vendredi 9 octobre 2020

The Boys - saison 2 : toujours aussi caustique !

 

La saison 2 de The Boys vient de se terminer. Quel bilan ? L’effet de surprise de la saison 1 (que j’avais beaucoup appréciée) s'est estompé... et il faut avouer qu’il m’a fallu un peu de temps pour entrer dans une saison 2 qui peine un peu à se renouveler, surtout au début. Mais plus la nouvelle super-héroïne, Stormfront, prend de la place (et révèle de plus en plus de secrets la concernant), plus la série regagne en intérêt. L’opération rédemption de The Deep (L’homme poisson) est aussi un arc narratif assez savoureux. Et puis on adore toujours détester Homelander (encore impeccablement incarné par Antony Starr)... 

Malgré une saison globalement un peu moins réussie que la première, The Boys reste donc une série à connaître : caustique, violente et indéniablement politique. Cette évocation déformée de l’Amérique d’aujourd’hui, avec des super-héros qui, pour la plupart, sont de belles ordures hypocrites, demeure une satire féroce et assez jouissive. On retrouve des thématiques déjà présentes dans la saison 1 : le triptyque religion, fric et pouvoir, l’obsession de l’image médiatique, le racisme, le sexisme, les discours lénifiants et hypocrites qui cachent des motivations bassement mercantiles… et cette fois s’y ajoute une bonne dose de populisme. Mais pour pleinement profiter de la série, il faut évidemment savoir prendre du recul et apprécier le second degré et l'humoir noir. 

Et puis, avouons que la toute fin de la saison met en place ses pions pour la saison 3 de façon habile. On a vraiment envie de connaître la suite ! 

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The Boys, une série créée par Eric Kripke
2 saisons de 8 épisodes, disponibles sur Amazon Prime Video


mardi 29 septembre 2020

The Spy : l'histoire vraie d'un espion israélien en Syrie

 
The Spy est une mini-série d’espionnage passionnante (diffusée en France sur OCS, elle vient d’arriver sur Netflix) qui raconte l’histoire vraie d’un des plus célèbres espions du Mossad dans les années 60, Eli Cohen. Recruté en 1961, il sera formé puis envoyé en Argentine sous couverture auprès de dignitaires syriens exilés en Amérique du Sud, sous le nom de Kamel Thaabet. Il parviendra ensuite à entrer en Syrie et s’y installer. Sous couvert d’une entreprise d’import - export, il fera parvenir au Mossad de nombreuses informations cruciales. Petit à petit, il va en effet réussir à s'infiltrer jusque dans les plus hautes sphères du pouvoir syrien, devenant même un proche conseiller du président, avant d’être démasqué et exécuté en public (son sort nous est connu dès la scène d’ouverture). 

Ce qui est passionnant, c’est cette histoire incroyable d’infiltration par un homme tout ce qu’il y a de plus normal, patriote et déterminé, qui devient un espion redoutablement efficace. Tiraillé entre son personnage syrien et sa véritable identité, entre sa loyauté à sa mission et son amour pour sa femme qu’il a laissée en Israël et qui ne sait rien de ce qu’il fait, loin de ses enfants qui grandissent sans lui. 

Autre aspect passionnant de la série, la reconstitution du Moyen-Orient des années 60, très différent de celui d’aujourd’hui, sans l’empreinte laissée par les partis islamistes (même si on croise par exemple dans la série le petit Oussama Ben Laden, encore enfant, auprès de son père homme d’affaires). Mais une région avec des enjeux géo-politique qui ne sont, finalement, pas très différents de ceux d’aujourd’hui…  

Il faut aussi souligner la performance exceptionnelle de Sacha Baron Cohen (très loin de ses personnages habituels comme Borat), qui incarne à la perfection, et de façon très sobre, cet espion au destin étonnant. Et l'excellente réalisation de Gideon Raff (le créateur de la série Hatufim, qui a inspiré Homeland). C’est extrêmement bien fait, avec un travail remarquable sur la lumière. 

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The Spy, une mini-série crééee par Gideon Raff. 
6 épisode de 45 minutes environ, disponible sur Netflix


mardi 1 septembre 2020

Counterpart : une série passée inaperçue à découvrir de toute urgence !

 

Howard Silk est employé, à Berlin, dans une agence rattachée à l’ONU. Malgré ses années de service, il ne parvient pas à obtenir de promotion. Il ne comprend pas pourquoi. D’autant qu’il ne saisit pas vraiment l’utilité de ce qu’il fait au quotidien. Mais un jour, il est convoqué par ses supérieurs et découvre la vérité sur l’agence dans laquelle il travaille. Dans le sous-sol du bâtiment, un portail conduit vers un monde parallèle au nôtre, apparu suite à une expérience scientifique pendant la Guerre Froide, à la fin des années 80. Il se retrouve alors face à son double, en tout point identique à lui-même, du moins physiquement. Parce que l’autre Howard Silk est un redoutable agent de terrain, expérimenté et sans pitié. Comment, avec le même ADN, la même enfance, ont-ils pu devenir si différents l’un de l’autre ? Et pourquoi révèle-t-on la vérité à Howard ? Quel danger menace le monde ? 

