lundi 23 septembre 2013

Le Majordome : un beau mélodrame familial sur fond de lutte pour l'égalité

Le Majordome est un mélodrame historique, de facture assez classique, mais dont le propos ne peut laisser insensible. Le film est basé sur l'histoire vraie de Cecil Gaines, majordome à la Maison Blanche durant sept présidences, de Eisenhower à Reagan.

On passe finalement (trop ?) vite sur les différentes périodes qui se succèdent. Les portraits des différents présidents successifs sont un peu stéréotypés (Nixon et Reagan en prennent pour leur grade, Kennedy en ressort, évidemment, tout auréolé). Et les autres grandes figures des luttes pour les droits civiques des Noirs subissent le même traitement : Martin Luther King apparaît dans une ou deux scènes seulement et Malcolm X est à peine évoqué.

En réalité, il s'agit moins d'un film historique que d'une saga familiale sur fond d'histoire américaine et de lutte pour l'égalité. Deux axes parcourent le film. Le premier évoque la belle histoire d'amour entre Cecil Gaines et sa femme, un amour qui dure non sans lutte. Et surtout le second qui évoque le lien entre Cecil Gaines et Louis son fils ainé. Un rapport tumultueux d'un père et de son fils qui empruntent des voies différentes et ne se comprennent pas. Le film joue beaucoup sur ce parcours parallèle. Je pense ici en particulier à la scène très réussie au moment de l'entrée en service de Cecil Gaines à la Maison Blanche alors que son fils participe à une action non-violente dans un restaurant.

Le film met en exergue une citation de Martin Luther King : "La haine ne peut pas chasser la haine, seul l'amour le peut". Mais y a-t-il pour autant une seule façon de mettre cette affirmation en pratique ? Le film laisse entendre que finalement, le père et le fils, à leur façon, poursuivent ce même but, avec un même idéal.

Le casting est impressionnant, et même étonnant (avec Mariah Carey, Lenny Kravitz et Oprah Winfrey... cette dernière s'en sort d'ailleurs très bien !). Mais il y a surtout Forrest Whitaker, qui est un immense acteur. Il porte le film avec une profondeur et une humanité étonnantes.
Au final, le Majordome est un beau film, un mélodrame émouvant et un vibrant hommage à ceux qui ont lutté, parfois au péril de leur vie, pour plus d'égalité, plus d'humanité.

vendredi 23 août 2013

Peloponnes : un concentré de jeu de civilisation

Peloponnes, c'est mon coup de coeur ludique de ces derniers mois ! J'ai eu l'occasion d'en faire quelques parties mais je viens d'en acquérir une boîte, il est donc temps d'écrire un petit article. Peloponnes est un jeu de civilisation rapide et tendu, avec au coeur du jeu un mécanisme d'enchères très simple mais malin, qui permet de faire quelques coups tordus des plus réjouissants.

A chaque tour, les joueurs peuvent acquérir des tuiles terrain ou bâtiments, qui leur permettront d'accroître leur population et récolter des ressources. Mais tout cela serait bien trop simple s'il n'y avait pas des catastrophes qui venaient chambouler vos plans en décimant votre population ou vos champs, en détruisant vos bâtiments, en consumant une partie de vos réserves de nourriture, etc.

Le coeur du jeu se trouve dans les enchères pour acquérir les tuiles. Le premier joueur choisit une tuile et propose un prix (chaque tuile a un montant d'enchère minimum). Si un joueur renchérit sur une tuile, le joueur précédent est chassé et doit se rabattre sur une autre tuile... mais sans avoir le droit d'augmenter son enchère. Il peut donc se retrouver bloqué s'il n'a pas prévu un montant suffisamment élevé pour renchérir ou pour payer le prix minimum d'une tuile. Et là, ça fait mal !

A la fin de la partie, chaque joueur fait deux décomptes de point, l'un basé sur sa population, l'autre basé sur les bâtiments construits et les terrains acquis. Mais c'est le plus petit des deux décomptes qui sera son score final ! Il faut donc développer sa civilisation harmonieusement entre population et prestige.

Le jeu est tendu, court (une partie dure une petite heure) et souvent assez méchant. Tout pour me plaire ! Le système d'enchère est aussi bien pensé et donne une belle interactivité au jeu. La tension générée par les catastrophes ajoute le piment nécessaire pour un jeu qui apparaît comme un concentré de jeu de civilisation. Une très belle réussite !
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Peloponnes, un jeu pour 1 à 5 joueurs de Bernd Eisenstein

vendredi 2 août 2013

Mascarade et Sandwich : parfaits pour l'été

Mascarade et Sandwich, voilà deux jeux parfaits pour l'été : légers, funs, jouables à beaucoup de joueurs et dans des petites boîtes à emmener partout. Mascarade est une nouveauté, Sandwich une récente réédition. Tous les deux édités par les belges de Repos Prod.

Mascarade est un jeu de Bruno Faidutti, l'auteur de Citadelles. On y retrouve d'ailleurs certains composants de son illustre prédécesseur (des cartes personnages avec des pouvoirs associés, des mécanismes de bluff et de "double-guessing" - "je pense qu'il pense que je pense que...", et un chaos réjouissant cher à l'auteur).

