lundi 18 novembre 2013

Snowpiercer : Ca fait froid dans le dos !

Snowpiercer est un film de SF post-apocalyptique qui fait froid dans le dos ! Alors que la terre traverse une nouvelle ère glaciaire, ce qui reste de l'humanité se retrouve dans un gigantesque train qui tourne sans fin autour du monde. Un véritable mini-état totalitaire y est instauré où quelques privilégiés vivent dans l'opulence en tête de train alors que le reste de l'humanité vit dans des conditions insalubres en queue de train. Mais une révolte est sur le point d'éclater...

Le train est évidemment une métaphore de la société : une machine froide et implacable qui ne s'arrête jamais. Une vision cynique et terrible de la société humaine accentuée encore par les révélations que la fin du film nous réservent. 

Il y a quelque chose d'un Mad Max du froid dans le film, avec son argument pos-apocalyptique et sa machine infernale. Dans la galerie de personnages et ce petit monde à la fois sale et contrasté, parfois grotesque, il y a aussi quelque chose de l'univers de Terry Gilliam. Gilliam est d'ailleurs le nom d'un des personnages principaux du film... J'ai pensé également à un vieux film de SF, Soylent Green, qui partage une vision cynique de la société et où se pose aussi la question de la surpopulation. 

Cynique et sombre, le film est aussi violent. La réalisation du coréen Bong Joon Ho ménage les contrastes. Le voyage vers la tête du train ménage bien des surprises, parfois volontairement grotesques (la scène hallucinante dans la voiture classe d'école !), avec une galerie de personnages haut en couleur (celui de Tilda Swinton !), jusqu'à la révélation de Wilford, le concepteur du train. 

Snowpiercer est un film étonnant, parfois déroutant, mais qui se révèle d'une force étonnante, tant visuellement que dans son scénario. Un très bon film de SF post-apocalyptique !

samedi 16 novembre 2013

Caprica : Incontournable pour tout amateur de Battlestar Galactica !

Je viens de finir de regarder Caprica, la série préquelle deBattlestar Galactica. Et c'est vraiment bien ! On y retrouve l'univers et la mythologie de Battlestar Galactica et surtout on y découvre l'origine des Cylons !

C'est vraiment un complément incontournable à la première série. Tout fan de Battlestar Galactica (et j'en suis, évidemment...) devrait voir Caprica. Dommage qu'il n'y ait eu qu'une saison... Et même si les 10 dernières minutes du dernier épisode permettent de faire le lien avec Battlestar Galactica, ça aurait été tellement bien de le voir développer en une saison complète !

Comme dans Battlestar Galactica, la religion y tient une place très importante et le thème du fanatisme et de ses avatars (propagande, manipulation mentale, terrorisme...) y sont développés. Les questions métaphysiques déjà présente dans Battlestar Galactica sont évidemment toujours là : qu'est-ce qui fait de nous des humains ? Avec en plus dans Caprica la question très actuelle du lien entre monde virtuel et monde réel. Passionnant.

vendredi 8 novembre 2013

Inside Llewyn Davis : portrait nostalgique d'un looser attachant

Inside Llewyn Davis, c'est l'histoire d'un chanteur folk qui galère, un portrait de looser comme savent si bien le faire les frères Coen.
On retrouve le ton acide des frères Coen, leur humour dans les dialogues, dans des situations cocasses et des personnages secondaires savoureux. Mais il se dégage surtout de ce film une nostalgie portée par les mélodies folk mélancoliques de l'excellente b.o., par une très belle photo et par une plongée réussie dans les années 60 (les pulls improbables !).
Un portrait attachant, porté par un Oscar Isaac formidable (c'est lui qui chante vraiment !) et une mis en scène parfaitement maîtrisée, 

lundi 28 octobre 2013

Gravity : enthousiasmant !

Dès les premières images du film, on sait qu'on va vivre une expérience incroyable, unique. L'ouverture est magique, avec des images d'une beauté à couper le souffle dans un long plan séquence qui nous place immédiatement en apesanteur.

La prouesse du film est dans sa réalisation. Extraordinaire. Avec une virtuosité éblouissante, Alfonso Cuarón parvient a recréer l'impression d'apesanteur avec un réalisme remarquable, grâce à une caméra sans cesse en mouvement, et un passage incessant d'une caméra objective à une caméra subjective. Les scènes d'action sont très impressionnantes et nous scotchent à notre fauteuil. Les scènes plus contemplatives sont admirables. Et on partage l'angoisse et le sentiment d'oppression d'une Sandra Bullock parfaite : on a parfois l'impression de manquer d'air nous aussi !

Incontournable avec un tel sujet, la dimension métaphysique ne manque pas, par la confrontation à l'immensité de l'espace, le sentiment de solitude, la proximité de la mort... La mort est évidemment présente dans le film, mais le film est aussi truffé d'images évoquant la naissance et la vie (position foetale de Sandra Bullock à son retour dans la navette, véritable cordons ombilicaux qui la relie à la station spatiale...) [spoiler] La fin du film, très belle, est à cet égard une véritable métaphore de la naissance : avec la sortie du module spatial immergé dans l'eau, l'arrivée sur le rivage, et la difficile station debout. Une véritable résurrection d'un personnage qui a su lâcher prise et choisir la vie, alors qu'elle était encore hantée par la mort de sa fille. [/spoiler] La dimension spirituelle n'est pas absente non plus. Je pense notamment à la scène où le personnage de Sandra Bullock se voit mourir, seule, démunie face à la mort, personne ne lui ayant appris à prier... Au-delà de la prouesse technique extraordinaire, le film ne manque donc pas de profondeur métaphysique.
Gravity, c'est du jamais vu. Une expérience extraordinaire. Un très grand film, sans doute le film de l'année. Enthousiasmant !

vendredi 18 octobre 2013

9 mois ferme : burlesque, tendre et déjanté

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Une juge d'instruction, célibataire endurcie, découvre qu'elle est enceinte au cinquième mois de sa grossesse. Il faut dire qu'elle est tombée enceinte suite à un réveillon bien arrosé, et elle n'a aucun souvenir des événements ! Elle finit par apprendre que le père n'est autre qu'un criminel notoire, accusé de globophagie (je vous laisse chercher le sens de ce mot...). S'ensuivra une série de quiproquos et de situations comiques des plus réjouissantes, à un rythme soutenu et porté par la folie douce de Dupontel. 90 minutes de plaisir.

Autour du duo Sandrine Kiberlain / Albert Dupontel, qui fonctionne très bien, il faut mentionner des seconds rôles savoureux : l'avocat bègue (la plaidoirie est à pleurer de rire), le médecin légiste jovial (l'autopsie : une scène gore jubilatoire), le juge relou de chez relou, le flic crétin... Et quelques invités surprises (Terry Gilliam en psychopathe derrière les barreaux, Jean Dujardin en interprète du journal télévisé en langue des signes...).
On est bien-sûr dans la caricature ! Mais ça fonctionne parfaitement. Et finalement, le film est une fable à la fois burlesque, tendre et déjantée, qui n'oublie pas d'égratigner au passage un système judiciaire froid et implacable et des médias si avides de faits divers qu'ils en viennent à raconter n'importe quoi.
Bref, vraie réussite, 9 mois ferme pourrait bien être tout simplement la comédie de l'année !