vendredi 16 août 2024

Kleo : Un retour toujours aussi barré en Allemagne de l'Est

 

Kleo est de retour ! Et ça va de nouveau saigner… L’ex-espionne est-allemande revient, toujours aussi dangereuse et toujours aussi en colère. Le ton de cette série allemande très réjouissante - et adoubée par Stephen King ! - fonctionne toujours aussi bien. Après une saison 1 qui avait créé la surprise, la saison 2 confirme : Kleo est une série d’espionnage très originale, abracadabrantesque, pleine d’humour et d’action, qui propose une version alternative et franchement barrée de la Guerre Froide, au moment de la chute du mur de Berlin. 

Suite directe de la première saison, le récit reprend la chasse à la fameuse valise rouge qui contient un secret capable de faire vaciller le monde et qui attise forcément la convoitise de tous les services secrets. On retrouve aussi la même galerie de personnages ubuesques (enrichie de quelques nouveaux venus), dans un récit qui, une fois de plus, va tourner au jeu de massacre. Mais dans cette saison, Kleo va devoir aussi explorer des souvenirs effacés de son enfance pour mener sa quête… et elle n’est pas au bout de ses surprises ! 

Insolite et très réjouissante, Kleo est une réussite, surtout si vous êtes amateur de récit décalé et d’humour noir. Et compte tenu du dernier twist à la toute fin de l’épisode final, ce n’est pas terminé : une saison 3 est de toute évidence en préparation, et on ne peut que s’en réjouir ! 

-------
Kleo (saison 2), une série créée par Hanno Hackfort, Richard Kropf et Bob Konrad
avec Jella Haase, Dimitrij Schaad, Julius Feldmeier
6 épisodes disponibles sur Netflix

mardi 13 août 2024

House of the Dragon (saison 2) : War is coming ! Mais pas tout de suite...

 

Deux ans d’attente pour connaître la suite de la série préquel de Game of Thrones dont l’action se déroule quelque 200 ans plus tôt. On retrouve avec plaisir ce qui fait toute la valeur de la série : des décors et des costumes somptueux, une réalisation extrêmement soignée, avec un travail remarquable sur la lumière, et des effets spéciaux réussis (notamment pour l’animation des dragons impressionnants). Esthétiquement, il n’y a rien à dire : House of the Dragon est au top. 

Au niveau de l’histoire, sans trop spoiler, disons qu’à la fin de la saison, la guerre qu’on sentait imminente n’est toujours pas déclarée, malgré quelques escarmouches (tout de même très dévastatrices lorsque des dragons sont dans le coup…). Et puis il y a quand même quelques personnages importants qui meurent, comme toujours dans l'univers de Game of Thrones. Alors certains diront sans doute que c’est une saison d’attente (à la fin, plus aucun doute n’est possible, la saison 3 sera celle de l’affrontement inévitable, tout est désormais vraiment en place… et ça va saigner !), voire une saison frustrante, notamment pour les amateurs de scènes épiques et de grandes batailles, qui trouveront sans doute que le récit est lent et certains épisodes bavards…. Mais House of the Dragon est avant tout une série politique, sur le pouvoir, avec ses jeux d’influences, ses alliances et ses trahisons. Avec aussi ses hésitations, ses atermoiements, ses incertitudes et ses résistances. Et cette saison 2 prend le temps de le montrer. 

Au coeur de l’intrigue, il y a cette tentative de repousser autant que possible la guerre, d’envisager jusqu’au bout une solution pacifique, notamment à l’initiative des deux personnages féminins principaux du récit, Rhaenyra et Alicent, incarnées avec brio par Emma d’Arcy et Olivia Cooke. Parce que les hommes, de leur côté, ne demandent qu’à en découdre, quel que soit le camp auquel ils appartiennent ! Je trouve ce choix de scénario intéressant. Et s’il entretient une certaine frustration, c’est sans doute fait exprès ! 

Il faudra maintenant encore attendre deux ans pour connaître la suite avec la saison 3 (4 saisons sont prévues au total). Mais une série d’une telle ampleur demande du temps pour être fabriquée ! Décidément, encore une frustration que le spectateur devra accepter. Si le résultat est à la hauteur, ça en vaut la peine ! 

-------
House of the Dragon (saison 2), une série créée par George R.R. Martin et Ryan J. Condal
avec Emma D'Arcy, Olivia Cooke, Matt Smith
8 épisodes disponibles sur Max
 

vendredi 26 juillet 2024

Présummé innocent : un thriller psychologique et un récit de procès efficaces

 

Rusty Sabich est un brillant procureur. Il se retrouve tout à coup accusé du meurtre d’une jeune collègue avec laquelle il avait une liaison passionnelle…  

Le roman éponyme, écrit par Scott Turow, a déjà été l’objet d’une adaptation au cinéma, dans un film d’Alan J. Pakula, avec Harrison Ford, en 1990. Cette fois c’est en série que l’histoire est adaptée (avec pas mal de différences dans le scénario). Huit épisodes, c’est peut-être quand même un peu long. Un ou deux épisodes de moins n'auraient sans doute pas nuit à l’intrigue, même si la série parvient à garder le suspense en entretenant savamment une ambiguïté tenace autour de l’accusé, grâce à une narration sinueuse qui brouille les pistes. 

