mardi 29 septembre 2020

The Spy : l'histoire vraie d'un espion israélien en Syrie

 
The Spy est une mini-série d’espionnage passionnante (diffusée en France sur OCS, elle vient d’arriver sur Netflix) qui raconte l’histoire vraie d’un des plus célèbres espions du Mossad dans les années 60, Eli Cohen. Recruté en 1961, il sera formé puis envoyé en Argentine sous couverture auprès de dignitaires syriens exilés en Amérique du Sud, sous le nom de Kamel Thaabet. Il parviendra ensuite à entrer en Syrie et s’y installer. Sous couvert d’une entreprise d’import - export, il fera parvenir au Mossad de nombreuses informations cruciales. Petit à petit, il va en effet réussir à s'infiltrer jusque dans les plus hautes sphères du pouvoir syrien, devenant même un proche conseiller du président, avant d’être démasqué et exécuté en public (son sort nous est connu dès la scène d’ouverture). 

Ce qui est passionnant, c’est cette histoire incroyable d’infiltration par un homme tout ce qu’il y a de plus normal, patriote et déterminé, qui devient un espion redoutablement efficace. Tiraillé entre son personnage syrien et sa véritable identité, entre sa loyauté à sa mission et son amour pour sa femme qu’il a laissée en Israël et qui ne sait rien de ce qu’il fait, loin de ses enfants qui grandissent sans lui. 

mardi 1 septembre 2020

Counterpart : une série passée inaperçue à découvrir de toute urgence !

 

Howard Silk est employé, à Berlin, dans une agence rattachée à l’ONU. Malgré ses années de service, il ne parvient pas à obtenir de promotion. Il ne comprend pas pourquoi. D’autant qu’il ne saisit pas vraiment l’utilité de ce qu’il fait au quotidien. Mais un jour, il est convoqué par ses supérieurs et découvre la vérité sur l’agence dans laquelle il travaille. Dans le sous-sol du bâtiment, un portail conduit vers un monde parallèle au nôtre, apparu suite à une expérience scientifique pendant la Guerre Froide, à la fin des années 80. Il se retrouve alors face à son double, en tout point identique à lui-même, du moins physiquement. Parce que l’autre Howard Silk est un redoutable agent de terrain, expérimenté et sans pitié. Comment, avec le même ADN, la même enfance, ont-ils pu devenir si différents l’un de l’autre ? Et pourquoi révèle-t-on la vérité à Howard ? Quel danger menace le monde ? 

Je suis tombé un peu par hasard sur cette série… et je n’ai pas pu m’en détacher. Elle a été arrêtée après deux saisons, au grand dam des fans et malgré un vrai succès critique… mais les audiences n’ont pas suivi. C’est sans doute dommage. Mais en réalité, la fin ouverte qui termine la saison 2 est en soi satisfaisante : on arrive au terme d’un arc narratif cohérent, en ayant eu suffisamment d’explications et de révélations pour ne pas être frustré qu’il n’y ait pas de suite… même s’il y avait bien-sûr du potentiel pour continuer. 

jeudi 6 août 2020

The Umbrella Academy (saison 2) : toujours aussi divertissant... et un peu frustrant

Tout d’abord, un petit rappel de l’univers de la série, inspirée d’une BD. En 1989, le même jour, 43 bébés sont nés inexplicablement de femmes qui n’étaient pas enceintes. Sir Reginald Hargreeves, un milliardaire, décide alors d’adopter sept de ces enfants et crée la Umbrella Academy pour les entraîner et les préparer à sauver le monde… 

Sans rien dévoiler de la saison 1, pour ceux qui ne l’ont pas vue, disons simplement que la saison 2 reprend exactement là où la première saison s’est terminée. La famille un peu barrée de super-héros est de retour, mais cette fois elle est dispersée dans les années 60 (à cause d’un voyage dans le temps pas bien maîtrisé). Seul problème : ils ont emmené l’apocalypse avec eux. Ils se retrouvent en effet, à nouveau, à quelques jours d’une fin du monde qu’il vont tenter d’empêcher. 

