jeudi 23 décembre 2021

The Witcher : une saison 2 plutôt meilleure que la première

 

Je viens de terminer la saison 2 de The Witcher sur Netflix. J’ai bien aimé (et je précise que je ne connais ni les livres ni les jeux vidéos inspirés des livres). Je trouve même que la saison 2 est plutôt meilleure que la première : on comprend mieux l’intrigue et la réalisation est plus soignée. L’univers médiéval fantastique de The Witcher, peuplé de monstres et empreint de magie, traversé par des jeux de pouvoir et des complots cachés, est sombre et violent. Et la façon dont la série le transcrit à l’écran est convaincante, l’intrigue tient bien en haleine tout au long des huit épisodes, et la révélation ultime du final (anticipée par rapport aux livres, si j’ai bien compris) donne envie de connaître la suite. 

Le casting est plutôt bon. Henry Cavill est impliqué et donne une belle envergure au personnage de Geralt de Riv et la jeune Freya Allan est excellente dans le rôle de Ciri, qui prend une importance capitale dans la saison 2. 

Vu le succès rencontré, The Witcher est sans doute une série appelée à durer encore plusieurs saisons… et je continuerai à la regarder avec plaisir. 

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The Witcher, une série créée par Lauren Schmidt Hissrich
2 saisons de chacun 8 épisodes (série en cours), disponibles sur Netflix



Dopesick : l'envers du décor d'un scandal sanitaire. Glaçant.

 

Inspirée de faits réels, et adaptée de l’ouvrage “Dopesick: Dealers, Doctors, and the Drug Company that Addicted America” de Beth Macy, la mini-série évoque la crise des opiacés aux Etats-Unis, qui a vu monter en flèche le nombre de morts par overdose, et dont l'OxyContin, produit par Purdue Pharma, est considéré comme le principal responsable. 

La narration est relativement complexe mais quand même assez facile à suivre, avec des allers-retours incessants principalement entre les années 90 (la mise sur le marché du médicament puis la montée du trafic d’opioïdes) et les années 2000 (la progression de l’enquête). Le scénario tient en haleine tout au long des 8 épisodes, en s’intéressant d’une part aux manoeuvres de Purdue Pharma, et en particulier Richard Sackler son président, pour maximiser les gains des ventes de l’Oxycotin ; d’autre part à l'enquête menée dans les années 2000 ; et enfin aux effets désastreux de la crise des opiacés sur la population, en se centrant sur une petite commune minière des Appalaches. Ici, les personnages sont fictifs mais inspirés de faits réels. 

Série politique, Dopesick est une charge en règle contre Purdue Pharma, dénonçant leurs méthodes commerciales scandaleuses (désinformation, pressions et intimidations, manœuvres politiques, corruption...). La question n’est pas de nier l’efficacité du médicament mais de modifier son classement qui laisse entendre, à tort, qu’il ne provoquerait pratiquement aucune addiction. Mais cela impliquerait de réglementer son accès et son administration par les médecins… et ça réduirait considérablement le profit que le laboratoire peut en tirer. Bref, c’est juste une histoire de fric ! Il faut savoir qu’en 2021, Purdue Pharma, après plusieurs procédures judiciaires, a finalement accepté de verser 4,5 milliards de dollars aux victimes en échange d'une certaine immunité pour ses propriétaires, la famille Sackler… 

La série, qui fait froid dans le dos, est remarquablement réalisée, avec une précision quasi documentaire. On peut toujours discuter de certains thèmes connexes ajoutés dans les personnages fictifs qui évoquent les victimes mais on ne peut nier l’efficacité dramatique de la série, avec un épisode final, qui nous conduit jusqu’à aujourd’hui, d’une force émotionnelle intense. 

Le casting est prestigieux. Michael Keaton est bouleversant dans le rôle d’un médecin de campagne qui, après avoir administré de l’OxyContin à ses patients, en prend lui-même et tombe dans l’addiction. L’excellent Michael Stuhlbarg est glaçant en Richard Sackler, président de Purdue Pharma au cynisme absolu. Il faut ajouter Peter Sarsgaard, en assistant obstiné du procureur de Virginie, Will Poulter en commercial au service de Purdue Pharma, Rosario Dawson en agent déterminée de la DEA, ou Kaitlyn Dever en jeune fille devenue toxicomane à cause de l’OxyContin. 

Une série passionnante... et glaçante !

