vendredi 4 octobre 2013

Spyrium : un minerai et des ouvriers pour faire chauffer les neurones. Le bonheur, quoi !

La parution du nouveau jeu de William Attia, auteur de l'excellentissime Caylus, est forcément un événement ludique ! Très attendu, le jeu est, à mon avis, une vraie réussite.
Voici le pitch : un nouveau minerai, aux vertus extraordinaires, vient d'être découvert, le spyrium. Il s'agira donc pour les joueurs d'exploiter le nouveau minerai : le récolter dans des mines, le transformer dans des usines ou l'étudier dans des laboratoires.
Jeu de gestion et de développement, Spyrium utilise le mécanisme du placement d'ouvriers d'une manière originale. Le plateau de jeu est constitué de 9 cartes disposées en carré et formant le marché. Les cartes représentent soit des bâtiments à construire, soit des personnages à utiliser, soit des techniques à breveter. Chaque tour est composé de deux phases. Dans la première on peut placer des ouvriers sur le marché, dans la deuxième on peut récupérer les ouvriers placés ou activer des bâtiments construits. Mais une fois que la phase deux est amorcée, on ne peut plus revenir en arrière ! Tout est donc question de timing, certains joueurs peuvent encore être en phase une alors que d'autres sont déjà en phase deux. L'astuce, c'est que plus il y a d'ouvriers autour d'une carte, plus l'activation de la carte coûte cher... ou plus elle rapporte d'argent si on choisit de récupérer un ouvrier sans activer la carte.
Spyrium est un vrai jeu de gestion, tendu mais fluide, avec une belle interactivité. L'idée toute simple des deux phases s'avère très efficace. Plusieurs stratégies sont possibles pour gagner et celui qui prend de l'avance en début de partie ne sera pas forcément celui qui gagnera. Il faut vraiment attendre le décompte final pour connaître le vainqueur.
Un jeu de gestion et de développement avec une seule ressource ? William Attia l'a fait ! Un vrai plaisir ludique, plutôt pour joueurs avertis...
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Spyrium, un jeu de William Attia, pour 2 à 5 joueurs, édité par Ystari.

mardi 1 octobre 2013

Rush : biopic à 300 à l'heure

Rush, c'est l'histoire d'une rivalité entre deux pilotes surdoués que tout oppose. James Hunt, grand playboy casse-cou. Et Nikki Lauda, petit, perfectionniste et très sûr de lui. Deux personnages insupportables dont la rencontre ne pouvait que faire des étincelles... et inspirer un scénario de film !

On est dans les années 70, période épique de la Formule 1 où à chaque grand prix les pilotes risquaient littéralement leur vie. Du coup, le film est aussi l'occasion d'évoquer deux façons d'affronter la mort. Soit en la défiant, comme James Hunt. Soit en voulant la maîtriser, comme Nikki Lauda (qui ne tolérait que 20% de chance de mourir, mais pas un de plus). Faut-il défier la mort pour profiter de la vie ?

Les scènes au coeur de la course sont vraiment réussies, spectaculaires et originales (les gros plans à l'intérieur du casque des pilotes), y compris l'accident. Très belles scènes aussi lorsque Nikki Lauda est soigné de ses blessures à l'hôpital alors qu'il regarde à la télévision son rival gagner courses après courses. Ses cris de douleur semblent autant dûs à ses blessures qu'à ce qu'il voit !

Bref : belle réalisation de Ron Howard, bon casting (Chris Hemsworth et Daniel Brühl ressemblent vraiment aux originaux), scénario qui tient la route. Vraiment bien.

lundi 23 septembre 2013

Le Majordome : un beau mélodrame familial sur fond de lutte pour l'égalité

Le Majordome est un mélodrame historique, de facture assez classique, mais dont le propos ne peut laisser insensible. Le film est basé sur l'histoire vraie de Cecil Gaines, majordome à la Maison Blanche durant sept présidences, de Eisenhower à Reagan.

On passe finalement (trop ?) vite sur les différentes périodes qui se succèdent. Les portraits des différents présidents successifs sont un peu stéréotypés (Nixon et Reagan en prennent pour leur grade, Kennedy en ressort, évidemment, tout auréolé). Et les autres grandes figures des luttes pour les droits civiques des Noirs subissent le même traitement : Martin Luther King apparaît dans une ou deux scènes seulement et Malcolm X est à peine évoqué.

En réalité, il s'agit moins d'un film historique que d'une saga familiale sur fond d'histoire américaine et de lutte pour l'égalité. Deux axes parcourent le film. Le premier évoque la belle histoire d'amour entre Cecil Gaines et sa femme, un amour qui dure non sans lutte. Et surtout le second qui évoque le lien entre Cecil Gaines et Louis son fils ainé. Un rapport tumultueux d'un père et de son fils qui empruntent des voies différentes et ne se comprennent pas. Le film joue beaucoup sur ce parcours parallèle. Je pense ici en particulier à la scène très réussie au moment de l'entrée en service de Cecil Gaines à la Maison Blanche alors que son fils participe à une action non-violente dans un restaurant.

Le film met en exergue une citation de Martin Luther King : "La haine ne peut pas chasser la haine, seul l'amour le peut". Mais y a-t-il pour autant une seule façon de mettre cette affirmation en pratique ? Le film laisse entendre que finalement, le père et le fils, à leur façon, poursuivent ce même but, avec un même idéal.

