vendredi 1 mars 2024

Atlanta : une série unique en son genre, inclassable et géniale

 

Je viens enfin de terminer la 4e et dernière saison d’Atlanta, qui a été mise en ligne assez récemment sur Disney+, de manière presque incognito… Je suis tombé dessus presque par hasard. C’est pourtant une des séries récentes les plus originales et, à bien des égards, géniale. 

Créée par Donald Glover (qui joue aussi dans la série, et réalise quelques épisodes), c’est l’histoire de Earn qui devient le manager de son cousin Al, un rappeur dont le nom de scène est Paper Boi et qui vit à Atlanta, où il héberge son meilleur pote Darius, un mec complètement perché. Il y a aussi Vanessa, la copine de Earn, avec qui il a eu une fille, Lottie. Enfin ça, c’est la toile de fond de la série. Parce que, sur cette base, la série construit un récit éclaté, où chaque épisode est une surprise, on ne sait jamais où le récit va nous emmener, et on est même parfois complètement déconnecté de l’histoire globale. 

Bien-sûr, toute la série se déroule dans la communauté Afro-Américaine et son propos sous-jacent (et parfois explicite) est politique et sociétal, et entend dénoncer le racisme et les discriminations raciales. Ce qui n’empêche pas la série, avec une ironie mordante, de dénoncer aussi les travers possibles de la communauté noire. Mais Atlanta, c’est aussi une série sur le monde de la musique, du rap en particulier, qui évoque la célébrité, le fric, les egos surdimensionnés. C’est même une série sur le couple et la famille, notamment la peur de l’engagement… Et bien d’autres thématiques encore y sont abordées. Mais très souvent de manière étonnante voire déroutante. En tous les cas, toujours imprévisible. Certains épisodes sont lunaires, d’autres loufoques, mais ils peuvent aussi être dramatiques, oniriques, parodiques ou même inquiétants. Et il arrive qu’on passe d’une ambiance à l’autre dans un même épisode. 

Mais surtout, Atlanta c'est très drôle, avec des personnages savoureux, des dialogues et des situations comiques incroyables, une série qui ne cesse de surprendre, avec une inventivité folle. Et même si certains épisodes sont un peu moins réussis, d’autres sont tout simplement brillants. Et l’ensemble est terriblement attachant. La série se termine joliment, sur une ultime pirouette, avec un brin de nostalgie. 

Pour pleinement apprécier la série, il faut se laisser porter, accepter d’être surpris voire un peu perdu parfois. Mais si on l’accepte, alors quel plaisir ! Atlanta est une série unique en son genre, inclassable et assez géniale. Incontournable !

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Atlanta, une série créée par Donald Glover
avec Donald Glover, Brian Tyree Henry, Lakeith Stanfield

jeudi 8 février 2024

Mr & Mr Smith : La vie de couple, mission impossible ?

 

Un homme et une femme se font engager par une mystérieuse agence d’espionnage. Ils ne se connaissent pas du tout mais ils deviennent M. et Mme Smith et se retrouvent dans un luxueux appartement à Manhattan. Désormais mariés, ils vont devoir ensemble accomplir des missions à haut risque. Mais leur couverture va devenir plus complexe à gérer lorsqu’ils éprouvent de vrais sentiments l’un pour l’autre. 

Même si l’idée de départ est similaire, la série est très différente du film avec Brad Pitt et Angelina Jolie. Mr & Mrs Smith, derrière ses allures de série d’espionnage, est d’abord une étude du couple. Un couple dont la vie privée et la vie professionnelle se mélangent… et il se trouve que leur profession, c’est d’être espion !

Évidemment, si on s’attend à une série d’action classique, surchargée en fusillades, combats et poursuites de tout genre, on risque d’être un peu déçu (même s'il y a bien aussi de vraies scènes d'action !). Mais la série est bien plus intelligente que cela. Chaque épisode, avec la nouvelle mission qui est confiée à John et Jane, est en réalité un prétexte pour évoquer un des aspects de la vie d’un couple, son évolution, que ce soit avec ses côtés positifs (la rencontre, la découverte mutuelle, la complicité…) ou ses difficultés et ses crises, qui peuvent conduire à la thérapie de couple, voire à la rupture. 

