samedi 5 janvier 2013

Création et évolution. De la confrontation au dialogue.

L'auteur, Pascal Touzet, est enseignant-chercheur en génétique évolutive. Il connaît donc bien la question ! Il est aussi chrétien, protestant évangélique engagé. Il propose un ouvrage de vulgarisation scientifique, présentant de façon claire et convaincante la théorie de l'évolution. Ses mécanismes, les preuves de l'évolution (des fossiles aux génomes). Le propos est accessible, argumenté et illustré.
Il évoque ensuite les différentes approches du débat sur la Bible et la science. Son positionnement est clair. Il réfute le créationnisme de la jeune terre, avec sa lecture littéraliste des premiers chapitres de la Genèse. Mais il  récuse également la théorie de Dessein intelligent (Intelligent Design) : "Cette théorie a un défaut majeur : elle sort du champ scientifique puisqu'elle remplace un mécanisme naturel par une intervention directe de Dieu. Le problème alors est qu'elle met Dieu dans les trous de notre connaissance et qu'elle prend finalement le risque de réduire l'espace de l'action de Dieu à une peau de chagrin au fur et à mesure que la science progresse." (p.40)
Il opte donc résolument pour une approche non littérale des premiers chapitres de la Genèse, en tenant compte de leur construction littéraire. "La nature du texte biblique n'est pas scientifique, ni dans sa fonction première puisqu'elle est théologique, ni dans son contexte car c'est celui d'une vision du monde partagée par les civilisations antiques. Vouloir le faire concorder avec les connaissances scientifiques actuelles est une entreprise qui me semble vouée à l'échec." (p.42)
Il tente enfin de répondre à plusieurs questions découlant de son approche, autour de la question de la sélection naturelle, du hasard dans l'évolution, ou de la question d'Adam. Sa conclusion ne laisse pas de doute : "L'évolution biologique est aujourd'hui la seule théorie scientifique capable d'expliquer l'histoire et le foncionnement du monde vivant. Le hasard, qui est surtout une manière de "simplifier" un phénomène trop complexe, et la sélection naturelle font partie des mécanismes de cette évolution." (p.57)
Bien-sûr, la taille de l'ouvrage ne permet pas d'aller au fond de toutes les questions. L'exégèse des textes bibliques va à l'essentiel, mais avec sérieux. C'est avant tout un ouvrage de vulgarisation scientifique, tout à fait accessible, qui souligne fort bien qu'il est possible d'avoir une vision chrétienne cohérente du monde, sans conflit entre la Bible et la science. 
Enfin une approche intelligente et stimulante sur la question, dans un langage accessible à tous ! Une lecture que je recommande chaudement. 
-------
Pascal Touzet, Création et évolution. De la confrontation au dialogue. (Croire pocket n°30)
Quelques chapitres de l'ouvrage sont consultables sur le site de l'éditeur

mardi 18 décembre 2012

Les bêtes du sud sauvage : bouleversant !

En Louisianne, une petite fille, Hushpuppy, vit seule avec son père, dans un bayou insalubre. Sa mère est morte et son père est malade... Une tempête arrive qui va peut-être les contraindre à l'exode, sous la pression des autorités.
On évolue dans une monde fait de bric et de broc, un monde dur, viril. Mais pour ceux qui y habitent et que rien, pas même une tempête, ne peut déloger, c'est le plus bel endroit du monde. D'ailleurs, quand ils se retrouvent à un moment du film dans un centre d'accueil médicalisé, aseptisé, froid, Hushpuppy, dit que ça ressemble à un aquarium sans eau !
Dans ce bayou, on fait connaissance avec une communauté certes pauvre, passablement imbibée d'alcool, mais très solidaire et attachante (avec une galerie de portraits réjouissants). 
C'est une histoire toute simple, pleine d'humanité, vue à travers les yeux d'une petite fille, où se mêlent réalité et imaginaire, pour affronter la rudesse du monde, la cruauté de la vie et les déchaînements de la nature. Tout simplement un film bouleversant, tour à tour dur, onirique, tendre, drôle... Il y a des scènes magnifiques (entre Hushpuppy et son père ou lorsque la petite fille écoute battre le coeur des animaux), pafaitement maîtrisée (la montée en puissance de l'introduction), parfois très fortes émotionnellement (la fin du film). Le tout est accompagné d'une très belle musique originale. Et le choc, c'est la petite fille qui joue le rôle principal de la petite Hushpuppy. Vraiment extraordinaire !
Un film à ne surtout pas manquer ! Une vrai leçon de vie et d'humanité. Mon coup de coeur de l'année.

dimanche 16 décembre 2012

Le Hobbit : retour réussi dans les Terres du milieu !

