vendredi 26 juillet 2024

Présummé innocent : un thriller psychologique et un récit de procès efficaces

 

Rusty Sabich est un brillant procureur. Il se retrouve tout à coup accusé du meurtre d’une jeune collègue avec laquelle il avait une liaison passionnelle…  

Le roman éponyme, écrit par Scott Turow, a déjà été l’objet d’une adaptation au cinéma, dans un film d’Alan J. Pakula, avec Harrison Ford, en 1990. Cette fois c’est en série que l’histoire est adaptée (avec pas mal de différences dans le scénario). Huit épisodes, c’est peut-être quand même un peu long. Un ou deux épisodes de moins n'auraient sans doute pas nuit à l’intrigue, même si la série parvient à garder le suspense en entretenant savamment une ambiguïté tenace autour de l’accusé, grâce à une narration sinueuse qui brouille les pistes. 

Il faut attendre le dernier épisode pour avoir le verdict… que je ne révélerai pas ici. Et surtout, il faut attendre la toute fin du dernier épisode pour connaître le fin mot de l’histoire. Je ne dirai pas non plus ici s’il correspond au verdict du procès ! 

Thriller psychologique et récit de procès efficaces, la série bénéficie d’un excellent casting avec notamment, autour du toujours impeccable Jake Gyllenhaal, les excellents Ruth Negga, Peter Sarsgaard et Bill Camp. 

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Présumé innocent, une série créée par David E. Kelley
avec Jake Gyllenhaal, Ruth Negga, Bill Camp
8 épisodes disponibles sur Apple TV+

dimanche 21 juillet 2024

The Bear (saison 3) : La recette évolue un peu mais c'est toujours un régal !

 

The Bear revient enfin, et on en avait l’eau à la bouche, tant les deux premières saisons nous avaient régalé ! Cela dit, la série a fait quelque peu évoluer sa recette. Si on retrouve globalement les mêmes ingrédients que dans les deux premières saisons, le ton général est plus à l’introspection. On a bien un ou deux épisodes rythmés, aux dialogues acérés et vifs et au montage nerveux qu’on apprécie. La saison est toutefois plus marquée par les interrogations et les doutes de ses personnages. Carmen s’enferme dans son perfectionnisme. Sydney est de plus en plus indécise quant à son avenir. L’un et l’autre sont prêts à craquer… Et la fin de la saison, qui n’en est pas vraiment une, nous laisse dans l’expectative. Heureusement que le “to be continued” final nous rassure pour la saison 4 qui est prévue depuis un certain temps déjà. 

Chaque épisode a son identité. Certains sont presque entièrement concentrés sur un des personnages secondaires de la série. L’épisode flashback autour de Tina est sans doute le plus émouvant de la saison. Un petit bijou. Et celui centré sur Natalie permet de retrouver aussi le personnage haut en couleur de la mère, incarnée par Jamie Lee Curtis. Car plusieurs guests aussi font leur retour dans cette saison, avec un plus un petit nouveau, John Cena, pour un épisode très drôle autour des deux frères Fak. 

La saison commence avec un épisode qui donne le ton. Très peu de dialogues pour une succession d’images qui mêle le passé et le présent, et même le futur puisque certaines scènes se retrouveront dans la suite de la saison. Une façon déstructurée, mais assez magistrale, d’évoquer le chemin parcouru par Carmen, son apprentissage de la cuisine faite de rencontres et de découvertes, mais aussi d’humiliations et de souffrances, et de nous préparer par la même occasion à la suite de la saison.

A la fin, si on reste, forcément, un peu sur notre faim pour une intrigue qui reste irrésolue, c’est bien aussi parce que cette saison 3 était celle des interrogations et des remises en question. On aura toutefois eu l’occasion de s’arrêter vraiment sur les personnages (on aurait peut-être aimé passer un peu plus de temps avec Marcus), et on espère que la saison 4 (la dernière ?) sera celle des réponses et des résolutions. 

The Bear demeure incontestablement une des toutes meilleures séries du moment, avec une qualité d’écriture et de réalisation au-dessus du lot, et une interprétation de haut vol pour incarner des personnages touchants, et parfois énervants. Des personnages très humains... Et c’est pour ça qu’on les aime ! 

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The Bear (saison 3), une série créée par Christopher Storer
avec Jeremy Allen White, Ayo Edebiri, Ebon Moss-Bachrach
10 épisodes disponibles sur Disney+

vendredi 19 juillet 2024

The Boys (saison 4) : Toujours aussi trash et caustique mais un essoufflement se confirme

 

The Boys, c’est une des séries phénomènes du moment, qui se déroule dans une Amérique fictive où les superhéros pullulent, des héros qui pour la plupart sont des gens bien peu recommandables, quand ce ne sont pas tout simplement des salauds avides de pouvoir.  

La saison 4 vient de se terminer et c’est toujours aussi trash, violent, sanglant et caustique. Mais je trouve que l'essoufflement que j’avais déjà ressenti pour la saison 3 a tendance à se confirmer. Le propos politique de la série, avec sa charge anti-Trump, est encore plus explicite désormais. C’est d’ailleurs sans doute une des limites de la série : son attaque non seulement frontale mais franchement très appuyée contre la droite conservatrice américaine devient un peu lourdingue. C’était sans doute plus intéressant quand la critique était plus subtile et plus large… 

Cela ne veut pas dire que la série soit devenue sans intérêt. Son ton caustique et son humour noir, son côté provocateur qui fait voler en éclat les limites, y compris celles du bon goût, gardent un certain côté jouissif qui fonctionne un peu par intermittence. Certains épisodes sont réussis, comme par exemple, celui qui se déroule à la ferme et qui est complètement dément. 