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Dopesick, une mni-série créée par Danny Strong
8 épisode d'une heure environ, disponibles sur Disney+


Hawkeye : le cadeau de Noël de Marvel

 

Après la victoire des Avengers sur Thanos, Clint Barton, alias Hawkeye, a pris sa retraite de super-héros. Alors qu’il s’apprête à passer Noël en famille, ses plans sont bouleversés quand Kate Bishop, une jeune archère qui ne cache pas son admiration pour Hawkeye, débarque, ayant par hasard récupéré le costume de Ronin que Barton avait revêtu pendant l’éclipse de cinq ans. Elle est par ailleurs poursuivie par le “gang des survêts”, dirigé par Maya Lopez, qui cherche à venger la mort de son père, tué par Ronin. 

Hawkeye est une mini-série très courte, pas plus de 6 épisodes, autour d’un des Avengers les plus discrets. La série joue d’ailleurs là-dessus avec ironie (dès la scène d’ouverture, où Barton regarde en famille une comédie musicale évoquant les exploits des Avengers). La série est vraiment fun, avec son lot d’action, beaucoup d’humour et même quelques moments d’émotion plutôt bien amenés. Bref, un vrai divertissement très plaisant, qui confirme la qualité des séries Marvel, jusqu’ici sans fausse note. 

Même si elle n’est pas décisive dans l’évolution du MCU, la série Hawkeye continue quand même de mettre en place les pions de la phase 4, avec de nouveaux personnages qui font leur apparition, ou d’autres qui confirment leur présence. 

Mais la révélation de la série, c’est Hailee Steinfeld (découverte il y a une dizaine d'années, adolescente, dans True Grit des frères Coen). Pétillante, virevoltante, pince-sans-rire dans le rôle de Kate Bishop : elle crève littéralement le petit écran !

Et en bonus, ne ratez pas en scène post-générique de l’épisode final, un petit cadeau de Noël musical et kitsch de la production !

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Hawkeye, une série créée par Jonathan Igla
6 épisodes de 45 minutes environ, disponibles sur Disney+


dimanche 21 novembre 2021

Fondation : les romans cultes d'Asimov en série... un sentiment mitigé


Dans un futur lointain, l’humanité s’est répandue dans toute la galaxie. Le professeur Hari Seldon, inventeur de la psychohistoire, science qui permet de prédire et d’anticiper les grands événements de l’histoire, annonce la chute imminente de l’empire galactique. Pour le faire taire, l’Empire le bannit de la capitale et l’envoie avec plusieurs de ses fidèles aux confins de la galaxie. Mais c’est exactement ce que Hari Seldon avait prévu : il va ainsi pouvoir y bâtir la Fondation, pour préserver le savoir de la civilisation et permettre sa reconstruction plus rapide. 

L’adaptation en série des romans cultes d’Isaac Asimov était très attendue ! La saison 1 vient de se terminer sur Apple TV+ et mon sentiment après l’épisode final est... mitigé. 

Même si le point de départ est identique aux romans - la chute de l’empire annoncé par Hari Seldon et son projet de Fondation pour écourter au maximum le doit de chaos, grâce à la psychohistoire - le récit de la série s’en éloigne quand même passablement. Ça m'a perturbé au début. Et puis, je me suis dit qu’on pouvait le comprendre… Il paraît très difficile de simplement adapter sans changement les romans d’Isaac Asimov, qui datent des années 50. Beaucoup de choses ont changé ! Ainsi, par exemple, une bonne partie des personnages principaux sont devenus des femmes. Et ça, c’est franchement une bonne chose : dans les romans, les personnages sont presque exclusivement masculins, ce n’est plus possible aujourd’hui. Du coup, ça permet d’intégrer dans l’histoire des romances et des histoires d’amour… mais ça, disons que ce n’est pas ce qui est le plus intéressant dans la série, loin de là ! 

L’idée nouvelle la plus intéressante, c’est sans doute celle de l’empereur cloné depuis des générations et des générations, et qui règne avec trois versions simultanées de lui-même : jeune, adulte et âgée. Je trouve que c’est une belle trouvaille qui traduit bien les causes du déclin inéluctable de l'empire, comme l’immobilisme, le conservatisme, la soif de pouvoir absolu... D’autres adaptations par rapport aux romans m’ont moins convaincues… comme le lien entre Gaal Dornick et Salvor Hardin ou la façon dont se résout la première crise Seldon, assez éloigné de l’esprit des romans. Et puis il y a le cas du personnage de Demerzel, qui apparaît dans les romans qu’Asimov a écrit pour compléter le cycle initial de Fondation, en le liant à son cycle des robots. Dans la série, ça me pose vraiment un problème, parce qu’Il me paraît évident que le personnage agit, notamment dans le dernier épisode, en contradiction avec un principe fondamental cher à Asimov. [spoiler] Pour ceux qui connaissent, je pense évidemment à la première loi de la robotique : un robot ne peut porter atteinte à un être humain. Même faire appel à la loi zéro ne résout pas le problème puisque Demerzel n’agit pas dans la série pour sauver l’humanité mais pour préserver la lignée de Cléon… [/spoiler]. 

