mardi 25 février 2025

A Thousand Blows : Une plongée musclée dans les bas-fonds de Londres

Créée par Steven Knight, déjà à l’origine de l’incontournable série Peaky Blinders, A Thousand Blows propose une nouvelle fiction historique, inspirée (avec un certain nombre de libertés quand même) de personnages ayant réellement existé, à commencer par les Forty Elephants, ce gang criminel exclusivement féminin qui a sévi à Londres pendant plusieurs décennies aux XIXe et XXe siècles. 

On y croise, entre autres personnages historiques, Hezekiah Moscow, boxeur jamaïquain espérant trouver la gloire à Londres, Henry "Sugar" Goodson qui règne en maître sur le ring du West End, et Mary Carr, la reine des voleuses, qui se fait appeler Lady Augusta Farnley dans la bonne société. 

La série nous emmène ainsi dans une ville de contrastes, entre les quartiers populaires et mal famés de l’est de la ville et les quartiers chics de l’ouest, entre les rings clandestins de boxe à mains nues, qui pouvaient se terminer par la mort d’un des combattants, et le club londonien de West End, où les combattants s’affrontaient avec des gants, entre gentlemen. 

Le récit emprunte à différents genres : reconstitution historique, film de boxe, récit de braquage, chronique féministe, des histoires de rivalités, de vengeance, de racisme et de violence. Ca fait peut-être beaucoup d’intrigues différentes pour une mini-série de 6 épisodes mais il faut reconnaître que le savoir faire de Steven Knight fait encore mouche et qu’on se laisse embarquer avec un plaisir non dissimulé… grâce aussi à un solide casting, une réalisation impeccable et une reconstitution historique minutieuse (et une excellente bande originale du compositeur argentin Federico Jusid). 

Enfin, très bonne nouvelles, quelques images à la fin de l’épisode final laissent entrevoir la suite, pour une saison 2 déjà prévue !

-------
A Thousand Blows, une série créée par Steven Knight
avec Malachi Kirby, Erin Doherty, Stephen Graham
Disponible sur Disney+

lundi 17 février 2025

Bref 2 : Bref. C’est un retour réussi !

Le retour de Bref, c’est quand même une des plus grosses surprises de l’année dans le petit monde des séries. On n’imaginait pas une suite à ce programme court, diffusé à l’époque du Grand Journal sur Canal+ et devenu culte. Une référence dans le domaine, qui s’était arrêté il y a près de 15 ans (déjà !) après 82 épisodes… de moins de deux minutes. Revoilà donc Bref, cette fois sur Disney+ (avec toute la saison 1 à binge watcher en bonus). 

Le gros changement, c’est le format. Fini les pastilles survitaminées de moins de deux minutes. Bref 2 est une mini-série de 6 épisodes d’une durée de 30 à 40 minutes. Au total, ça fait finalement une durée totale assez proche… mais le récit est complètement différent. 

On y retrouve toujours le même personnage (dont on ne connaît toujours pas le nom), toujours en galère et incapable de trouver la moindre stabilité dans sa vie. On retrouve aussi les personnages récurrents de la série originale (les ex, la famille et les amis de “je”), incarnés par les mêmes acteurs et actrices. Mais il y a aussi plusieurs nouveaux personnages (notamment la coloc incarnée par Laura Felpin et le voisin incarné par Jean-Paul Rouve) et de nombreuses apparitions de guests prestigieux. 

Le ton de Bref est, heureusement, toujours bien présent dans Bref 2. Dans tous les épisodes il y a des séquences similaires aux pastilles de 2 minutes qu’on connaît, avec le même rythme, le même montage, la même voix off, le même humour corrosif, et le même sens aigu de l’observation. Mais la série s’enrichit d’autres types de récit, plus calmes, plus méditatifs, où l’introspection se fait plus profonde et les thèmes, parfois graves aussi, abordés de façon plus mature. L’humour est toujours très présent mais la série se pare aussi de mélancolie, de tendresse et d’émotion. Mine de rien, Bref 2 parle de l’importance de faire des choix et de les assumer, d’oser se remettre en question, d’être honnête avec soi-même et avec les autres… C’est, encore plus que dans le format original, une fable morale contemporaine. 

Bref, c’est un retour réussi, qui a su se renouveler tout en restant fidèle à son concept original ! 

