Le thriller politique de Netflix, aux accents féministes, autour de la figure d’une diplomate américaine parachutée à Londres en pleine crise internationale, avec son mari sur le dos, est de retour depuis quelques jours. La fin de la saison 1 nous avait laissé sur un cliffhanger… explosif, et on avait hâte de connaître la suite.
Ça redémarre dès le premier épisode sur les chapeaux de roue ! Sans révolutionner le genre du thriller politique, la série se montre redoutablement efficace et réjouissante. Elle nous embarque, tout au long de ses six épisodes, dans une histoire certes assez abracadabrantesque, mais haletante, avec des personnages fictifs, tout en ménageant plusieurs références aux réalités géopolitiques de notre monde réel. C’est plein de fausses pistes et de rebondissements, les personnages sont savoureux, les dialogues très bien écrits, c’est souvent vraiment drôles, le casting impeccable… que demander de plus ?
Déjà convaincante dans sa première saison, la série est peut-être encore meilleure dans sa saison 2. Et le dernier épisode nous propose un nouveau autre cliffhanger de taille, un rebondissement inattendu qui fait saliver pour la saison 3, heureusement déjà annoncée…
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La diplomate (saison 2), une série créée par Debora Cahn avec Keri Russell, Rufus Sewell, David Gyasi
Inspirée d’un livre-enquête (La mythomane du Bataclan, d’Alexandre Kauffmann), la mini-série est passionnante et dérangeante, d’autant plus qu’elle s’inspire de faits réels. Elle explore les mécanismes du mensonge, et décrit son engrenage implacable. Il y a quelque chose de vertigineux dans le récit de cette femme un peu perdue, en quête d’amour et de reconnaissance, qui s’enferme dans son mensonge tout en se donnant corps et âme dans une association de victimes… Elle déploie des trésors d’ingéniosité pour maintenir l’illusion, fait toujours preuve d’aplomb et de culot… et tout le monde se fait avoir.
La série parvient avec finesse à évoquer la complexité d’un personnage, magistralement incarné par Laure Calamy, qui crée en nous des sentiments ambivalents : de la sidération et de l’effroi lorsqu’on prend conscience de la souffrance qu’elle ajoute aux victimes, trahies par sa tromperie, mais aussi de la pitié pour une femme perdue, victime de sa mythomanie.
Autour de Laure Calamy, un très bon casting, avec notamment, le toujours excellent Arieh Worthalter.
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Une amie dévouée, une mini-série créée par Jean-Baptiste Delafon et Fanny Burdino
avec Laure Calamy, Arieh Worthalter, Annabelle Lengronne, Ava Baya
Culte revient, en 6 épisodes de 45 minutes environ, sur le phénomène Loft Story, la première émission de télé-réalité en France, en 2001. Un programme qui a marqué l’histoire de la télévision, qui a rassemblé jusqu’à 50% des téléspectateurs et qui a déchaîné les passions.
Comme le dit bien le panneau au début de chaque épisode, la série est librement inspirée de la (télé-)réalité. Si on y retrouve bien les premiers candidats de l’émission de 2001, Loana en tête, et une reconstitution précise du fameux loft et de certaines scènes (dont celle, fameuse, de la piscine…), c’est surtout aux coulisses que s’intéresse la série. Et là, les personnages sont fictifs… même s’ils s’inspirent largement de la réalité. L’histoire est en large partie une fiction, qui force un peu le trait parfois mais qui fait mouche la plupart du temps dans son évocation sans concession du petit monde de la télévision avec ses producteurs aux dents longues, ses enjeux financiers, la guerre entre les chaînes, à une époque où il n’y avait encore que 6 chaînes hertziennes et où le streaming n’existait pas. Car on est bien en 2001 : les smartphones n’avaient pas encore été inventés, on devait se connecter à Internet via un modem (avec son bruit significatif) et on utilisait encore des fax.
Il faut reconnaître que la série est bien écrite et que le scénario se révèle haletant, dans un format idoine de six épisodes, qui se termine tous par un cliffhanger. La grammaire sérielle est respectée.