Plus globalement, je trouve que le récit est un peu confus, et que la série connaît quelques coups de mou en cours de saison. Ceci dit, tout n’est pas à jeter dans Fondation, la série. Loin de là. D’abord, visuellement, c’est tout à fait convaincant : les différents mondes, la technologie, les effets spéciaux... Ensuite, ce qui tourne autour de la psychohistoire et du personnage de Hari Seldon - et parfois c’est passablement différent des romans - fonctionnent finalement assez bien. 

Bref, la série n’est, certes, pas à la hauteur des attentes… mais ce n’est pas pour autant une mauvaise série de SF. Et je sais que je regarderai la saison 2. 

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Fondation, une série créée par David S. Goyer et Josh Friedman
Saison 1, 10 épisodes disponibles sur Apple TV+


vendredi 29 octobre 2021

Mr Robot : labyrinthique et paranoïaque, une série bien plus profonde qu’elle n’y paraît au premier abord

 

Elliot est ingénieur en cyber-sécurité le jour et un redoutable hacker la nuit. Asocial, il souffre d’un trouble du comportement qui lui fait croire qu’il ne peut vraiment rencontrer les gens qu’en les hackant... Un jour, un homme appelé Mr Robot le contacte pour le recruter dans un mystérieux groupe secret qui a pour but de faire tomber l’entreprise multinationale dont il est sensé assurer la protection. 

La série est sortie en 2015 et s’est terminée en 2019. Elle a été ajoutée récemment au catalogue Netflix (elle est aussi disponible sur Amazon Prime Video) et j’en ai donc profité pour combler une lacune (je me demande bien comment j’avais pu rater sa diffusion sur France 2…).  Mr Robot est une série passionnante, au récit labyrinthique et paranoïaque, autour d’un génie de l’informatique handicapé par un trouble social sévère, un cyber-justicier qui veut sauver le monde d’un capitalisme inhumain et profondément injuste en faisant chuter les puissants qui le dominent. Du moins, c'est ce que laisse entendre la première saison qui se conclut par un twist inattendu. 

Mr Robot est une série qui est bien plus que ce qu’elle semble être au premier abord. Plus profonde et complexe. Je me garderai bien de dévoiler le moindre spoiler évidemment… mais, si vous ne l’avez pas encore vue, sachez que vous êtes loin d’imaginer jusqu’où l’histoire va vous mener lorsque vous commencez la série, et même lorsque vous arrivez à la fin de la première saison. Certes, on est parfois un peu perdu (c’est voulu !). Bien-sûr, il y a quelques coups de mous avec des épisodes moins réussis... mais d’autres qui sont formidables, originaux, parfois d’une virtuosité impressionnante, grâce au showrunner Sam Esmail. 

Ça vaut vraiment la peine de persévérer et d’aller jusqu’au bout ! Car Mr Robot est une série qui, en 4 saisons et 45 épisodes de moins d’une heure propose un voyage fascinant, déstabilisant et de plus en plus vertigineux. Et c’est une série qui a une fin, une vraie ! C’est même probablement une des meilleures fins que je connaisse pour une série, avec une ultime révélation lumineuse, un final où l’émotion est palpable. 

Les thématiques abordées par la série sont multiples. Elle parle, entre autre, de liberté et d’asservissement, de démocratie et de capitalisme, du pouvoir de l’argent, de la capacité ou non à changer le monde, mais elle aborde aussi, et peut-être surtout, des thématiques intimes autour de l’identité, de la normalité, des traumatismes de l’enfance, elle parle de la solitude, de la folie, du rapport à la réalité… C’est très riche !

Et puis il y a Rami Malek, génial dans le rôle d’Elliot, ce personnage si complexe. Autour de lui, le casting est aussi remarquable, avec une mention spéciale pour Carly Chaikin (dont je ne vous dirai rien pour ne pas divulgâcher…). 

Bref : une série à voir absolument !

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Mr Robot, une série créée par Sam Esmail
4 saisons (45 épisodes de moins d'une heure), disponibles sur Netflix et Amazon Prime Video