Le film est une libre adaptation de l'histoire de la marche contre le racisme et pour l'égalité de 1983, certains personnages font référence directement à de véritables marcheurs, d'autres ont été ajoutés à l'intrigue. Cette belle histoire d'une marche pacifique, initiée par une poignée de jeunes, partis à quelques-un de Marseille et qui se retrouvent 100 000 à Paris, méritaient bien un film. Malgré quelques défauts, ce film généreux fait du bien !
La restitution des années 80 est réussie (le walkman, les vignettes auto, les dialogues, les images d'archives dans le générique du début...). Il y a bien quelques longueurs... La volonté d'insérer dans l'intrigue des préoccupations actuelles est louable mais un peu artificielle (par exemple l'homophobie avec le personnage de Claire). Et la réalisation n'a rien de révolutionnaire. Par contre, l'évocation des tensions internes au groupe de marcheurs, où les préjugés se manifestent aussi de façon diverse est intéressante. Et l'insertion dans le film d'images d'archives est bien dosée, notamment dans l'évocation de la manifestation finale à Paris, moment fort en émotion.
Un film, certes imparfait mais sincère, qui peut donner de l'espoir aujourd'hui, au milieu des discours parfois nauséabonds qu'on entend trop souvent... 30 ans après la marche, il y a encore bien du chemin à parcourir !
lundi 2 décembre 2013
Captain Phillips : un thriller réaliste et haletant
Le film raconte la prise d'otage, en 2009, d'un navire marchand américain par quatre pirates somaliens. Filmé comme un thriller, avec une réalisation nerveuse qui maintient parfaitement la tension, le film est haletant. Le stress est encore accentué par le fait que l'histoire est basée sur un fait divers réel.
Dans sa deuxième partie, le film flirte un peu avec une campagne publicitaire en faveur de l'armée américaine... même si la tension dramatique est assez extraordinaire. Heureusement Paul Greengrass a l'intelligence de présenter les pirates de manière nuancée, n'excusant pas mais expliquant un peu leurs agissements. Terrorisés et exploités par des milices armées, ces simples pêcheurs deviennent pirates par obligation. Ils apparaissent comme des gamins perdus, dépassés par les événements : le chef des pirates ne cesse de répéter que tout va bien se passer et que personne ne sera blessé... alors qu'on sait très bien que ça finira mal. A la base, ce ne sont que de simples pêcheurs... mais il n'y a plus de poisson, les grands bâteaux occidentaux ont épuisé les ressources de la mer. Les pirateries apparaissent comme un effet collatéral de la surexploitation des ressources naturelles par l'Occident, une sorte de retour de flammes violent.
La tension ne retombe qu'après l'assaut final... Mais on n'est pas au bout de nos émotions ! Les quelques minutes qui suivent sont peut-être les plus fortes du film, lorsqu'on accompagne le capitaine Phillips, pris en charge par les services médicaux, en état de choc. Et là, la performance de Tom Hanks est extraordinaire ! Des images très fortes pour terminer un film haletant, au propos finalement assez intelligent.
Dans sa deuxième partie, le film flirte un peu avec une campagne publicitaire en faveur de l'armée américaine... même si la tension dramatique est assez extraordinaire. Heureusement Paul Greengrass a l'intelligence de présenter les pirates de manière nuancée, n'excusant pas mais expliquant un peu leurs agissements. Terrorisés et exploités par des milices armées, ces simples pêcheurs deviennent pirates par obligation. Ils apparaissent comme des gamins perdus, dépassés par les événements : le chef des pirates ne cesse de répéter que tout va bien se passer et que personne ne sera blessé... alors qu'on sait très bien que ça finira mal. A la base, ce ne sont que de simples pêcheurs... mais il n'y a plus de poisson, les grands bâteaux occidentaux ont épuisé les ressources de la mer. Les pirateries apparaissent comme un effet collatéral de la surexploitation des ressources naturelles par l'Occident, une sorte de retour de flammes violent.
La tension ne retombe qu'après l'assaut final... Mais on n'est pas au bout de nos émotions ! Les quelques minutes qui suivent sont peut-être les plus fortes du film, lorsqu'on accompagne le capitaine Phillips, pris en charge par les services médicaux, en état de choc. Et là, la performance de Tom Hanks est extraordinaire ! Des images très fortes pour terminer un film haletant, au propos finalement assez intelligent.
lundi 25 novembre 2013
Les garçons et Guillaume, à table : une comédie touchante et gonflée
Adaptation au cinéma de son spectacle autobiographique, ce film est la première réalisation de Guillaume Galienne. C'est drôle, touchant et gonflé !
On rit, avec des scènes très drôles (le séjour de remise en forme en Bavière ou la visite médicale pour le service militaire !) mais on a aussi la larme à l'oeil avec d'autres scènes très touchantes (notamment la fin du film). La comparaison avec les premiers films de Woody Allen est pertinente. On y retrouve la dimension autobiographique, la place de la psychanalyse, l'humour, l'omniprésence de la mère... mais avec une touche personnelle et une grande sensibilité. La performance d'acteur de Guillaume Galienne est parfaite, usant de toute la palette des émotions. Sa réalisation est plutôt habile, nous faisant passer du théâtre à la vie, avec des apparitions incongrues de la mère de Guillaume.
Et puis le film pose évidemment la question de l'identité, avec force : le poids des attentes des parents, du regard des autres ou de la peur de ne pas plaire à ceux qu'on aime... De vraies questions que le film n'hésite pas à aborder.
