vendredi 14 février 2020

The Expanse : la saison 4 est une réussite, on est rassuré !

Quelque 200 ans dans le futur, l'humanité a colonisé le système solaire. La Terre est dirigée par un gouvernement mondial géré par l’ONU, Mars, en pleine expansion, se place en rivale de la Terre, et les colonies de la ceinture d’astéroïdes, avec ses exploitations minières, sont un peu les laissés pour compte mais ont des velléités indépendantistes.

La série s’inspire d’une série de romans éponymes, signés James S. A. Corey. Elle était diffusée aux USA sur la chaîne Syfy (et Netflix en France) mais elle avait été arrêtée après trois saisons. Amazon a toutefois repris les droits et produit une saison 4. Et c’est heureux parce que The Expanse est incontestablement une des meilleures, sinon la meilleure série de SF pure en cours. 

La saison 1 démarrait avec l’enquête d’un détective, chargé de retrouver une jeune femme disparue, et qui va révéler une vaste conspiration qui menace la survie de l’humanité. Je ne vais pas trop en dire sur le scénario, relativement complexe et riche, avec un fond sociopolitique, une mystérieuse molécule extraterrestre extrêmement dangereuse et incontrôlable, et un équipage disparate qui va petit à petit se former, avec des terriens, des martiens et des ceinturiens, et qui constituera le groupe de héros central de la série autour duquel graviteront de nombreux personnages. On est plutôt dans le genre du Space Opera, avec ses vaisseaux spatiaux et autres objets de technologie avancée, et des effets spéciaux de qualité pour une série. On y rencontre aussi d’autres genres (enquête, aventure…), avec une bonne pincée de chronique sociale et politique (avec ses jeux de pouvoirs, conspirations, trahisons et coups fourrés).

Qu’allait donner la saison 4, après le changement de producteurs et un final spectaculaire et ouvert de la saison 3 ? Il faut avouer que  le début de la saison a besoin d’un petit peu de temps pour prendre ses marques. Mais après quelques épisodes seulement, les nouvelles intrigues sont en place, on a fait connaissance avec les nouveaux personnages et ça démarre vraiment. La saison gagne en intensité et en profondeur, elle devient passionnante. Les rebondissements s’enchaînent, jusqu’à un final, émouvant à certains égards, et qui ouvre de nouvelles pistes pour la saison 5, déjà commandée.

La saison 4 est donc un pari réussi ! The Expanse confirme son statut d’excellente série de SF. On est rassuré pour la suite… et on en redemande !

dimanche 9 février 2020

The Boys : ne rencontrez jamais vos héros !

Hugh, un simple vendeur dans un magasin d'électronique, voit sa fiancée se faire accidentellement tuer devant lui par A-Train, l'homme le plus rapide du monde. Ce dernier est membre des Sept, un célèbre groupe de super-héros. Encore sous le choc, il est approché par Billy Butcher, un homme bourru et violent qui lui révèle que Vought International, l'agence qui défend les Sept, cache à tout le monde les crimes commis par les héros. Car ces derniers sont loin d'être des modèles de vertu... Au même moment, les Sept accueillent une jeune nouvelle recrue, Starlight, qui va découvrir la véritable nature des membres du groupe, de l'intérieur.

The Boys, sortie il y a déjà plusieurs mois sur Amazon Prime, est une série de super-héros politiquement incorrecte. Ici, les super-héros ne sont pas simplement faillibles ou tourmentés, comme on peut le voir dans certains comics. Ce sont de véritables ordures ! Imbus d'eux-mêmes, hypocrites, intéressés exclusivement par leur image et leur cote de popularité, ils sont capables du pire. Bref, comme le dit l'affiche de la série : ne rencontrez jamais vos héros !

La série est un reflet grinçant de l'Amérique d'aujourd'hui (mais le monde occidental en général en prend pour son grade...). Tout y passe : réseaux sociaux, télé réalité, magouilles politiques, religion (presque tout un épisode se déroule lors d'un grand festival chrétien... et c'est assez caustique !) On y évoque la recherche du buzz à tout prix, la mise en scène de la vie privée, l'hypocrisie, les discours lénifiants mais aussi le harcèlement sexuel, le sexisme... Bref, une richesse thématique assez impressionnante !