Il faut attendre le dernier épisode pour avoir le verdict… que je ne révélerai pas ici. Et surtout, il faut attendre la toute fin du dernier épisode pour connaître le fin mot de l’histoire. Je ne dirai pas non plus ici s’il correspond au verdict du procès ! 

Thriller psychologique et récit de procès efficaces, la série bénéficie d’un excellent casting avec notamment, autour du toujours impeccable Jake Gyllenhaal, les excellents Ruth Negga, Peter Sarsgaard et Bill Camp. 

-------
Présumé innocent, une série créée par David E. Kelley
avec Jake Gyllenhaal, Ruth Negga, Bill Camp
8 épisodes disponibles sur Apple TV+

dimanche 21 juillet 2024

The Bear (saison 3) : La recette évolue un peu mais c'est toujours un régal !

 

The Bear revient enfin, et on en avait l’eau à la bouche, tant les deux premières saisons nous avaient régalé ! Cela dit, la série a fait quelque peu évoluer sa recette. Si on retrouve globalement les mêmes ingrédients que dans les deux premières saisons, le ton général est plus à l’introspection. On a bien un ou deux épisodes rythmés, aux dialogues acérés et vifs et au montage nerveux qu’on apprécie. La saison est toutefois plus marquée par les interrogations et les doutes de ses personnages. Carmen s’enferme dans son perfectionnisme. Sydney est de plus en plus indécise quant à son avenir. L’un et l’autre sont prêts à craquer… Et la fin de la saison, qui n’en est pas vraiment une, nous laisse dans l’expectative. Heureusement que le “to be continued” final nous rassure pour la saison 4 qui est prévue depuis un certain temps déjà. 

Chaque épisode a son identité. Certains sont presque entièrement concentrés sur un des personnages secondaires de la série. L’épisode flashback autour de Tina est sans doute le plus émouvant de la saison. Un petit bijou. Et celui centré sur Natalie permet de retrouver aussi le personnage haut en couleur de la mère, incarnée par Jamie Lee Curtis. Car plusieurs guests aussi font leur retour dans cette saison, avec un plus un petit nouveau, John Cena, pour un épisode très drôle autour des deux frères Fak. 

La saison commence avec un épisode qui donne le ton. Très peu de dialogues pour une succession d’images qui mêle le passé et le présent, et même le futur puisque certaines scènes se retrouveront dans la suite de la saison. Une façon déstructurée, mais assez magistrale, d’évoquer le chemin parcouru par Carmen, son apprentissage de la cuisine faite de rencontres et de découvertes, mais aussi d’humiliations et de souffrances, et de nous préparer par la même occasion à la suite de la saison.

A la fin, si on reste, forcément, un peu sur notre faim pour une intrigue qui reste irrésolue, c’est bien aussi parce que cette saison 3 était celle des interrogations et des remises en question. On aura toutefois eu l’occasion de s’arrêter vraiment sur les personnages (on aurait peut-être aimé passer un peu plus de temps avec Marcus), et on espère que la saison 4 (la dernière ?) sera celle des réponses et des résolutions. 

The Bear demeure incontestablement une des toutes meilleures séries du moment, avec une qualité d’écriture et de réalisation au-dessus du lot, et une interprétation de haut vol pour incarner des personnages touchants, et parfois énervants. Des personnages très humains... Et c’est pour ça qu’on les aime ! 

-------
The Bear (saison 3), une série créée par Christopher Storer
avec Jeremy Allen White, Ayo Edebiri, Ebon Moss-Bachrach
10 épisodes disponibles sur Disney+

vendredi 19 juillet 2024

The Boys (saison 4) : Toujours aussi trash et caustique mais un essoufflement se confirme

 

The Boys, c’est une des séries phénomènes du moment, qui se déroule dans une Amérique fictive où les superhéros pullulent, des héros qui pour la plupart sont des gens bien peu recommandables, quand ce ne sont pas tout simplement des salauds avides de pouvoir.  

La saison 4 vient de se terminer et c’est toujours aussi trash, violent, sanglant et caustique. Mais je trouve que l'essoufflement que j’avais déjà ressenti pour la saison 3 a tendance à se confirmer. Le propos politique de la série, avec sa charge anti-Trump, est encore plus explicite désormais. C’est d’ailleurs sans doute une des limites de la série : son attaque non seulement frontale mais franchement très appuyée contre la droite conservatrice américaine devient un peu lourdingue. C’était sans doute plus intéressant quand la critique était plus subtile et plus large… 

Cela ne veut pas dire que la série soit devenue sans intérêt. Son ton caustique et son humour noir, son côté provocateur qui fait voler en éclat les limites, y compris celles du bon goût, gardent un certain côté jouissif qui fonctionne un peu par intermittence. Certains épisodes sont réussis, comme par exemple, celui qui se déroule à la ferme et qui est complètement dément. 

Par ailleurs, le final de la saison fournit un lien explicite avec Gen V, le spin-off de The Boys, dont la saison 1 a finalement été plus intéressante que les deux dernières saisons de la série d’origine. Un rapprochement des deux intrigues pourrait ouvrir de nouvelles perspectives, avant la cinquième et dernière saison annoncée pour The Boys. A suivre... 

-------
The Boys (saison 4), une série crée par Eric Kripke
avec Karl Urban, Jack Quaid, Antony Starr
8 épisodes disponibles sur Amazon Prime Video