jeudi 3 octobre 2024

Les Anneaux de Pouvoir (saison 2) : visuellement somptueux, et toujours un peu frustrant...

 

La saison 2 des Anneaux de pouvoir vient de se terminer sur un épisode épique assez réussi. Adapter Tolkien à l’écran est une gageure. Surtout à partir d’un matériau un peu disparate et parcellaire (Amazon n’ayant les droits que sur les appendices du Seigneur des Anneaux, et pas le Silmarillion ou Les Contes et légendes inachevées) pour une histoire foisonnante qui s’étend sur plusieurs siècles… et qu’il faut condenser sur quelques années seulement pour les intégrer dans le format d’une série. Dans ces conditions, le récit sera forcément un peu frustrant… 

Mais la série a tout de même des atouts, à commencer par son plus gros point fort : son univers visuel somptueux. Les décors, les costumes, avec énormément de détails, sont une réussite totale et le plaisir de l’immersion en Terre du Milieu est bien là. 

Tout n’est pas parfait par ailleurs. Les différents arc narratifs ne sont pas d’égal intérêt, ils sont aussi trop nombreux pour les traiter de façon pleinement satisfaisante. Il y a des problèmes de rythme, quelques facilités de scénario voire des incohérences… mais aussi de belles réussites comme le récit autour de la confection des anneaux et les stratagèmes de séduction de Sauron envers Celebrimbor, ou comme les scènes parmi les nains à Khazad-Dûm qui figurent sans doute parmi mes préférées (y compris dans la séquence d’ouverture du dernier épisode).

Le bilan est donc, pour moi, globalement positif. Malgré ses limites et ses défauts, j’ai pris du plaisir à regarder cette saison 2 et je serai heureux de voir la suite ! 

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Les Anneaux de Pouvoir, une série créée par John D. Payne et Patrick McKay
avec Morfydd Clark, Charles Edwards, Charlie Vickers
8 épisodes (pour la saison 2) disopnibles sur Amazon Prime Video

samedi 7 septembre 2024

Kaos : La mythologie grecque mise au goût du jour. Caustique et malin.

 

Dans sa luxueuse villa du mont Olympe, Zeus est persuadé qu'il est en danger : une prophétie annonçant le délitement de son règne est peut-être en train de se réaliser. De plus en plus paranoïaque, il inquiète sa femme Héra et son frère Poséidon (qui par ailleurs ont des choses à cacher au roi de dieux). Dans le même temps, en Crète, Eurydice (Riddy pour les intimes) essaye de trouver le courage de quitter Orphée, son mari, un chanteur très connu. Ariane, la fille du roi Minos, tente d’apaiser les tensions avec les réfugiés troyens mais aussi de découvrir la vérité sur la mort de son frère jumeau alors qu’ils étaient enfants. Quant à Cénée, il attend, dans les Enfers, la renaissance promise par les dieux après la mort. 

Je dois avouer que j’ai eu un peu de mal à entrer dans la série. Je m’attendais à quelque chose de plus déjanté et fun. Mais j’ai persévéré et au bout de deux ou trois épisodes, j’ai commencé à vraiment accrocher. La série n’est, certes, pas déjantée mais elle n’est pas dénuée d’humour, loin de là. Un humour plutôt noir, assez caustique et cynique. Le casting est excellent, autour d'un Jeff Goldblum qu'on adore détester en Zeus. 

Et puis surtout, la transposition de la mythologie grecque dans un monde moderne est maline et souvent bien trouvée, avec des personnages antiques revisités qui se révèlent tout à fait contemporains. Ces divinités toutes-puissantes et hors-sols, cyniques et cruelles, ressemblent beaucoup à un portrait caustique de quelques ultra-riches d’aujourd’hui. Les affres rencontrées par les différents personnages font écho à bien des problématiques modernes. On y parle de pouvoir, de politique, d’amour, de sexe, de liberté, de fatalité, de religion, de manipulation…  

La fin de la saison est ouverte… et annonce une possible saison 2. Apparemment, Charlie Covell, la showrunneuse de la série, aimerait faire trois saisons. A suivre, donc… Parce que si une suite il y a, elle promet d’être épique et pleine de surprises. 

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Kaos, une série créée par Charlie Covell
avec Jeff Goldblum, Janet McTeer, Stephen Dillane
8 épisodes disponibles sur Netflix

mardi 3 septembre 2024

En place (saison 2) : Une fable politique, satirique et utopique, où les vannes fusent.

 

A la fin de la saison 1 (spoiler), et à la suite d’improbables rebondissements, Stéphane, éducateur de banlieue, se retrouve élu président de la République. La saison 2 nous raconte les premiers jours du mandat du nouveau président élu. Il devra trouver un premier ministre (ou une première ministre) pour former un gouvernement, et préparer des législatives très incertaines. 

On retrouve bien dans la série le ton Jean-Pascal Zadi : un humour décomplexé, parfois assez gonflé, sur fond d’utopie généreuse, une sorte de fable politique et sociale où les vannes fusent. Alors forcément, il y a du déchet : toutes les vannes ne font pas mouche mais certaines sont vraiment drôles.  

Et puis il y a ce personnage central, sorte d’anti-président jupitérien, qui n’y connaît rien à la politique et se retrouve complètement dépassé par la situation… mais qui est aussi animé d’un idéal social et solidaire. Un peu naïf, certes, mais généreux. Alors il casse les codes, dans son langage, son look, ses méthodes de communication (il envisage quand même de faire une déclaration officielle en direct à la télé en rap freestyle), freiné par ses conseillers, pas toujours très avisés eux non plus. 