Le casting est impressionnant, et même étonnant (avec Mariah Carey, Lenny Kravitz et Oprah Winfrey... cette dernière s'en sort d'ailleurs très bien !). Mais il y a surtout Forrest Whitaker, qui est un immense acteur. Il porte le film avec une profondeur et une humanité étonnantes.
Au final, le Majordome est un beau film, un mélodrame émouvant et un vibrant hommage à ceux qui ont lutté, parfois au péril de leur vie, pour plus d'égalité, plus d'humanité.

vendredi 23 août 2013

Peloponnes : un concentré de jeu de civilisation

Peloponnes, c'est mon coup de coeur ludique de ces derniers mois ! J'ai eu l'occasion d'en faire quelques parties mais je viens d'en acquérir une boîte, il est donc temps d'écrire un petit article. Peloponnes est un jeu de civilisation rapide et tendu, avec au coeur du jeu un mécanisme d'enchères très simple mais malin, qui permet de faire quelques coups tordus des plus réjouissants.

A chaque tour, les joueurs peuvent acquérir des tuiles terrain ou bâtiments, qui leur permettront d'accroître leur population et récolter des ressources. Mais tout cela serait bien trop simple s'il n'y avait pas des catastrophes qui venaient chambouler vos plans en décimant votre population ou vos champs, en détruisant vos bâtiments, en consumant une partie de vos réserves de nourriture, etc.

Le coeur du jeu se trouve dans les enchères pour acquérir les tuiles. Le premier joueur choisit une tuile et propose un prix (chaque tuile a un montant d'enchère minimum). Si un joueur renchérit sur une tuile, le joueur précédent est chassé et doit se rabattre sur une autre tuile... mais sans avoir le droit d'augmenter son enchère. Il peut donc se retrouver bloqué s'il n'a pas prévu un montant suffisamment élevé pour renchérir ou pour payer le prix minimum d'une tuile. Et là, ça fait mal !

A la fin de la partie, chaque joueur fait deux décomptes de point, l'un basé sur sa population, l'autre basé sur les bâtiments construits et les terrains acquis. Mais c'est le plus petit des deux décomptes qui sera son score final ! Il faut donc développer sa civilisation harmonieusement entre population et prestige.

Le jeu est tendu, court (une partie dure une petite heure) et souvent assez méchant. Tout pour me plaire ! Le système d'enchère est aussi bien pensé et donne une belle interactivité au jeu. La tension générée par les catastrophes ajoute le piment nécessaire pour un jeu qui apparaît comme un concentré de jeu de civilisation. Une très belle réussite !
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Peloponnes, un jeu pour 1 à 5 joueurs de Bernd Eisenstein

vendredi 2 août 2013

Mascarade et Sandwich : parfaits pour l'été

Mascarade et Sandwich, voilà deux jeux parfaits pour l'été : légers, funs, jouables à beaucoup de joueurs et dans des petites boîtes à emmener partout. Mascarade est une nouveauté, Sandwich une récente réédition. Tous les deux édités par les belges de Repos Prod.

Mascarade est un jeu de Bruno Faidutti, l'auteur de Citadelles. On y retrouve d'ailleurs certains composants de son illustre prédécesseur (des cartes personnages avec des pouvoirs associés, des mécanismes de bluff et de "double-guessing" - "je pense qu'il pense que je pense que...", et un chaos réjouissant cher à l'auteur).

Dans Mascarade, chacun a une carte personnage devant lui (au début face visible, puis face cachée pendant tout le jeu, en sachant que les quatre premiers tours ont pour seul but de mettre le bazar dans tout ça !) Trois actions sont possibles à son tour : regarder secrètement sa carte ; prendre, sans les regarder, une carte à un adversaire et sa propre carte, et les échanger, ou pas, à l'abri des regards ; annoncer haut et fort quel personnage on possède. Si personne ne le conteste, on fait l'action du personnage, sans révéler la carte. Si quelqu'un le conteste et prétend lui-même avoir le personnage, on révèle leurs cartes. Celui qui a raison effectue le pouvoir du personnage, celui ou ceux qui ont menti (ou se sont trompés, parce qu'on ne sait plus toujours vraiment quel personnage on a devant soi...) doivent payer une amende au tribunal. Le premier joueur qui a 13 pièces d'or devant lui a gagné. C'est très vite expliqué, super chaotique mais vraiment très fun. Ajoutez à cela une très belle édition du jeu, avec de superbes illustrations sur des grandes cartes (certes, un peu fragiles... Il vaut mieux les protéger) et on peut prédire à Mascarade un succès digne de son prédécesseur Citadelles.

Sandwich est une réédition d'un jeu de Christophe Raimbault. Jeu d'apéro par excellence, dans sandwich vous devez confectionner pour les autres joueurs des sandwichs les meilleurs possibles avec les ingrédients que vous aurez récupérés. Dans une première phase, on fait son marché (dans une foire d'empoigne réjouissante). Ensuite, on confectionne trois sandwichs de trois ingrédients qu'on offrira à nos trois voisins de gauche, en espérant qu'ils les apprécieront... Avec du jambon, du fromage ou des tomates, c'est facile. Mais si on a récupéré du Nutella, de l'ail, de la menthe ou des sauterelles, ça peut être plus difficile ! Pour varier les plaisirs, on peut jouer avec des variantes (faire le plus mauvais sandwich, faire tous les sandwichs avec un élément commun à tous, etc...). L'édition est impeccable, dans une petite boîte ronde en métal, les cartes elle-mêmes étant rondes. A emporter partout...
Mascarade, un jeu pour 2 à 13 joueurs de Bruno Faidutti
Sandwich, un jeu pour 3 à 10 joueurs de Christophe Raimbault