Victoria, une jeune espagnole qui vit depuis peu à Berlin, rencontre quatre jeunes gens à la sortie d'une boîte de nuit. Elle finit par les suivre pour une virée nocturne qui tournera finalement au cauchemar.
La grande originalité du film est qu'il est constitué d'un unique plan séquence de 2h20. On vit donc l'action en temps réel, de la première à la dernière image. Ca donne un côté un peu expérimental au film qui est à la fois sa force et sa faiblesse.
Le film n'est donc pas parfait. Il y a quelques invraisemblances dans le scénario, une intrigue qui peine un peu à démarrer... Mais quand le cauchemar se met en marche, le film devient assez haletant. Tourné caméra à l'épaule, avec des plans le plus souvent rapprochés, une image instable, le film crée un sentiment d'urgence assez étonnant. A noter aussi que les jeunes acteurs s'en sortent très bien.
En tout cas, quelle prouesse de réaliser un tel tournage ! Impressionnant. Un film vraiment pas comme les autres.
mercredi 8 juillet 2015
mardi 7 juillet 2015
Love & Mercy : Biopic passionnant et plongée dans l'esprit d'un génie créateur
Love & Mercy est un biopic passionnant sur la vie de Brian Wilson, compositeur et leader des Beach Boys. L'excellente idée du scénario est de concentrer le récit sur deux périodes précises de la vie du musicien : dans les années 60, au sommet de la gloire, quand les problèmes névrotiques de Brian Wilson s'intensifient ; et une vingtaine d'année plus tard, alors que Brian Wilson est cloîtré chez lui, complètement sous l'emprise de son médecin, au moment où il rencontre la femme qui le sauvera. Le film oscille entre ces deux périodes de la vie du musicien.
Le film est passionnant pour plusieurs raisons. D'abord pour la véritable plongée qu'il propose dans le processus créateur d'un esprit génial mais fragilisé par son enfance difficile, notamment avec la figure oppressante et violente de son père, dont l'emprise se poursuit. Le musicien doit faire face à ses angoisses et ses voix intérieurs pour laisser éclater son génie créateur. Les séances d'enregistrement dans les studios sont aussi formidables, en totale immersion.
Passionnant aussi pour l'histoire d'amour et de rédemption d'un homme brisé, prisonnier d'un médecin qui l'a isolé de sa famille et de ses proches. Une rédemption grâce à l'amour d'une femme, grâce à sa douceur et sa patience, autant que sa fermeté.
Passionnant enfin pour la performance des acteurs. Paul Dano pour le Brian Wilson des années 60 et John Cusack pour celui des années 80 sont tout simplement extraordinaires. Mais il faut aussi mentionner l'interprétation touchante d'Elizabeth Banks et, surtout, la performance de Paul Giamatti, inquiétant dans le rôle du Dr Landry.
Quant à la réalisation de Bill Pohlad, elle est remarquable et arrive à nous faire pénétrer dans l'esprit tourmenté de Brian Wilson ou vivre de l'intérieur un enregistrement en studio. Passionnant. Vraiment.
Le film est passionnant pour plusieurs raisons. D'abord pour la véritable plongée qu'il propose dans le processus créateur d'un esprit génial mais fragilisé par son enfance difficile, notamment avec la figure oppressante et violente de son père, dont l'emprise se poursuit. Le musicien doit faire face à ses angoisses et ses voix intérieurs pour laisser éclater son génie créateur. Les séances d'enregistrement dans les studios sont aussi formidables, en totale immersion.
Passionnant aussi pour l'histoire d'amour et de rédemption d'un homme brisé, prisonnier d'un médecin qui l'a isolé de sa famille et de ses proches. Une rédemption grâce à l'amour d'une femme, grâce à sa douceur et sa patience, autant que sa fermeté.
Passionnant enfin pour la performance des acteurs. Paul Dano pour le Brian Wilson des années 60 et John Cusack pour celui des années 80 sont tout simplement extraordinaires. Mais il faut aussi mentionner l'interprétation touchante d'Elizabeth Banks et, surtout, la performance de Paul Giamatti, inquiétant dans le rôle du Dr Landry.
Quant à la réalisation de Bill Pohlad, elle est remarquable et arrive à nous faire pénétrer dans l'esprit tourmenté de Brian Wilson ou vivre de l'intérieur un enregistrement en studio. Passionnant. Vraiment.
lundi 6 juillet 2015
Tale of Tales : étonnant conte onirique et cruel
Dans Tale of Tales, trois récits s'entremêlent : une reine prête à tout pour avoir un enfant ; un roi libertin qui tombe amoureux d'une femme en l'entendant chanter, sans savoir qu'elle est vieille et laide ; un autre roi, fasciné par un étrange animal, au point de négliger sa fille unique qui se retrouvera mariée à un ogre.
Nous voilà bien dans un conte, avec des rois et des reines, des princes et des princesses, des monstres et des sorcières... avec, bien-sûr, des décors et des costumes baroques, de circonstance, mis en valeur par une belle photographie. Le tout est porté par la musique d'Alexandre Desplat, encore une fois excellente, qui ajoute encore à la dimension onirique du film, et mis en scène de façon élégante par Matteo Garrone
Pour pleinement apprécier le film, il faut se laisser porter, accepter les invraisemblances (on est dans un conte : tout est possible)... et la magie opère ! Mais comme souvent dans les contes, les histoires sont cruelles, parfois sombres. et tournent autour de grandes questions comme le désir d'enfants, la quête de l'éternelle jeunesse, le piège des apparences, les difficultés de la paternité... Ces questions sont abordées avec le langage symbolique du conte. A cet égard, j'ai particulièrement été touché par le très beau dénouement de l'histoire avec Salma Hayek.
