vendredi 19 avril 2013

The Grandmaster : envoûtant !

The Grandmaster, c'est l'histoire de Ip Man, maître légendaire du Kung-Fu et maître de Bruce Lee en particulier. Un film envoûtant, avec des plans d'une beauté à couper le souffle.
C'est donc un film de Kung-Fu, certes. Avec des combats spectaculaires et chorégraphiés, usant de ralentis à profusion. Mais quelle esthétique extraordinaire ! La scène du duel sur le quai de la gare est inoubliable ! 
Mais c'est aussi un film lyrique, onirique, émouvant. Une histoire d'honneur et d'amour impossible. 
Il y a aussi quelque chose de Sergio Leone : de grands espaces, les gros plans sur les visages, une tension avant les duels... Ce n'est pas un hasard si la musique d'Ennio Morricone est utilisée dans le film. En particulier dans une longue scène bouleversante, en fin de film, avec les retrouvailles de Ip man et Gong Er (le personnage joué par Zhang Ziyi, sublime). 
Pas de doute : Wong Kar-Wai est un grand maître !

mercredi 3 avril 2013

Augustus : un loto tactique chez les Romains

Augustus, c'est un peu un loto revisité. Mais c'est bien mieux qu'un simple loto. En fait, le mécanisme est tellement simple qu'on s'étonne de ne pas l'avoir vu déjà utilisé dans un jeu de société moderne ! Dans sa catégorie - jeu familial malin - Augustus a tout pour devenir un classique.
Chaque joueur a devant lui trois objectifs à remplir (soit des provinces à contrôler soit des sénateurs dont il faut obtenir le soutien). Un crieur publique va piocher un à un des jetons dans un sac et annoncer le symbole qui y figure dessus. Comme au loto, si vous avez le même symbole sur l'une de vos cartes objectifs, vous pouvez y placer une légion. Mais attention : sur un seul symbole, même si vous l'avez sur plusieurs cartes. Il faut choisir... Lorsque le crieur tire un jeton joker du sac, on peut placer une légion sur le symbole de notre choix, puis tous les jetons sont remis dans le sacs et le voisin de gauche devient le nouveau crieur publique. A noter aussi que certains symboles sont plus rares que d'autres ce qui rend certains objectifs plus difficiles à réaliser que d'autres. 
Lorsqu'une carte objectif est remplie, vous criez "Ave César !". Vous récupérer toutes le légions posées dessus et vous bénéficiez de l'éventuel bonus associé à la carte. Puis vous choisissez parmi cinq cartes un nouvel objectif. Le jeu se poursuit jusqu'à ce qu'un joueur ait réalisé 7 objectifs. Il faut encore ajouter qu'il y a des tuiles bonus que vous pouvez récupérer en fonction des objectifs réalisés. Il y a bien sûr une bonne part de hasard mais aussi quelques choix intéressants à faire, des prises de risque et une gestion des probabilités.
Bref, Augustus est un jeu familial vraiment très réussi. Vite expliqué, les parties sont courtes, quel que soit le nombre de joueurs (comme à 7 Wonders, tout le monde joue en simultané). Le jeu fait le buzz dans le petit monde ludique et c'est mérité ! A mon avis, ça sent bon l'As d'or et même, pourquoi pas, le Spiel des Jahres !

mercredi 27 mars 2013

The Place beyond the Pines : sombre et profond

The Place beyond the Pines est un film noir, à la fois film policier et chronique familiale sombre. Le film est en trois parties. La première est centrée sur Luke (Ryan Gosling), la deuxième sur Avery Cross (Bradley Cooper), et la troisième qui se déroule une quinzaine d'années plus tard autour des fils de l'un et de l'autre. Le film pose la question des conséquences de choix ou de circonstances pas toujours contrôlées, de l'histoire qui tent à se répéter. Est-on destiné à répéter les erreurs de nos pères ? Il pose aussi des question autour de la paternité. Bref, un film assez profond qui aborde de nombreux sujets.
Au niveau de la réalisation, Derek Cianfrance arrive à bien caractériser les trois parties du film. Au niveau du scénario, si les deux premières parties s'enchaînent bien, le début de la troisième partie est un peu cousu de fil blanc. C'est mieux par la suite et la fin est réussie. Si le film est assez désenchanté, la fin laisse, je trouve, un espoir poindre. Quant aux acteurs, ils sont remarquables : Ryan Gosling animal, Bradley Cooper ambitieux et tourmenté, Eva Mendez magnifique. 
Un très bon film, assez sombre mais profond. 

mercredi 13 mars 2013

A la merveille : une petite merveille... pour les "malickophiles" !

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Terrence Malick adopte dans son film la même esthétique que dans The Tree of Life, avec une narration non chronologique. Le film forme une sorte de puzzle qu'on reconstitue petit à petit. Un rythme lent et contemplatif, des voix off très présentes, des images magnifiques... Le film n'atteint pas toutefois le souffle de The Tree of Life mais reste un film magnifique. Au moins pour les "malickophiles" dont je suis !
A la merveille est un film sur la difficulté d'aimer, à travers les destins croisés d'un couple qui doute sur leur amour et d'un prêtre qui doute de sa foi. Plusieurs thèmes sont abordés : l'engagement, la confiance, la fidélité, le pardon... Le thèmes sont évoqués de manière lyrique, très esthétique, avec très peu de dialogues. Il faut se laisser emporter par les images et les émotions pour vivre l'expérience du film. 
La fin est bouleversante, avec en voix off une prière du prêtre en appelant au Christ comme source de tout amour. C'est la conclusion d'un cinéaste croyant : l'amour nous est accessible grâce à l'amour de Dieu qui nous entoure de toutes parts... 

mardi 19 février 2013

Lincoln : passionnant et bouleversant !

Lincoln est un film passionnant. Magistralement réalisé par Spielberg, qui réalise ici un de ses plus grands films. On est admiratif devant ce souffle lyrique mais sans pathos, un rythme parfait enchaînant des scènes spectaculaires ou intimes, poignantes ou drôles. Le film propose un portrait bouleversant d'Abraham Lincoln, non seulement dans son action politique et son combat pour l'abolition de l'esclavage, mais aussi du côté de sa vie privée, sa personnalité, sa vie de famille marquée par le drame de la mort d'un fils quelques années auparavant. 
Le film est passionnant sur le plan historique. Pénétrer dans les arcanes du pouvoir, assister aux tractations, aux négociations, aux moyens licites ou non utilisés pour s'assurer une majorité... Les scènes au parlement sont particulièrement réussies et traitées avec un sens du suspense parfait, jusqu'à la séance où a lieu le vote du 13e amendement. Magistral.
Et puis il y a le casting... Daniel Day-Lewis EST Abraham Lincoln. La métamorphose est vraiment impressionnante et convaincante. Mais il faut aussi souligner tous les personnages secondaires dont beaucoup ont une réelle épaisseur. Sally Field est excellente en Mary Todd Lincoln, l'épouse du président. David Strathairn (que je ne connaissais pas) est remarquable en secrétaire d'Etat William Seward. Et que dire de Tommy Lee Jones, dans le rôle de Thaddeus Stevens ? Toujours formidable, ici dans le rôle d'un personnage assez fascinant.
Et puis il y a la musique de John Williams. Excellente et tout à fait appropriée, rappelant les meilleures pages orchestrales de Charles Ives ou Aaron Copland. 
Lincoln est un grand film sur un grand homme. Un grand moment de cinéma.