Je suis tombé un peu par hasard sur cette série… et je n’ai pas pu m’en détacher. Elle a été arrêtée après deux saisons, au grand dam des fans et malgré un vrai succès critique… mais les audiences n’ont pas suivi. C’est sans doute dommage. Mais en réalité, la fin ouverte qui termine la saison 2 est en soi satisfaisante : on arrive au terme d’un arc narratif cohérent, en ayant eu suffisamment d’explications et de révélations pour ne pas être frustré qu’il n’y ait pas de suite… même s’il y avait bien-sûr du potentiel pour continuer. 

jeudi 6 août 2020

The Umbrella Academy (saison 2) : toujours aussi divertissant... et un peu frustrant

Tout d’abord, un petit rappel de l’univers de la série, inspirée d’une BD. En 1989, le même jour, 43 bébés sont nés inexplicablement de femmes qui n’étaient pas enceintes. Sir Reginald Hargreeves, un milliardaire, décide alors d’adopter sept de ces enfants et crée la Umbrella Academy pour les entraîner et les préparer à sauver le monde… 

Sans rien dévoiler de la saison 1, pour ceux qui ne l’ont pas vue, disons simplement que la saison 2 reprend exactement là où la première saison s’est terminée. La famille un peu barrée de super-héros est de retour, mais cette fois elle est dispersée dans les années 60 (à cause d’un voyage dans le temps pas bien maîtrisé). Seul problème : ils ont emmené l’apocalypse avec eux. Ils se retrouvent en effet, à nouveau, à quelques jours d’une fin du monde qu’il vont tenter d’empêcher. 

Ce retour dans le temps permet d’intégrer à l’intrigue certaines obsessions (ou blessures profondes) américaines comme l’assassinat de JFK, la ségrégation raciale ou la guerre du Vietnam… On y ajoute des problématiques contemporaines (mais pas nouvelles pour autant) comme les violences conjugales, l’identité sexuelle, les phénomènes sectaires… Et on n’oublie pas des thèmes qui fonctionnent toujours outre-Atlantique (et ailleurs) comme celui des conspirations et, bien-sûr, de la famille, même si c’est à travers une famille un peu particulière et totalement dysfonctionnelle.  

jeudi 30 juillet 2020

Dispatches from Elsewhere : un OVNI télévisuel, bizarre et philosophique


Peter a une vie morne, sans saveur. Il est un peu paumé. Attiré par d’étranges publicités dans la rue, il se rend dans les locaux du mystérieux Jejune Institute. Il va se retrouver embarqué dans un étrange jeu de piste urbain, à la recherche de la mystérieuse Clara. Il va faire équipe avec Simone, Fredwynn et Janice. L’intrigue de la série est inspirée d’un documentaire sorti en 2013 (The Institute) qui relate une aventure un peu folle lancée à l’initiative d’un artiste, Jeff Hull, à San Francisco : un immense jeu de piste rassemblant plusieurs milliers de personnes qui découvraient une fausse société secrète, le Jejune Institute. La série a un peu le même point de départ mais trace sa propre route, et s’amuse avec le spectateur : qu’y a-t-il derrière ce jeu ? Et d’ailleurs, est-ce vraiment un jeu ? 

Dispatches from Elsewhere est un OVNI télévisuel, une série bizarre et étonnante. On est, assez souvent, un peu perdus. Comme les quatre personnages principaux d’ailleurs. Qu’est-ce qui est réel et qu’est-ce qui ne l’est pas ? Qui sont vraiment les différents personnages ? Et pourquoi le directeur du Jejune Institute s’adresse-t-il directement à nous, spectateurs ? Si vous voulez regarder bien tranquillement dans votre fauteuil une série au récit linéaire et limpide, obéissant à une logique implacable, passez votre chemin, cette série n’est pas pour vous ! Mais si, comme moi, vous avez aimé des séries comme The OA ou Maniac, si vous êtes prêts à vous laisser embarquer dans un univers étrange et parfois absurde, sans vouloir absolument tout comprendre, l’expérience vaut la peine d’être vécue ! Car il serait vain de vouloir tout comprendre, et de chercher à reconstituer le puzzle. Il manque, intentionnellement, des pièces. Sans doute pour que nous les trouvions nous-mêmes.