On rit, avec des scènes très drôles (le séjour de remise en forme en Bavière ou la visite médicale pour le service militaire !) mais on a aussi la larme à l'oeil avec d'autres scènes très touchantes (notamment la fin du film). La comparaison avec les premiers films de Woody Allen est pertinente. On y retrouve la dimension autobiographique, la place de la psychanalyse, l'humour, l'omniprésence de la mère... mais avec une touche personnelle et une grande sensibilité. La performance d'acteur de Guillaume Galienne est parfaite, usant de toute la palette des émotions. Sa réalisation est plutôt habile, nous faisant passer du théâtre à la vie, avec des apparitions incongrues de la mère de Guillaume.
Et puis le film pose évidemment la question de l'identité, avec force : le poids des attentes des parents, du regard des autres ou de la peur de ne pas plaire à ceux qu'on aime... De vraies questions que le film n'hésite pas à aborder.
Le projet pouvait être "casse-gueule"... mais Guillaume Galienne réussit son numéro d'équilibriste !
lundi 18 novembre 2013
Snowpiercer : Ca fait froid dans le dos !
Snowpiercer est un film de SF post-apocalyptique qui fait froid dans le dos ! Alors que la terre traverse une nouvelle ère glaciaire, ce qui reste de l'humanité se retrouve dans un gigantesque train qui tourne sans fin autour du monde. Un véritable mini-état totalitaire y est instauré où quelques privilégiés vivent dans l'opulence en tête de train alors que le reste de l'humanité vit dans des conditions insalubres en queue de train. Mais une révolte est sur le point d'éclater...
Le train est évidemment une métaphore de la société : une machine froide et implacable qui ne s'arrête jamais. Une vision cynique et terrible de la société humaine accentuée encore par les révélations que la fin du film nous réservent.
Il y a quelque chose d'un Mad Max du froid dans le film, avec son argument pos-apocalyptique et sa machine infernale. Dans la galerie de personnages et ce petit monde à la fois sale et contrasté, parfois grotesque, il y a aussi quelque chose de l'univers de Terry Gilliam. Gilliam est d'ailleurs le nom d'un des personnages principaux du film... J'ai pensé également à un vieux film de SF, Soylent Green, qui partage une vision cynique de la société et où se pose aussi la question de la surpopulation.
Cynique et sombre, le film est aussi violent. La réalisation du coréen Bong Joon Ho ménage les contrastes. Le voyage vers la tête du train ménage bien des surprises, parfois volontairement grotesques (la scène hallucinante dans la voiture classe d'école !), avec une galerie de personnages haut en couleur (celui de Tilda Swinton !), jusqu'à la révélation de Wilford, le concepteur du train.
Snowpiercer est un film étonnant, parfois déroutant, mais qui se révèle d'une force étonnante, tant visuellement que dans son scénario. Un très bon film de SF post-apocalyptique !
Le train est évidemment une métaphore de la société : une machine froide et implacable qui ne s'arrête jamais. Une vision cynique et terrible de la société humaine accentuée encore par les révélations que la fin du film nous réservent.
Il y a quelque chose d'un Mad Max du froid dans le film, avec son argument pos-apocalyptique et sa machine infernale. Dans la galerie de personnages et ce petit monde à la fois sale et contrasté, parfois grotesque, il y a aussi quelque chose de l'univers de Terry Gilliam. Gilliam est d'ailleurs le nom d'un des personnages principaux du film... J'ai pensé également à un vieux film de SF, Soylent Green, qui partage une vision cynique de la société et où se pose aussi la question de la surpopulation.
Cynique et sombre, le film est aussi violent. La réalisation du coréen Bong Joon Ho ménage les contrastes. Le voyage vers la tête du train ménage bien des surprises, parfois volontairement grotesques (la scène hallucinante dans la voiture classe d'école !), avec une galerie de personnages haut en couleur (celui de Tilda Swinton !), jusqu'à la révélation de Wilford, le concepteur du train.
Snowpiercer est un film étonnant, parfois déroutant, mais qui se révèle d'une force étonnante, tant visuellement que dans son scénario. Un très bon film de SF post-apocalyptique !
samedi 16 novembre 2013
Caprica : Incontournable pour tout amateur de Battlestar Galactica !
Je viens de finir de regarder Caprica, la série préquelle deBattlestar Galactica. Et c'est vraiment bien ! On y retrouve l'univers et la mythologie de Battlestar Galactica et surtout on y découvre l'origine des Cylons !
C'est vraiment un complément incontournable à la première série. Tout fan de Battlestar Galactica (et j'en suis, évidemment...) devrait voir Caprica. Dommage qu'il n'y ait eu qu'une saison... Et même si les 10 dernières minutes du dernier épisode permettent de faire le lien avec Battlestar Galactica, ça aurait été tellement bien de le voir développer en une saison complète !
Comme dans Battlestar Galactica, la religion y tient une place très importante et le thème du fanatisme et de ses avatars (propagande, manipulation mentale, terrorisme...) y sont développés. Les questions métaphysiques déjà présente dans Battlestar Galactica sont évidemment toujours là : qu'est-ce qui fait de nous des humains ? Avec en plus dans Caprica la question très actuelle du lien entre monde virtuel et monde réel. Passionnant.
C'est vraiment un complément incontournable à la première série. Tout fan de Battlestar Galactica (et j'en suis, évidemment...) devrait voir Caprica. Dommage qu'il n'y ait eu qu'une saison... Et même si les 10 dernières minutes du dernier épisode permettent de faire le lien avec Battlestar Galactica, ça aurait été tellement bien de le voir développer en une saison complète !
Comme dans Battlestar Galactica, la religion y tient une place très importante et le thème du fanatisme et de ses avatars (propagande, manipulation mentale, terrorisme...) y sont développés. Les questions métaphysiques déjà présente dans Battlestar Galactica sont évidemment toujours là : qu'est-ce qui fait de nous des humains ? Avec en plus dans Caprica la question très actuelle du lien entre monde virtuel et monde réel. Passionnant.
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