Les personnages qui gravitent autour de lui sont caricaturaux et souvent savoureux, mélange de ratés pathétiques (mais parfois attendrissants), d’arrivistes ambitieux et de politicards prêts à tout pour arriver au pouvoir. Et comme dans toute caricature, ils renvoient de manière déformée et ironique au réel. Car la série se nourrit de la réalité politique d’aujourd’hui. On a droit à la montée de l’extrême droite, aux portes du pouvoir, aux effets de l’inflation, à la grogne sociale, et même à un équivalent français de l’envahissement du Capitole par les partisans de Trump. La série évoque aussi les thèmes que Jean-Pascal Zadi aime aborder, notamment autour du racisme et des communautarismes. 

Derrière la satire sociale et la charge contre une classe politique déconnectée du peuple (de quelque bord qu'il soit) transparaît un espoir : malgré tout, tout n’est pas perdu, y compris en politique. Et on peut encore rêver d’une société plus solidaire et juste… Et une série satirique qui veut garder espoir, ça mérite d’être souligné ! 

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En place, une série créée par Jean-Pascal Zadi et François Uzan
avec Jean-Pascal Zadi, Eric Judor, Benoît Poelvoorde

vendredi 16 août 2024

Kleo : Un retour toujours aussi barré en Allemagne de l'Est

 

Kleo est de retour ! Et ça va de nouveau saigner… L’ex-espionne est-allemande revient, toujours aussi dangereuse et toujours aussi en colère. Le ton de cette série allemande très réjouissante - et adoubée par Stephen King ! - fonctionne toujours aussi bien. Après une saison 1 qui avait créé la surprise, la saison 2 confirme : Kleo est une série d’espionnage très originale, abracadabrantesque, pleine d’humour et d’action, qui propose une version alternative et franchement barrée de la Guerre Froide, au moment de la chute du mur de Berlin. 

Suite directe de la première saison, le récit reprend la chasse à la fameuse valise rouge qui contient un secret capable de faire vaciller le monde et qui attise forcément la convoitise de tous les services secrets. On retrouve aussi la même galerie de personnages ubuesques (enrichie de quelques nouveaux venus), dans un récit qui, une fois de plus, va tourner au jeu de massacre. Mais dans cette saison, Kleo va devoir aussi explorer des souvenirs effacés de son enfance pour mener sa quête… et elle n’est pas au bout de ses surprises ! 

Insolite et très réjouissante, Kleo est une réussite, surtout si vous êtes amateur de récit décalé et d’humour noir. Et compte tenu du dernier twist à la toute fin de l’épisode final, ce n’est pas terminé : une saison 3 est de toute évidence en préparation, et on ne peut que s’en réjouir ! 

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Kleo (saison 2), une série créée par Hanno Hackfort, Richard Kropf et Bob Konrad
avec Jella Haase, Dimitrij Schaad, Julius Feldmeier
6 épisodes disponibles sur Netflix

mardi 13 août 2024

House of the Dragon (saison 2) : War is coming ! Mais pas tout de suite...

 

Deux ans d’attente pour connaître la suite de la série préquel de Game of Thrones dont l’action se déroule quelque 200 ans plus tôt. On retrouve avec plaisir ce qui fait toute la valeur de la série : des décors et des costumes somptueux, une réalisation extrêmement soignée, avec un travail remarquable sur la lumière, et des effets spéciaux réussis (notamment pour l’animation des dragons impressionnants). Esthétiquement, il n’y a rien à dire : House of the Dragon est au top. 

Au niveau de l’histoire, sans trop spoiler, disons qu’à la fin de la saison, la guerre qu’on sentait imminente n’est toujours pas déclarée, malgré quelques escarmouches (tout de même très dévastatrices lorsque des dragons sont dans le coup…). Et puis il y a quand même quelques personnages importants qui meurent, comme toujours dans l'univers de Game of Thrones. Alors certains diront sans doute que c’est une saison d’attente (à la fin, plus aucun doute n’est possible, la saison 3 sera celle de l’affrontement inévitable, tout est désormais vraiment en place… et ça va saigner !), voire une saison frustrante, notamment pour les amateurs de scènes épiques et de grandes batailles, qui trouveront sans doute que le récit est lent et certains épisodes bavards…. Mais House of the Dragon est avant tout une série politique, sur le pouvoir, avec ses jeux d’influences, ses alliances et ses trahisons. Avec aussi ses hésitations, ses atermoiements, ses incertitudes et ses résistances. Et cette saison 2 prend le temps de le montrer. 

Au coeur de l’intrigue, il y a cette tentative de repousser autant que possible la guerre, d’envisager jusqu’au bout une solution pacifique, notamment à l’initiative des deux personnages féminins principaux du récit, Rhaenyra et Alicent, incarnées avec brio par Emma d’Arcy et Olivia Cooke. Parce que les hommes, de leur côté, ne demandent qu’à en découdre, quel que soit le camp auquel ils appartiennent ! Je trouve ce choix de scénario intéressant. Et s’il entretient une certaine frustration, c’est sans doute fait exprès ! 

Il faudra maintenant encore attendre deux ans pour connaître la suite avec la saison 3 (4 saisons sont prévues au total). Mais une série d’une telle ampleur demande du temps pour être fabriquée ! Décidément, encore une frustration que le spectateur devra accepter. Si le résultat est à la hauteur, ça en vaut la peine ! 

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House of the Dragon (saison 2), une série créée par George R.R. Martin et Ryan J. Condal
avec Emma D'Arcy, Olivia Cooke, Matt Smith
8 épisodes disponibles sur Max