Il y a dans ce mélange des genres une dimension ludique très réussie et qui donne une comédie originale, maline et fun. Il y a même un petit quelque chose qui évoque un peu Atlanta, la série géniale créée également par Donald Glover (en moins perché quand même !). 

L’alchimie entre les deux interprètes principaux, Maya Erskine et Donald Glover, fonctionne à merveille. En bonus, chaque épisode a ses guests, et pas des moindres (Paul Dano, John Turturro, Sarah Paulson, Ron Perlman, pour n’en citer que quelques-uns). 

Enfin, le dernier épisode, à la fois très rythmé et émouvant, se termine de façon originale et maline. Je n’en dirai rien pour ne pas divulgâcher… mais j’ai trouvé cette fin très réussie. 

Bref, Mr & Mrs Smith est vraiment une très jolie surprise, que je recommande chaudement. 

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Mr &Mrs Smith, une série créée par Donald Glover et Francesca Sloane
avec Donald Glover, Maya Erskin
8 épisodes disponibles sur Amazon Prime Video

lundi 22 janvier 2024

Le Renard - Prince des voleurs : une série en costume réjouissante et assez trépidante

 

Jack Dawkins, alias le Renard, jeune et habile pickpocket, a réussi à s’échapper de prison en Angleterre et s’est enfui en Australie. Dans la colonie britannique de Port Victory, désormais adulte, il est devenu chirurgien. Mais l’arrivée surprise de Fagin, dont il était l'apprenti voleur et qu’il croyait mort, va le faire replonger dans le crime. Il va aussi faire la connaissance de Lady Belle, la fille du gouverneur, une jeune femme brillante et éprise de liberté qui rêve de devenir chirurgienne. 

Jack Dawkins, Fagin, les connaisseurs de Dickens auront sans doute reconnu les personnages d’Oliver Twist. La série est bien une suite du roman de Dickens, mais avec un ton bien plus léger, pour une série en costume réjouissante et assez trépidante. 

L’évocation de la chirurgie au milieu du XIXe siècle, avec ses opérations en public, une hygiène douteuse et des méthodes assez radicales, donne lieu à des scènes très réussies. Les petits jeux de dupe, de trahison et de tromperie sont plaisants. Et la romance qui s’insère dans l’histoire est de bon aloi. L’humour et l’ironie sont présents tout au long du récit, auquel on pardonne volontiers quelques facilités de scénario. En tout cas, le plaisir ne se dément pas tout au long des huit épisodes, grâce à une réalisation efficace et un casting solide, duquel ressortent en particulier un excellent David Thewlis, assez méconnaissable et truculent en Fagin, et l’acteur australien Damon Herriman, en capitaine de police froid et intraitable.

Une jolie surprise pour cette série sur laquelle je suis tombée un peu par hasard et que j’ai regardé avec beaucoup de plaisir. Le dénouement laisse ouverte la possibilité d'une saison 2. Ce serait une bonne idée ! 

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Le renard - Prince des voleurs, une série créée par David Maher, James McNamara et David Taylor
avec Thomas Brodie-Sangster, David Thewlis, Maia Mitchell
Disponible sur Disney+

vendredi 12 janvier 2024

For all Mankind : une série toujours aussi enthousiasmante

 

La saison 4 de la série vient juste de se terminer sur Apple TV+. Petit rappel du pitch de la série Il s’agit d’une uchronie qui imagine ce qu’aurait pu être l’histoire de l’humanité si les premiers à avoir envoyé un homme sur la Lune en 1969 n’était pas les américains mais les russes. A partir de là, tout s’enchaîne de manière différentes de notre histoire…

Avec la saison 4, nous sommes en 2003. L’humanité est désormais bien installée sur Mars, et on repère un astéroïde se dirigeant en direction de la planète rouge et qui pourrait bien changer la donne. Il est en effet constitué de minéraux rares extrêmement précieux, une véritable mine d’or qu’il ne faut pas laisser passer. Le défi est de trouver comment capturer l’astéroïde pour exploiter ses ressources inestimables… Pour y arriver, l’humanité va devoir se montrer unie et collaborer… mais les choses ne sont pas si simples puisque l’URSS, qui existe toujours, vient de retrouver un régime autoritaire. 