On peut dire qu'il était attendu celui-là ! Et c'est du grand spectacle !!! Ce qui frappe en premier lieu, c'est la qualité de l'image, filmée en 48 images par seconde, avec une 3D finalement assez réussie. Tout cela donne des plans vertigineux et des morceaux de bravoure très réjouissants (les géants de pierre, la course poursuite dans l'antre des gobelins...). 
Au niveau de l'intensité de l'histoire et du scénario on est quand même un poil en dessous du Seigneur des anneaux. Il y a plus d'humour mais c'est quand même bien plus sombre que le livre d'origine. Peter Jackson a enrichi son récit d'autres éléments issus de l'univers de Tolkien. A l'origine, c'est une histoire pour enfants... ce n'est plus vraiment le cas. Le Hobbit est simplement une préquelle du Seigneur des Anneaux.
A noter (j'y suis toujours sensible) : la très bonne BO de Howard Shore, qui revisite les thèmes de la première trilogie et y ajoute notamment une chanson, interprétée par les nains, qui reste longtemps dans la tête. 
Bref, même si le Hobbit n'atteint pas l'intensité de la trilogie du Seigneur des Anneaux, quel plaisir de retrouver les Terres du Milieu version Peter Jackson et plusieurs de ses héros (je dois avouer que j'ai toujours eu un faible pour les nains) ! Et la dernière image donne vraiment envie de voir la suite et de se frotter de plus près au terrifiant Smaug, le dragon. 

mercredi 28 novembre 2012

Axis : moins de souffle que Spin, mais j'attends la suite !

Axis, c'est la suite de Spin. On se retrouve une trentaine d'années après la fin des événements du premier roman. Mais je n'en dirai pas plus, pour ceux qui n'auraient pas lu le livre...
Axis n'a sans doute pas le souffle de Spin mais il propose quand même une histoire intéressante. On en apprend un peu plus sur les "Hypothétiques", tout en gardant encore une grande part de mystère. Evidemment, il faut avoir lu Spin pour comprendre de quoi je parle... C'est en fait un roman de transition qui appelle une suite : Vortex qui est déjà paru. A ce titre, les derniers chapitres sont à mon goût les plus réussis du livre. L'auteur y retrouve un peu le souffle de Spin et, il faut bien l'avouer, une fois le bouquin terminé, on n'a vraiment envie de connaître la suite !
On retrouve des thèmes déjà présents dans Spin, telles que des questions existentielles sur la vie et sur l'évolution, sur la place de l'humanité dans l'univers, sur les limites de la science, y compris la question des limites éthiques dans l'expérimentation scientifique. 
Un bon roman de SF... mais j'attends la suite !

mercredi 21 novembre 2012

Myrmes : c'est fourmidable !

Myrmes est le premier jeu de Yoann Levet et pour une première, c'est un coup de maître ! Le thème des fourmis m'a d'abord attiré. Original. Ensuite, l'éditeur, Ystari, connu pour la qualité de ses jeux pour amateurs de "kubenbois". Bref, je n'ai pas hésité une seconde : j'ai acheté le jeu sans même l'avoir essayé (j'ai quand même lu la règle en ligne avant...).
Myrmes est un jeu de gestion. Il s'agit de développer sa fourmillère en gérant sa population et ses ressources, tout en luttant avec les autres fourmillères pour étendre sa zone d'influence à l'extérieur, et s'assurer l'apport régulier de ressources. 
Les choix sont cornéliens pour les nourrices à disposition du joueur : faire naître des ouvrières qui pourront aussi s'aventurer à l'extérieur en éclaireuse et poser des phéromones, ou des soldats qui pourront aller chasser des insectes ou nettoyer les phéromones des autres fourmillères ? Ou encore les faire travailler à l'intérieur de la fourmillère, creuser plus profondément pour rendre la fourmillère plus puissante ou cruser une nouvelle sortie pour faciliter ses déplacements à l'extérieur ? Les choix sont nombreux...
Il y a aussi une question de timing pour satisfaire le conseil des reines en accomplissant les objectifs proposés. Plus on les réalise rapidement, plus on aura de chance de gagner des points de victoire supplémentaires quand les autres joueurs accompliront le même objectif... mais chaque objectif réalisé demande de sacrifier une nourrice. Et aquérir une nouvelle nourrice coûte assez cher. 
Pour remporter la victoire, il faut s'astreindre à un rude travail de fourmi et grapiller, chaque tour, quelques points de victoire. Gérer au plus juste les ressources et la population de la fourmillère. Surveiller l'extérieur pour ne pas se laisser bloquer par les autres. Bref, Myrmes est un jeu qui fait chauffer les neurones !
Le matériel est de bonne qualité. Un plateau central, des plateaux individuels (peut-être un peu légers), des petites fourmis en plastique et des tuiles phéromones aux couleurs des joueurs... et plein de cubes en bois de toutes les couleurs. 
Les parties sont très tendues, l'interactivité bien présente. On retrouve tous les plaisirs (et les frustrations... il nous manque toujours UNE ressource pour faire ce qu'on voudrait !) des bons jeux de gestion, avec un thème qui n'est pas du tout plaqué articificiellement. 
Myrmes ? Peut-être bien le jeu de l'année 2012 !
-----------------
Myrmes, sur le site de l'éditeur