Très bien produit et réalisé, c'est vif et enlevé, parfois trash et violent (donc pas forcément tout public), c'est aussi plein d'humour, souvent noir et irrévérencieux, qui ne plaira sans doute pas à tout le monde... mais qui moi me ravit ! Et le casting est aussi excellent, à commencer par Antony Starr, génial dans le rôle de Homelander (un vrai salaud derrière ses airs de gendre idéal), ou Karl Urban dans celui de Butcher (hargneux et provocateur).

Le tournage de la saison 2 est déjà terminé... je n'attendrai pas aussi longtemps pour regarder la suite !


jeudi 19 septembre 2019

Unbelievable : incroyable mais tristement vrai, une mini-série passionnante et forte

Inspirée d'une histoire vraie récente, la série évoque comment une jeune fille victime d'un viol a été accusée par la police de mentir et a même été poursuivie pour faux témoignage. C'est d'autant plus grave que le violeur a récidivé à plusieurs reprises avant d'être arrêté. La série évoque en parallèle le drame de la pauvre jeune fille et l'enquête menée par deux enquêtrice trois ans après. 

La mini-série de huit épisodes, sur Netflix, est absolument remarquable, l'enquête est passionnante à suivre et le drame vécu par la jeune fille incroyable et révoltant. Elle permet d'aborder des questions brûlantes d'actualité, notamment sur les violences faites aux femmes (et pas seulement dans le cas de viols...) et l'importance de prendre au sérieux leur parole. L'histoire est évidemment très forte, remuante. L'horreur des viols et les blessures insondables qu'ils laissent chez leurs victimes sont clairement évoqués, mais sans voyeurisme. Le dernier épisode, bouleversant, ouvre toutefois sur la possibilité d'un avenir personnel où la lumière peut poindre à nouveau. 

La jeune Kaitlyn Dever est excellente dans le rôle de Marie, l'adolescente violée et accusée de faux témoignage. Toni Collette et Merritt Wever sont formidables pour incarner ce duo de femmes fortes dont la détermination est admirable. 

D'ailleurs, petit plus pour moi, l'une des deux enquêtrices de l'histoire est une chrétienne engagée. Et j'ai trouvé tout à fait remarquable la façon dont sa foi est évoquée, comment elle s'intègre dans son quotidien, les questions qu'elle se pose face aux horreurs qu'elle côtoie en tant que flic, ou la manière dont elle en parle avec sa collègue qui, elle, n'est pas croyante. Ce n'est pas un élément central de la série mais une vraie valeur ajoutée pour moi à cette mini-série vraiment excellente ! 

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Bande-annonce de la série : https://www.youtube.com/watch?v=x37ndhDCrfA

vendredi 5 juillet 2019

Stranger Things Saison 3 : Retour gagnant à Hawkins !

Voilà deux ans qu'on l'attendait ! La saison 3 de Stranger Things est sortie le 4 juillet sur Netflix. Il ne m'a fallu que deux jours pour la dévorer... et me régaler ! On retrouve tout le fun de la série (certes, peut-être un petit peu perdu lors de la saison 2) et la nostalgie des années 80 (j'avais pile l'âge des héros ados dans la période où se passe l'histoire... je suis donc évidemment dans le coeur de cible !), mais la série joue aussi toujours à nous faire peur (et ça fonctionne !) et va même nous émouvoir dans le final (mais je ne dévoilerai rien...)

En tout cas, quel plaisir de retrouver toute la bande d'ados (Mike, Will, Dustin, Lucas, avec Eleven et Max), avec tous les personnages qui tournent autour d'eux (des anciens, dont certains prennent de l'ampleur, et quelques nouveaux), et cet univers fantastique inquiétant peuplé de monstres terrifiants. Et en plus, cette fois, il y a les Russes (ce n'est pas un gros spoiler... on l'apprend dès la scène d'ouverture du premier épisode !).