Ce retour dans le temps permet d’intégrer à l’intrigue certaines obsessions (ou blessures profondes) américaines comme l’assassinat de JFK, la ségrégation raciale ou la guerre du Vietnam… On y ajoute des problématiques contemporaines (mais pas nouvelles pour autant) comme les violences conjugales, l’identité sexuelle, les phénomènes sectaires… Et on n’oublie pas des thèmes qui fonctionnent toujours outre-Atlantique (et ailleurs) comme celui des conspirations et, bien-sûr, de la famille, même si c’est à travers une famille un peu particulière et totalement dysfonctionnelle.  

jeudi 30 juillet 2020

Dispatches from Elsewhere : un OVNI télévisuel, bizarre et philosophique


Peter a une vie morne, sans saveur. Il est un peu paumé. Attiré par d’étranges publicités dans la rue, il se rend dans les locaux du mystérieux Jejune Institute. Il va se retrouver embarqué dans un étrange jeu de piste urbain, à la recherche de la mystérieuse Clara. Il va faire équipe avec Simone, Fredwynn et Janice. L’intrigue de la série est inspirée d’un documentaire sorti en 2013 (The Institute) qui relate une aventure un peu folle lancée à l’initiative d’un artiste, Jeff Hull, à San Francisco : un immense jeu de piste rassemblant plusieurs milliers de personnes qui découvraient une fausse société secrète, le Jejune Institute. La série a un peu le même point de départ mais trace sa propre route, et s’amuse avec le spectateur : qu’y a-t-il derrière ce jeu ? Et d’ailleurs, est-ce vraiment un jeu ? 

Dispatches from Elsewhere est un OVNI télévisuel, une série bizarre et étonnante. On est, assez souvent, un peu perdus. Comme les quatre personnages principaux d’ailleurs. Qu’est-ce qui est réel et qu’est-ce qui ne l’est pas ? Qui sont vraiment les différents personnages ? Et pourquoi le directeur du Jejune Institute s’adresse-t-il directement à nous, spectateurs ? Si vous voulez regarder bien tranquillement dans votre fauteuil une série au récit linéaire et limpide, obéissant à une logique implacable, passez votre chemin, cette série n’est pas pour vous ! Mais si, comme moi, vous avez aimé des séries comme The OA ou Maniac, si vous êtes prêts à vous laisser embarquer dans un univers étrange et parfois absurde, sans vouloir absolument tout comprendre, l’expérience vaut la peine d’être vécue ! Car il serait vain de vouloir tout comprendre, et de chercher à reconstituer le puzzle. Il manque, intentionnellement, des pièces. Sans doute pour que nous les trouvions nous-mêmes. 

jeudi 9 juillet 2020

Ozark : chronique d'une famille dans une spirale infernale

Marty Byrde est conseiller en gestion financière… mais il blanchit aussi de l’argent pour le compte d’un cartel mexicain de la drogue. Alors qu’une somme importante a disparu, Marty est contraint de quitter Chicago et emmène toute sa famille s’installer au bord du lac des Ozarks, dans le Missouri, où il va devoir trouver des solutions pour blanchir l’argent du cartel et rembourser sa dette, tout en échappant au FBI qui garde un oeil sur lui.  

Ozark est une série de gangster autour d’une famille, non pas une famille de mafieux (comme dans les Sopranos) mais une famille américaine moyenne, qui se retrouve embarquée dans une spirale infernale (donc plutôt comme Breaking Bad…). La série est noire, assez cynique, parfois crue et violente. Et elle se bonifie au fil des saisons. Je trouve en effet qu’il lui faut un peu de temps, dans la première saison, pour vraiment trouver ses marques. Mais le ton est finalement trouvé, et les saisons 2 et 3 nous emportent vraiment.  

Ozark décrit ce qu’on pourrait appeler le mécanisme de l’engrenage du mal, qui, à partir d’une “petite” concession morale, finit par emporter tout le monde, dans une fuite en avant inexorable. Et il faut avouer que dans la série, c’est implacable et cruel. Et sanglant.