-------
Bref 2, une mini-série créée par Kyan Khojandi et Bruno Muschio
avec Kyan Khojandi, Laura Felpin, Bérengère Krief
Disponible sur Disney+

lundi 10 février 2025

Asura : Un petit bijou de délicatesse et de finesse à ne pas manquer

 

Fin des années 1970 au Japon. Tsunako, Makiko, Takiko et Sakiko sont quatre soeurs aux personnalités bien différentes. L’aînée est professeure, la deuxième femme au foyer, la troisième bibliothécaire et la dernière serveuse. Takiko pense que leur père a une maîtresse et un enfant illégitime. Ses soeurs peinent à le croire… mais elles promettent de cacher cette information à leur mère. La révélation va pourtant mettre en lumière des secrets et révéler des tensions au sein de la famille, et chez chacune des quatre soeurs. 

Hirokazu Kore-eda est de retour sur Netflix pour une nouvelle mini-série. Après la merveille Makanai, Asura est un nouveau petit bijou de délicatesse et de finesse, dont toute la force est dans sa simplicité. 

La série suit, sur quelques années, la vie des quatre soeurs, leurs espoirs et leurs déboires, l’évolution de leurs liens familiaux et de leur sororité. Elle le fait avec beaucoup d’empathie, une pudeur toute japonaise, mais aussi de nombreuses petites pointes d’humour, et quelques moments bouleversants. C’est aussi l’occasion d’explorer la réalité d’une société patriarcale dans laquelle les femmes n’avaient guère d’autre horizon que de se marier et d’avoir des enfants… 

Or, le générique de la série l’exprime joliment, et avec une certaine malice : elle se tient aux côtés de ces quatres soeurs et de leurs combats (il faut d’ailleurs regarder sa version longue, complète, en post-générique à la fin du dernier épisode !)... sans pour autant rejeter en bloc les hommes, dont plusieurs bénéficient aussi d'un regard plein d'empathie. 

La série bénéficie aussi d'un casting formidable, à commencer par les quatre actrices qui incarnent ces quatre soeurs si différentes et auxquelles on s’attache profondément au cours du récit. Et les acteurs et actrices qui les entourent sont au diapason, au service de personnages bien caractérisés, si souvent touchants. 

Une mini-série à ne pas manquer... d'autant qu'elle peut facilement passer inaperçue dans l'abondante production de Netflix. 

-------
Asura, un mini-série créée par Hirokazu Kore-eda
avec Rie Miyazawa, Machiko Ono, Yû Aoi, Suzu Hirose
7 épisodes disponibles sur Netflix

vendredi 17 janvier 2025

Silo (saison 2) : Toujours une valeure sûre dans le domaine des séries SF

 

La saison 2 de Silo vient de se terminer sur Apple TV+ et la série confirme qu’elle est une valeure sûre dans le domaine des séries de SF en cours. 

[Spoiler] A la fin de la saison 1, on avait laissé Juliette seule, elle avait survécu à sa sortie et s’était réfugiée dans un autre silo dont apparemment tous les habitants avaient péri en sortant à l’extérieur. La saison 2 alterne son récit entre Juliette dans son silo, et la révolte qui gronde dans l’autre silo. [/Spoiler]

L’univers claustrophobique des romans de Hugh Howey est toujours aussi bien rendu, dans des décors très réussis. L’intrigue tient en haleine, même si le récit aurait peut-être gagné à être un peu resserré : un ou deux épisodes de moins auraient donné un peu plus de rythme à l’histoire. Les thèmes socio-politiques de cette dystopie post-apocalyptique sont toujours bien présents : autoritarisme, résistance ou soumission, lutte de classes, révisionnisme, désinformation… L’épisode final conclut de façon tout à fait satisfaisante la saison, avec un bon cliffhanger, comme il se doit, et un avant-goût de ce que sera la saison 3 (on rappelle que le deuxième roman de Hugh Howey fait un bond dans le passé pour expliquer l’origine des Silos…) et une dernière image maline. 

La bonne nouvelle est que les saisons 3 et 4 sont déjà commandées. L’histoire de Silo va donc pouvoir être menée jusqu’à son terme ! 

-------
Silo (saison 2), une série créée par Graham Yost
avec Rebecca Ferguson, Tim Robbins, Harriet Walter
Disponible sur Apple TV+

samedi 28 décembre 2024

Mon bilan séries 2024

Parmi les séries que j’ai regardées cette année, voici mes préférées, classées en trois catégories : les mini-séries (quelques épisodes et pas plus), les nouvelles séries (dont une saison 2 est confirmée ou probable) et les séries en cours. 