A Happy Valley (le nom de la colonie humaine sur Mars), c’est une micro-société humaine qui s’est installée. Et si, officiellement, les nations de la terre sont unies, des tensions politiques demeurent. Loin de construire une colonie idéale, Happy Valley a tendance à reproduire sur Mars les inégalités et les injustices sociales qu’on rencontre sur Terre… La nature humaine ne change pas sur le sol martien ! S’ajoute à cela un enjeu nouveau : la capture de l’astéroïde va-t-elle servir les intérêts de la Terre ou ceux de Mars ? Tout cela permet à la série de nous raconter une histoire qui évoque des thèmes proches de nos préoccupations, alors même que le cours de l’histoire humaine s’y est écarté de la nôtre.

Ils ne sont plus qu’une poignée de personnages présents depuis la saison 1 (et on s’est particulièrement attachés à eux). De nouveaux arrivants font leur entrée dans la série. Alors, il faut un petit peu de temps pour que les choses se mettent en place. Il faut dire aussi qu’avec cette saison 4, on s’est passablement écarté du cours normal de l’histoire. Mais la série réussit à trouver petit à petit sa cohérence, son rythme et lorsque le coeur de l’intrigue de cette saison arrive, autour de l’astéroïde à capturer, on est happé par le récit, jusqu’à un dernier épisode tendu et haletant qui propose un final en apothéose, empreint d’émotion. Magistral !

For all Mankind demeure sans doute ma série en cours préférée, une réussite majeure qui parvient, saison après saison, à se renouveler. L’entremêlement des récits intimes et des enjeux géopolitiques est toujours très bien dosé et l’issue de l’intrigue en fin de saison est toujours incertaine, jusqu'aux derniers instants de l'épisode final. 

Et puis le petit saut dans le temps à la fin du dernier épisode, jusqu’en 2012, laisse encore entrevoir une saison supplémentaire possible. Il ne reste plus qu’à espérer qu’elle soit commandée. On n’a pas du tout envie de quitter cette série… 

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For all Mankind (saison 4), une série créée par Ronald D. Moore, Ben Nedivi et Matt Wolpert
avec Joel Kinnaman, Krys Marshall, Toby Kebbell

mardi 9 janvier 2024

La créature de Kyŏngsŏng : une fable horrifique sur un fond historique


A Kyŏngsŏng (l’ancien nom de Séoul), en 1945, la Corée est sous occupation japonaise. Jang, un riche prêteur sur gage de la ville, doit retrouver un femme mystérieusement disparue. Pour y parvenir, il fait appel à deux détectives réputés, Joong-won et sa fille Chae-oak, qui sont eux-mêmes à la recherche depuis plusieurs années de la mère disparue. Leur enquête va les mener vers un hôpital militaire sous contrôle japonais où ils vont découvrir que les sous-sols abritent une unité secrète se livrant à des expérimentations humaines sur des prisonniers coréens. L’une de ces expériences aboutit à la création d’une terrible créature à la force redoutable. 


Comme souvent, cette nouvelle série coréenne mélange les genres en proposant une intrigue qui mêle enquête, film d’horreur, romance et reconstitution historique. Car derrière le drame et la fable horrifique sombre se cache une référence à un terrible fait historique, celui de l’Unité 731, créée par l’armée japonaise dans les années 30 et qui effectuait de véritables expériences sur des humains pour créer des armes bactériologiques. 


La série est très soignée d’un point de vue esthétique, avec des décors et des costumes magnifiques. Les effets spéciaux sont plutôt convaincants, et la créature monstrueuse est tout à fait réussie. La série propose aussi quelques scènes d'une belle dimension poétique. Le récit offre son lot de rebondissements, des scènes d’action spectaculaires et une histoire qui, certes malgré quelques longueurs parfois, tient bien en haleine jusqu’au dénouement… ou plutôt jusqu’aux cliffhangers (car il y en a plusieurs) qui concluent la série et promettent une saison 2, déjà annoncée pour 2024, mystérieuse et surprenante (la dernière séquence !). 


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La créature de Kyŏngsŏng, une série créée par Kang Eun-kyung

avec Park Seo-joon, Han So-hee, Kim So-hyun

Saison 1 (10 épisodes) disponible sur Netflix