Il est assez intéressant de porter un regard sur Loft Story, plus de vingt ans après sa sortie, en connaissant l’héritage de la télé-réalité, qui a envahi les écrans, dans des versions infiniment plus trash… sans parler des réseaux sociaux qui en sont aussi un peu les héritiers. Les questions qu’elle pose restent d’actualité, autour de voyeurisme, de la célébrité, de l’intimité et de la vie privée, des mécanismes de manipulation… Une série qui rappelle que la télé-réalité, c’est avant tout de la télé… et que ça n’a pas grand chose à voir avec la réalité. Comme les réseaux sociaux n’ont pas grand chose à voir avec la vraie vie…
Parmi les lofteurs, c’est sur Loana que la série s’arrête essentiellement, personnage emblématique de la télé-réalité, sincère mais un perdue, consciente d’être manipulée et utilisée par les autres, réduite à son physique, mais sans arriver à s’en échapper. L’autre personnage central de la série, c’est Isabelle de Rochechouart, qui s’inspire largement d’Alexia Laroche-Joubert. Une jeune productrice ambitieuse, qui doit se battre comme une lionne, avec des méthodes plus ou moins orthodoxes, pour faire sa place dans un milieu d’hommes. La série a ici un certain parfum contemporain, post #MeToo. Les deux personnages sont incarnées par deux jeunes actrices qui se révèlent remarquables, Marie Colomb en Loana et Anaïde Rozam en Isabelle.
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Culte, une mini-série créée par Matthieu Rumani et Nicolas Slomka
Slow Horses en est déjà à sa saison 4, qui vient de se terminer sur Apple TV+, et elle est sans nul doute une des mes séries en cours préférées, un petit bijou d’humour et d’action.
C’est d’abord une très bonne série d’espionnage. Les saisons sont courtes, sans baisse de rythme pour une intrigue efficace qui réserve toujours son lot de rebondissements et de surprises. Le récit est tendu, d’autant qu’on sait, depuis la saison 1, que des personnages importants peuvent à tout moment mourir. Mais c’est aussi et surtout une série où l’humour - british évidemment, et souvent assez caustique et noir - a toute sa place. Les personnages sont bien caractérisés, avec certains d’entre eux qui sont particulièrement savoureux, à commencer par Jackson Lamb, chef bourru à l’hygiène douteuse d’une unité un peu particulière où sont mis au placard pour diverses raisons plus ou moins claires des agents du MI5. Il est incarné par un génial Gary Oldman qui nous régale à chacune de ses apparitions à l’écran. A noter que le reste du casting est excellent, que ce soit pour les personnages récurrents ou pour les guests de cahque saison (Hugo Weaving dans la saison 4).
Heureusement, une saison 5 est déjà annoncée, comme en témoignent les quelques images diffusées à l’issue de l’épisode final. Vite, vite, la suite !
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Slow Horses (saison 4), une série créée par Will Smith
avec Gary Oldman, Jack Lowden, Kristin Scott Thomas
La saison 2 des Anneaux de pouvoir vient de se terminer sur un épisode épique assez réussi. Adapter Tolkien à l’écran est une gageure. Surtout à partir d’un matériau un peu disparate et parcellaire (Amazon n’ayant les droits que sur les appendices du Seigneur des Anneaux, et pas le Silmarillion ou Les Contes et légendes inachevées) pour une histoire foisonnante qui s’étend sur plusieurs siècles… et qu’il faut condenser sur quelques années seulement pour les intégrer dans le format d’une série. Dans ces conditions, le récit sera forcément un peu frustrant…
Mais la série a tout de même des atouts, à commencer par son plus gros point fort : son univers visuel somptueux. Les décors, les costumes, avec énormément de détails, sont une réussite totale et le plaisir de l’immersion en Terre du Milieu est bien là.
Tout n’est pas parfait par ailleurs. Les différents arc narratifs ne sont pas d’égal intérêt, ils sont aussi trop nombreux pour les traiter de façon pleinement satisfaisante. Il y a des problèmes de rythme, quelques facilités de scénario voire des incohérences… mais aussi de belles réussites comme le récit autour de la confection des anneaux et les stratagèmes de séduction de Sauron envers Celebrimbor, ou comme les scènes parmi les nains à Khazad-Dûm qui figurent sans doute parmi mes préférées (y compris dans la séquence d’ouverture du dernier épisode).
Le bilan est donc, pour moi, globalement positif. Malgré ses limites et ses défauts, j’ai pris du plaisir à regarder cette saison 2 et je serai heureux de voir la suite !
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Les Anneaux de Pouvoir, une série créée par John D. Payne et Patrick McKay
avec Morfydd Clark, Charles Edwards, Charlie Vickers
8 épisodes (pour la saison 2) disopnibles sur Amazon Prime Video