Dans Mascarade, chacun a une carte personnage devant lui (au début face visible, puis face cachée pendant tout le jeu, en sachant que les quatre premiers tours ont pour seul but de mettre le bazar dans tout ça !) Trois actions sont possibles à son tour : regarder secrètement sa carte ; prendre, sans les regarder, une carte à un adversaire et sa propre carte, et les échanger, ou pas, à l'abri des regards ; annoncer haut et fort quel personnage on possède. Si personne ne le conteste, on fait l'action du personnage, sans révéler la carte. Si quelqu'un le conteste et prétend lui-même avoir le personnage, on révèle leurs cartes. Celui qui a raison effectue le pouvoir du personnage, celui ou ceux qui ont menti (ou se sont trompés, parce qu'on ne sait plus toujours vraiment quel personnage on a devant soi...) doivent payer une amende au tribunal. Le premier joueur qui a 13 pièces d'or devant lui a gagné. C'est très vite expliqué, super chaotique mais vraiment très fun. Ajoutez à cela une très belle édition du jeu, avec de superbes illustrations sur des grandes cartes (certes, un peu fragiles... Il vaut mieux les protéger) et on peut prédire à Mascarade un succès digne de son prédécesseur Citadelles.

Sandwich est une réédition d'un jeu de Christophe Raimbault. Jeu d'apéro par excellence, dans sandwich vous devez confectionner pour les autres joueurs des sandwichs les meilleurs possibles avec les ingrédients que vous aurez récupérés. Dans une première phase, on fait son marché (dans une foire d'empoigne réjouissante). Ensuite, on confectionne trois sandwichs de trois ingrédients qu'on offrira à nos trois voisins de gauche, en espérant qu'ils les apprécieront... Avec du jambon, du fromage ou des tomates, c'est facile. Mais si on a récupéré du Nutella, de l'ail, de la menthe ou des sauterelles, ça peut être plus difficile ! Pour varier les plaisirs, on peut jouer avec des variantes (faire le plus mauvais sandwich, faire tous les sandwichs avec un élément commun à tous, etc...). L'édition est impeccable, dans une petite boîte ronde en métal, les cartes elle-mêmes étant rondes. A emporter partout...
Mascarade, un jeu pour 2 à 13 joueurs de Bruno Faidutti
Sandwich, un jeu pour 3 à 10 joueurs de Christophe Raimbault

lundi 22 juillet 2013

Pacific Rim : un gros kiff de geek !

On sent que Guillermo Del Toro s'est fait plaisir en réalisant Pacific Rim. Rien que le pitch en dit long : des monstres géants et destructeurs (les kaijus) surgissent des profondeurs des océans, via une brèche entre deux mondes. Pour répliquer à ces attaques, les humains s'unissent pour créer des robots géants (les jaegers), pilotés par deux humains reliés entre eux et à la machine par des connexions neuronales. Si ce n'est pas un truc de geek, ça !!!

Après, il faut bien l'avouer, le scénario est hyper-prévisible. On devine presque chaque événement avant qu'il se produise, on imagine dès le début quels héros vont mourir et lesquels survivront. On sait que les monstres vont finir par perdre... Mais on s'en fout ! L'intérêt du film est ailleurs : dans les monstres, les robots et les combats ! Et là, on sent qu'ils se sont vraiment éclaté dans la création des monstres. Ils sont tous différents : énormes, destructeurs, effrayants... Les scènes de combats, nombreuses évidemment, sont hallucinantes, grâce à des effets spéciaux bluffants. Un truc de fou !

A noter : un petit rôle assez savoureux confié à Ron Perlman, acteur fétiche du réalisateur, en trafiquant d'organes de kaijus.

Il faut prendre ce film pour ce qu'il est : un blockbuster d'action hyper divertissant. Il ne faut pas y chercher des messages philosophiques ou politiques. Juste le prendre au premier degré. Comme un gros kiff de geek. Et là, on en a pour son argent !

mardi 9 juillet 2013

Moi j'aime pas les jeux coopératifs, mais j'aime bien Hanabi !

Le Spiel des Jahres (jeu de l'année en Allemagne) a été décerné hier. Il s'agit de la plus prestigieuse récompense dans le petit monde des jeux de société. Depuis quelques années, un Kennerspiel est aussi décerné, un prix pour les connaisseurs, pour des jeux un peu plus complexes et riches. Or, cette années, les deux prix ont été attribués à des jeux coopératifs : Hanabi (d'Antoine Bauza) pour le Spiel etAndor (de Michael Menzel) pour le Kennerspiel.

Les jeux coopératifs sont une tendance lourde depuis quelque temps... Il s'agit, non pas de se battre les uns contre les autres, mais de réussir ensemble un objectif commun. Le concept est intéressant... Mais moi je n'aime pas les jeux coopératifs ! Sauf Hanabi.

En général, je m'ennuie dans un jeu coopératif. Comme il s'agit d'optimiser ses actions, en général un meneur (celui qui connaît le mieux le jeu) dicte seul aux autres les actions à faire. Les autres suivent... Ou alors il faut jouer sans se concerter... et c'est un peu triste.

Cet écueil ne se rencontre pas dans une partie d'Hanabi. C'est un petit jeu de cartes malin. Il s'agit de faire le plus beau feu d'artifice possible en faisant ensemble des suites de cartes dans 4 couleurs différentes. L'originalité du jeu vient du fait qu'on tient ses cartes à l'envers, si bien qu'on ne voit jamais ses propres cartes alors qu'on voit celles de tous les autres joueurs. A son tour, on a le choix entre trois actions : donner une indication sur la main d'un autre joueur (avec des règles et des restrictions précises), défausser une carte ou jouer une de nos cartes pour tenter de faire progresser une suite. Mais attention, on n'a le droit qu'à quelques erreurs, sinon le jeu est terminé. Le jeu est tendu, les parties rapides, le mécanisme original et le prix tout doux. Le jeu est déjà sorti en France depuis un certain temps, nul doute que le Spiel reçu relancera les ventes. Et c'est tant mieux !

Parce que je n'aime pas les jeux coopératifs... mais j'aime bien Hanabi !
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Hanabi, sur le site de l'éditeur