Tale of Tales est vraiment un film étonnant, entre rêve et cauchemar, un triple conte assez fascinant.
Nous voilà bien dans un conte, avec des rois et des reines, des princes et des princesses, des monstres et des sorcières... avec, bien-sûr, des décors et des costumes baroques, de circonstance, mis en valeur par une belle photographie. Le tout est porté par la musique d'Alexandre Desplat, encore une fois excellente, qui ajoute encore à la dimension onirique du film, et mis en scène de façon élégante par Matteo Garrone
Pour pleinement apprécier le film, il faut se laisser porter, accepter les invraisemblances (on est dans un conte : tout est possible)... et la magie opère ! Mais comme souvent dans les contes, les histoires sont cruelles, parfois sombres. et tournent autour de grandes questions comme le désir d'enfants, la quête de l'éternelle jeunesse, le piège des apparences, les difficultés de la paternité... Ces questions sont abordées avec le langage symbolique du conte. A cet égard, j'ai particulièrement été touché par le très beau dénouement de l'histoire avec Salma Hayek.
Tale of Tales est vraiment un film étonnant, entre rêve et cauchemar, un triple conte assez fascinant.
lundi 29 juin 2015
Mustang : Un film fort, un cri pour la liberté. Magnifique.
Dans un village reculé de Turquie, Lale et ses quatre sœurs vivent dans la maison de leur oncle, élevées par leur grand mère. Un jour, elle rentrent de l’école en jouant avec des garçons. Pourtant, ces jeux innocents déclenchent un scandale dans la maison familiale qui va se transformer petit à petit en prison pour les cinq soeurs. Puis des mariages forcés commencent à s'arranger. Elles essayent alors d'échapper à cette emprise.
Mustang, premier film de la réalisatrice franco-turque Deniz Gamze Ergüven, est extrêmement fort. Un vrai cri pour la liberté, en particulier celle des femmes en Turquie, où certaines traditions d'un autre âge les enferment dans de véritables prisons.
Sur un sujet grave, Mustang trouve le ton juste. Le film est parfois oppressant, violent et dur. Mais il contient aussi de magnifiques bouffées de liberté (la scène d'ouverture, la scène incroyable de l'échappée pour aller voir le match de foot) et il réserve aussi plusieurs scènes drôles et légères. Mustang est un film fort mais pas pesant du tout.
Et au coeur du film, il y a ces cinq soeurs, solidaires, qui s'efforcent de résister... Elles sont incarnées par cinq jeunes actrices magnifiques. Ce sont d'elles que proviennent la lumière ! Avec aussi de quelques autres personnages secondaires, comme le livreur de fruits et légumes. Mustang est donc un film dramatique mais aussi un film porteur d'espoir.
A noter enfin, la très belle bande son, notamment avec la magnifique musique de Warren Ellis, qui porte formidablement les scènes fortes en émotion. Et des émotions, Mustang nous en réserve beaucoup, jusqu'au final bouleversant. La force du film se mesure aussi à l'émotion qui reste chez le spectateur, bien après la fin du générique. Magnifique.
Mustang, premier film de la réalisatrice franco-turque Deniz Gamze Ergüven, est extrêmement fort. Un vrai cri pour la liberté, en particulier celle des femmes en Turquie, où certaines traditions d'un autre âge les enferment dans de véritables prisons.
Sur un sujet grave, Mustang trouve le ton juste. Le film est parfois oppressant, violent et dur. Mais il contient aussi de magnifiques bouffées de liberté (la scène d'ouverture, la scène incroyable de l'échappée pour aller voir le match de foot) et il réserve aussi plusieurs scènes drôles et légères. Mustang est un film fort mais pas pesant du tout.
Et au coeur du film, il y a ces cinq soeurs, solidaires, qui s'efforcent de résister... Elles sont incarnées par cinq jeunes actrices magnifiques. Ce sont d'elles que proviennent la lumière ! Avec aussi de quelques autres personnages secondaires, comme le livreur de fruits et légumes. Mustang est donc un film dramatique mais aussi un film porteur d'espoir.
A noter enfin, la très belle bande son, notamment avec la magnifique musique de Warren Ellis, qui porte formidablement les scènes fortes en émotion. Et des émotions, Mustang nous en réserve beaucoup, jusqu'au final bouleversant. La force du film se mesure aussi à l'émotion qui reste chez le spectateur, bien après la fin du générique. Magnifique.
Vice-versa : drôle, tendre et malin !
Réalisateur de Là-haut, scénariste des différents Toy Story : Pete Docter, c'est l'assurance du meilleur de Pixar ! Et Vice-versa le confirme.
Au Quartier Général dans la tête de la petite Riley, 11 ans, cinq émotions sont au travail : Joie, Colère, Peur, Dégoût et Tristesse. Lorsque la famille de Riley emménage à San Francisco, elles ont fort à faire pour guider la jeune fille dans cette période difficile. Et lorsque joie et tristesse se retrouvent accidentellement perdues dans les recoins les plus reculés de l'esprit de Riley, Peur, Dégoût et Colère se retrouvent seuls aux commandes...
Vice-versa propose une regard malin et amusé sur l'esprit humain et sur l'enfance, avec plein de clins d'oeil. Il se dégage aussi du film une vraie tendresse, pleine... d'émotion.
La qualité de l'animation est, évidemment, impeccable, avec une constante invention pour les lieux et les personnages rencontrés dans l'esprit de Riley.
Vice-versa est un vrai divertissement familial de qualité, pour le plus grand bonheur des petits et des grands.
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