à prescrire très largement à leur patient des antidouleurs à base de dérivés d’opiacés. C’est le cas en particulier de l’OxyContin, développé par Purdue Pharma, et qui était présenté comme un antidouleur ne provoquant pratiquement aucune dépendance. Sauf que c’était un mensonge… et que sa vente massive a provoqué une vague d’addiction et de morts par overdose. 

Si vous avez déjà vu Dopesick, l’excellente mini-série sortie sur Disney+ sur le même sujet, en 2021, vous ne serez pas surpris par PainKiller. Mais l’approche est un peu différente cette fois, avec un ton franchement caustique et une mise en scène de Peter Berg nerveuse et même parfois assez frénétique, un peu à la manière d’Adam McKay, pour une plongée glaçante dans le cynisme de Purdue Pharma et son PDG. Avant chaque épisode, une mère et/ou un père, face caméra, rappelle que le programme est basé sur des faits réels, même si certains personnages sont fictifs ou certains éléments romancés pour les besoins de l’intrigue. Mais ce qui n’est pas romancé, c’est la mort, à cause de l’OxyContin, de leur fils ou leur fille dont ils montrent la photo. Si ces témoignages ont le mérite de rappeler que ce qui nous est raconté s’est bel et bien passé, aussi incroyable que cela puisse paraître, le procédé, systématique, est quand même un peu appuyé… 

Le récit est basé sur le témoignage du personnage principal, une enquêtrice au bureau d'un procureur qui a enquêté sur l’OxyContin après avoir été interpellée, un peu par hasard, par la quantité impressionnante de prescriptions qu’en faisait un médecin, pensant d’abord à une fraude. Trois fils narratifs s’entremêlent : une jeune femme qui veut gravir les échelons et amasser un max d’oseille en étant VRP de l’OxyContin auprès des médecins, un père de famille à qui est prescrit de l’OxyContin à la suite d’un accident de travail et qui va devenir accro, et enfin Richard Sackler (incarné par un Matthew Broderick glaçant), le PDG de Perdue Pharma, dont le seul but est de vendre le plus possible de pilulles de son médicament, par tous les moyens, au prix d’études bidons, de publicités mensongères, et de manipulations diverses. Ce qui, il faut bien le dire, est d’un cynisme absolu et révoltant, quand on sait que l’OxyContin serait à l’origine de plus de 300 000 morts par overdose.  

Dopesick était sans doute plus sobre, plus posé et centré plutôt sur les victimes, PainKiller est plus corrosif et subjectif, et plutôt centré sur Richard Sackler, présenté comme obsédé par la figure de son oncle, son modèle auquel il a succédé à la tête de l’entreprise familiale, et avec le fantôme duquel il “dialogue” tout au long de la série. On peut préférer l’une ou l’autre approche (j’aurais sans doute une petite préférence pour Dopesick…), mais elles se complètent, pour dénoncer un scandale sanitaire terrible, et aussi plus largement les failles du système, notamment médical, judiciaire et politique, les effets délétères d’un capitalisme sauvage, le pouvoir destructeur de l’argent et de l’appât du gain. 

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PainKiller, une mini-série de Noah Harpster et Micah Fitzerman-Blue
avec Matthew Broderick, Uzo Aduba, Taylor Kitsch
6 épisodes disponibles sur Netflix

dimanche 23 juillet 2023

Inside No. 9 (saisons 7 et 8) : Toujours un régal à l'humour très noir

 
Les saisons 7 et 8 de l’excellente série britannique Inside No. 9 sont disponibles depuis quelques jours sur www.arte.tv. Et c’est encore une fois à ne pas manquer ! Le risque des séries d’anthologie, avec des épisodes indépendants les uns des autres, c’est de ne plus savoir se renouveler. C’est le cas, par exemple, de Black Mirror, dont les deux dernières saisons sont très décevantes. Mais Inside No. 9, c’est toujours aussi bon ! 