Par ailleurs, le final de la saison fournit un lien explicite avec Gen V, le spin-off de The Boys, dont la saison 1 a finalement été plus intéressante que les deux dernières saisons de la série d’origine. Un rapprochement des deux intrigues pourrait ouvrir de nouvelles perspectives, avant la cinquième et dernière saison annoncée pour The Boys. A suivre... 

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The Boys (saison 4), une série crée par Eric Kripke
avec Karl Urban, Jack Quaid, Antony Starr
8 épisodes disponibles sur Amazon Prime Video

jeudi 18 juillet 2024

Star Wars - The Acolyte : La série s'en sort plutôt bien, bilan globalement positif

La nouvelle série Star Wars vient de se terminer sur Disney+. Les séries en live action dans l’univers de Star Wars n’ayant pas toutes convaincu, loin de là, on attendait la petite dernière avec un peu d'appréhension... Sans être une grande série et sans atteindre la qualité à ce jour inégalée d’Andor, dont on attend avec impatience la saison 2, The Acolyte s’en sort plutôt bien, se hissant probablement à un niveau semblable à The Mandalorian

Du côté positif, l’histoire s’insère bien dans l’univers de Star Wars, un siècle avant la naissance de l’Empire, et avec la mise en place de plusieurs éléments essentiels préparant la prélogie. Il y a aussi les scènes de combats au sabre laser, qui sont souvent spectaculaires. Et puis l’incertitude liée au sort des différents personnages : sans trop spoiler, disons simplement qu’il y a des morts, et pas seulement chez des personnages secondaires de l’intrigue. 

Du côté négatif, la saison accuse quelques baisses de tension, ce qui est un peu dommage dans une série si courte (8 épisodes de moins de 40 minutes), et les dialogues ne sont pas toujours extraordinairement inspirés... 

Le bilan est donc globalement positif. L’épisode final ouvre des pistes intéressantes pour la suite, notamment avec l’apparition succincte de deux personnages, bien connus des fans, et sans doute appelés à jouer un rôle important dans la saison 2 qui, si elle n’est pas encore officiellement commandée, est clairement envisagée par les scénaristes.

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Star Wars : The Acolyte, une série créée par Leslye Headland
avec Amandla Stenberg, Jung-jae Lee, Charlie Barnett
8 épisodes disponibles sur Disney+

vendredi 14 juin 2024

Becoming Karl Lagerfeld : Portrait d’un personnage mystérieux en quête de reconnaissance

En 1972, Karl Lagerfeld a 38 ans. Il se définit lui-même comme mercenaire du prêt-à-porter mais son ambition est de devenir le couturier le plus reconnu, à une époque où le roi incontesté de la mode est Yves Saint Laurent et où Pierre Bergé règne sans partage à la tête de la plus prestigieuse maison de couture. C’est aussi l’année où Karl Lagerfeld rencontre Jacques de Bascher, jeune dandy séducteur et fantasque… 

Librement inspiré de la vie de Karl Lagerfeld, la série n’est pas un biopic classique qui évoquerait la vie de son personnage principal, ni même l’ensemble de sa carrière. La bonne idée du scénario est de s’être limité à une durée d’une dizaine d’années, jusqu’au tout début des années 80, le récit s’arrêtant au moment où Karl Lagerfeld s’apprête à être embauché comme directeur artistique de Chanel. Ce sont les années charnières au cours desquelles Karl est devenu Lagerfeld. 

C’est le portrait d’un homme mystérieux, qui s’est construit une carapace et a façonné un personnage, de sa solitude et de sa quête immense de reconnaissance. C’est aussi l’histoire d’une ambition et d’une revanche, celle d’un créateur de mode négligé par ses pairs et qui veut réussir, être reconnu pour son talent. C’est enfin le portrait d’une époque, les années 70, avec leurs excès et leur insouciance, avant les années SIDA, sous le prisme du petit monde de la mode. Tout le travail de reconstitution (costumes, décors...) est remarquable et d'une grande précision. 

La série évoque la relation essentielle de Karl avec sa mère, sa rivalité avec Yves Saint Laurent, ses rapports compliqués avec Pierre Bergé, et surtout son histoire d’amour complexe, tourmentée et contrariée avec Jacques de Bascher. Il y a du tragique dans cette histoire, très bien mise en scène par Jérôme Salle et Audrey Estrougo qui se répartissent la réalisation des épisodes. 

Le casting est remarquable. On savait déjà Daniel Brühl bon acteur, il est excellent dans le rôle de Karl Lagerfeld. Il y a aussi la révélation de Théodore Pellerin, acteur canadien déjà croisé en Marquis de Lafayette dans la série Franklin, qui incarne brillamment Jacques de Bascher. A noter également la bande originale très réussie composée par Sacha et Evgueni Galperine. 

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Becoming Karl Lagerfeld, une série créée par Isaure Pisani-Ferry et Jennifer Have 
avec Daniel Brühl, Théodore Pellerin, Alex Lutz, Arnaud Valois
6 épisodes disponibles sur Disney+