La série reste gorgée de pop culture, avec notamment plusieurs références cinéma. On pense au clin d'oeil à une scène culte de Rencontres du 3e type de Steven Spielberg au début de la saison, à The Thing de John Carpenter, Retour vers le futur ou L'histoire sans fin... Du lourd ! Sans oublier la musique et les looks improbables des 80's... D'ailleurs, à propos de musique, la bande originale, composée par Kyle Dixon et Michael Stein, est toujours excellente !

Bref, les Duffer Brothers ont encore fait du bon boulot ! Et on peut raisonnablement penser que ce n'est pas fini. La scène post-générique (oui, ne la ratez pas !) laisse bien entendre qu'on n'en a pas encore fini avec Will et ses amis, et les créatures de l'Upside Down... on ne va pas s'en plaindre ! Espérons juste que nous ne devrons pas attendre deux ans pour connaître la suite.
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La bande annonce de la saison 3 : https://www.youtube.com/watch?v=m1wa-GG4v1k

jeudi 27 juin 2019

When They See Us : une mini-série choc à voir absolument

En 1989, cinq adolescents noirs et latinos sont condamnés à tort pour le viol d'une joggeuse à Central Park. Ils seront condamnés sur la base d'aveux contraints, au terme d'interminables heures d'interrogatoire, sans la présence d'un avocat ni même de leurs parents, et malgré les nombreuses incohérences de l'enquête.

When They See Us (Dans leur regard en VF) est mini-série choc, sur fond de racisme, de violence policière et de justice défaillante, récemment sortie sur Netflix. Elle est découpée en quatre parties, chacune étant un petit film de plus d'une heure qui se focalise sur un aspect de l'histoire. La première partie évoque le fait divers et les aveux forcés des gamins ; la deuxième est sur le procès ; la troisième se centre sur les quatre ados âgés de moins de 16 ans au moment des faits, leur incarcération et leur sortie de prison quelques années après ; la quatrième est centrée sur le seul des ados à avoir eu 16 ans au moment des faits et qui a donc été emprisonnés dans une prison pour adultes. La fin de l'épisode 4 évoque la façon dont la vérité a finalement éclaté.

La série est forte et provoque des émotions contrastées chez le spectateur : colère, sidération, compassion... Au-delà du fait divers et du scandale judiciaire, des violences policière et des conditions carcérales, la série s'attache aussi aux proches des victimes,  à leur désarroi, leur détresse, mais aussi leur amour et leur lutte au quotidien. La quatrième partie est absolument bouleversante, notamment grâce au jeune Jharrel Jerome (déjà vu dans Moonlight de Barry Jenkins) qui interprète Korey Wise. Le casting est d'ailleurs un des atouts majeurs de la série. Au milieu de quelques acteurs connus (Felicity Huffman, Vera Farmiga, Joshua Jackson ou John Leguizamo), éclatent de jeunes acteurs formidables, incroyablement justes et impliqués.

J'ai lu que quelques voix s'élevaient pour dire que la vision de la série pourrait être un peu trop indulgente envers les violences condamnables commises par les jeunes ce soir de 1989 à Central Park (mais qui n'avaient rien à voir avec l'agression de la joggeuse), et qui a provoqué la vague d'arrestation, et qu'elle proposerait une explication de l'erreur judiciaire trop exclusivement motivée par des motifs racistes... Mais nul ne peut aujourd'hui nier la réalité du scandale, quelles qu'en soit les motivations, dont le racisme fait incontestablement partie. Il faut enfin noter que l'Etat de New-York a tout de même fini par verser 41 millions de dollars de réparation pour les cinq adolescents !

Il y a bien sûr un message politique de la part d'Ava Duvernay, la productrice et réalisatrice de la série. Ainsi, elle ne cache pas le rôle médiatique joué par Donald Trump à l'époque. Il avait milité pour un rétablissement de la peine de mort dans l'Etat de New-York pour les cinq jeunes de Central Park (on voit les images d'une de ses interventions télé dans l'épisode 2). Et, récemment interviewé à ce propos, il croit toujours en leur culpabilité (et ne regrette évidemment aucune de ses prises de position de l'époque).

Remarquablement produite et interprétée, forte en émotion, révoltante sur ce qu'elle révèle, When They See Us est une mini-série à voir absolument !

Bande annonce de la série : https://www.youtube.com/watch?v=hllpT7n43qA