On retrouve dans ces deux nouvelles saisons les mêmes ingrédients redoutablement efficaces : des épisodes de 30 minutes, avec pour seul point commun le fait que l’action se déroule toujours au numéro 9. Les histoires racontées sont souvent caustiques, délicieusement saupoudrés d’humour (très) noir, et toujours avec une chute surprenante, inattendue, drôle, cynique ou terrible (et même parfois un mélange de tout cela). Les deux scénaristes de la série, Reece Shearsmith et Steve Pemberton, sont aussi toujours les deux acteurs principaux de chaque épisode (à part, et c’est la première fois je crois, pour un épisode de la saison 8). La série propose un mélange des genres étonnant, de la comédie au drame, en passant par l’horreur ou le mystère… parfois au sein d’un même épisode. Il n’est pas rare qu’un récit nous émeuve avant de nous terrifier, ou nous fait rire avant de nous glacer, à la suite d’un retournement de situation inattendu. 

Certaines histoires font référence à des questions contemporaines, comme “Monsieur Leroy” (saison 7, épisode 2), où un nouveau maître d’école doit faire face à une classe vraiment très concernée par les questions liées à l’écologie, ou “L’amour cet inconnu” (saison 8, épisode 4) autour des sites de rencontre en ligne. D’autres abordent des thématiques lourdes et intimes comme dans “Pas fou-fou le hibou” (saison 7, épisode 6) sur les lourds passifs familiaux ou “Le dernier week-end” (saison 8, épisode 6) autour du deuil (entre autres). Toutes méritent d'être découvertes, comme l'étonnant épisode "Les reliques de Saint-Nicolas" (saison 8, épisode 1) ou le très drôle “Paraskévidékatriaphobie” (saison 8, épisode 3) qui raconte la journée d’un homme superstitieux, un vendredi 13. On est presque toujours surpris par le dénouement de l’histoire, qui n’est jamais celui auquel on s’attend. 

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Inside No. 9, une série créée par Reece Shearsmith et Steve Pemberton
avec Reece Shearsmith et Steve Pemberton
Saisons 7 et 8 disponibles sur www.arte.tv 

jeudi 13 juillet 2023

Platonic : une série légère et drôle sur l'amitié et la crise de la quarantaine

 

Sylvia et Will étaient les meilleurs amis du monde. Mais ça, c’était il y a vingt ans. Depuis, ils se sont perdus de vue. Aujourd’hui Sylvia est mariée, mère de trois enfants et elle a interrompu sa carrière d’avocate pour les élever. Will, quant à lui, vient juste de divorcer et a ouvert son propre bar à bières. Sylvia, apprenant le divorce de Will, décide de reprendre contact avec lui. Très vite, leur complicité repart de plus belle ! 

Comme son titre l'indique, la problématique centrale de la série tourne autour de l’amitié et plus précisément cette question : est-il possible pour un homme et une femme d’être les meilleurs amis du monde, d’être très proches l’un de l’autre et complices, tout en gardant une relation strictement platonique ? Car leur amitié retrouvée va interpeller un peu leur entourage, à commencer par Charlie, le mari “parfait” de Sylvia. Mais la série est aussi l’occasion d’évoquer la crise de la quarantaine et ses remises en questions personnelles, professionnelles, de couple, etc. 

Cela dit, Platonic est bien une série de comédie, légère et drôle, sans prise de tête, portée par un duo qui fait des étincelles : Rose Byrne et Seth Rogen, amis dans la vraie vie. Ils sont tous les deux parfaits et très drôles, elle en mère de famille frustrée et lui en ado attardés qui, ensemble, font les 400 coups et redeviennent des vrais gamins. Autour d’eux gravitent toute une série de personnages, avec une mention particulière pour Charlie, le mari toujours conciliant (enfin, jusqu'à un certain point), incarné par Luke MacFarlane.

Platonic est une série vraiment réjouissante, bien écrite, qui parle avec légèreté, mais non sans pertinence, de l’amitié, du couple, de la réussite… et de l’importance de rester, au moins un peu, des enfants. 

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Platonic, une série créée par Nicholas Stoller et Francesca Delbanco
avec Rose Byrne, Seth Rogen, Luke MacFarlane
10 épisodes de 30 minutes environ, disponibles sur Apple TV+