Les séries en cours


For All Mankind (sur Apple TV+)
For all Mankind demeure sans doute ma série en cours préférée, une réussite majeure qui parvient, saison après saison, à se renouveler, dans un genre que j’apprécie particulièrement : l’uchronie. L’entremêlement des récits intimes et des enjeux géopolitiques est toujours très bien dosé et l’issue de l’intrigue en fin de saison est toujours incertaine, jusqu'aux derniers instants de l'épisode final. Magistral.
Lire ma critique de la saison 4


The Bear (sur Disney+)
La recette évolue un peu mais c'est toujours un régal ! The Bear demeure incontestablement une des toutes meilleures séries du moment, avec une qualité d’écriture et de réalisation au-dessus du lot, et une interprétation de haut vol pour incarner des personnages touchants, et parfois énervants. Des personnages très humains... Et c’est pour ça qu’on les aime !
Lire ma critique de la saison 3


Slow Horses (sur Apple TV+)
Toujours un petit bijou d’humour et d’action. La meilleure série d’espionnage du moment. Les saisons sont courtes, sans baisse de rythme pour une intrigue efficace qui réserve toujours son lot de rebondissements et de surprises. Avec le toujours génial Gary Oldman qui nous régale à chacune de ses apparitions à l’écran. 
Lire ma critique de la saison 4


House of the Dragon (sur Max)
Certains diront sans doute que c’est une saison d’attente, voire une saison frustrante. Mais House of the Dragon est avant tout une série politique, sur le pouvoir, avec ses jeux d’influences, ses alliances et ses trahisons. Avec aussi ses hésitations, ses atermoiements, ses incertitudes et ses résistances. Et cette saison 2 prend le temps de le montrer, de manière convaincante. 
Lire ma critique de la saison 2


Kleo (sur Netflix)
Après une saison 1 qui avait créé la surprise, la saison 2 confirme : Kleo est une série d’espionnage très originale, abracadabrantesque, pleine d’humour et d’action, qui propose une version alternative et franchement barrée de la Guerre Froide, au moment de la chute du mur de Berlin. 
Lire ma critique de la saison 2


Shrinking (sur Apple TV+)
C’est la série feel-good du moment ! Sans révolutionner le genre, Shrinking est une série très attachante, qu’on regarde avec plaisir, pour sa galerie de personnages réjouissants (Harrison Ford !) et sa façon légère d’aborder des sujets graves. 
Lire ma critique de la saison 2


Les nouvelles séries

Shogun (sur Disney+)
Une grande fresque historique, romanesque et épique. Nouvelle adaptation du roman de James Clavell, la série fait le choix de l’authenticité dans la reconstitution historique, pour s’éloigner d’une adaptation trop occidentalo-centrée. Et le résultat est franchement très convaincant, somptueux. Une vraie réussite, qui a de l’ampleur et du souffle. 
Lire ma critique de la saison 1


Sugar (sur Apple TV+)
Une série policière, au début assez classique, un bel hommage aux films noirs, dans une esthétique rétro, avec une voix off introspective très présente… jusqu’à un incroyable twist, complètement inattendu, qui fait prendre à la série une nouvelle tournure pour ses derniers épisodes ! 
Lire ma critique de la saison 1

Les mini-séries

Masters of the Air (surApple TV+)
C’est haletant, instructif, impressionnant de réalisme, remarquablement réalisé et interprété. Masters of the Air est bel et bien le digne successeur de Band of Brothers (qui reste sans doute insurpassé) et The Pacific. C'est ce qui se fait de mieux dans le genre spécifique des séries de guerre. 
Lire ma critique complète


Ripley (sur Netflix)
Tournée dans un sublime noir et blanc, la série est un thriller extrêmement bien construit, dans une esthétique évoquant l’âge d’or des films noirs. Car c’est bien une série noire, sombre voire dérangeante.
Lire ma critique complète


Une amie dévouée (sur Max)
La série parvient avec finesse à évoquer la complexité d’un personnage qui crée en nous des sentiments ambivalents : de la sidération et de l’effroi lorsqu’on prend conscience de la souffrance qu’elle ajoute aux victimes, mais aussi de la pitié pour une femme perdue, victime de sa mythomanie. 
Lire ma critique complète


Ne dis rien (sur Disney+)
La série est passionnante pour l’immersion qu’elle propose au sein de l’IRA, au cœur des troubles de la guerre civile en Irlande du Nord, ses enjeux, ses stratégies de guerre, les méthodes radicales utilisées, y compris du côté de la police britannique… Une excellente série, troublante à plusieurs égards. 
Lire ma critique complète